Irlande du Nord : le fils d’une victime de l’IRA dénonce la glorification du terrorisme autour d’un concert des Wolfe Tones

La mémoire des Troubles reste une plaie ouverte en Irlande du Nord. À l’approche d’un concert des Wolfe Tones prévu le 29 août 2026 à la SSE Arena de Belfast, la polémique enfle. Cette fois, c’est la voix d’un fils de victime de l’IRA qui s’élève, dénonçant ce qu’il considère comme une banalisation, voire une glorification, du terrorisme.

Sammy Heenan avait 12 ans lorsque son père, William Heenan, a été abattu en mai 1985 devant leur domicile du comté de Down. Civile, sans implication dans des activités paramilitaires, la victime avait été forcée à genoux avant d’être exécutée de deux balles dans la tête.

Le souvenir reste intact. Il raconte avoir entendu un cri, un coup de feu, puis avoir suivi une trace de sang jusqu’au corps de son père. Une image, dit-il, qui ne l’a jamais quitté.

Une blessure ravivée par la promotion d’un concert

Quarante ans plus tard, c’est une publicité radio annonçant la vente de billets pour le concert des Wolfe Tones qui a ravivé la douleur. Le groupe, formation emblématique du folk républicain irlandais, avait déjà rempli la même salle en 2024 pour célébrer son 60e anniversaire.

L’une de leurs chansons les plus connues, Celtic Symphony, contient un slogan associé à l’IRA provisoire. Si certains y voient un hymne identitaire, d’autres dénoncent un chant qui entretient la mémoire militante d’une organisation responsable de centaines de morts.

Pour Sammy Heenan, la diffusion de ces publicités a provoqué un choc. Il affirme que ce type de promotion ravive les traumatismes de nombreuses familles touchées par le terrorisme.

“Conditionner les jeunes esprits”

Engagé depuis près de quinze ans au sein de l’association SEFF (South East Fermanagh Foundation), qui accompagne des victimes des Troubles, il estime que la musique de certains groupes contribue à une forme de romantisation de la violence paramilitaire.

Selon lui, une partie de la jeunesse nord-irlandaise est exposée à un récit idéalisé de l’IRA, présenté comme un acteur historique héroïsé, sans prise en compte des victimes civiles. Il s’inquiète d’une possible radicalisation culturelle, où les symboles et chants liés au passé armé seraient perçus comme normaux, voire légitimes.

Cette dénonciation intervient dans un contexte où l’Irlande du Nord se présente officiellement comme engagée dans une ère nouvelle, fondée sur le respect et l’inclusion. Mais les tensions mémorielles restent vives, et la question de l’héritage des Troubles continue de diviser.

Entre mémoire historique et douleur des victimes

Les membres des Wolfe Tones ont déjà répondu aux accusations par le passé. L’un d’eux, Brian Warfield, avait affirmé ne pas avoir écrit Celtic Symphony en référence explicite à l’IRA provisoire. Il défend une lecture historique, évoquant les figures de l’indépendance irlandaise et la place du mouvement républicain dans la construction de l’État.

Cette ligne de défense ne convainc pas les familles des victimes. Pour elles, les slogans et références, même indirectes, réactivent une mémoire douloureuse et brouillent la distinction entre commémoration historique et justification implicite.

Le groupe médiatique qui diffusait la campagne publicitaire a indiqué que la promotion était désormais terminée et qu’aucune rediffusion n’était prévue.

Une société toujours travaillée par son passé

La controverse souligne une réalité persistante : en Irlande du Nord, la mémoire des Troubles n’est pas apaisée. Chaque manifestation culturelle associée, de près ou de loin, aux organisations paramilitaires ravive les lignes de fracture.

Pour les défenseurs des victimes, la priorité reste la reconnaissance de la souffrance des civils. Ils estiment que toute mise en scène festive d’un imaginaire lié à l’IRA risque d’effacer la réalité des meurtres, des attentats et des traumatismes durables.

De l’autre côté, certains invoquent la liberté artistique et le droit de revisiter l’histoire nationale à travers la musique.

Quarante ans après l’assassinat de William Heenan, le débat montre que la bataille des récits continue. Entre mémoire, identité et justice symbolique, l’Irlande du Nord demeure confrontée à son héritage le plus sensible.

Photo : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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