Vaccins anti-Covid et thromboses rares : une étude identifie un mécanisme possible derrière le VITT

En 2021, plusieurs pays ont signalé des cas rares mais graves de troubles de la coagulation après l’administration de certains vaccins contre le Covid-19 utilisant un vecteur adénoviral. Ces patients développaient simultanément des caillots sanguins et une chute du nombre de plaquettes, un tableau clinique baptisé VITT (vaccine-induced immune thrombotic thrombocytopenia).

Cinq ans plus tard, une nouvelle étude internationale apporte un éclairage sur le mécanisme possible à l’origine de ce phénomène exceptionnel.

Une mutation minime, aux conséquences majeures

Publiée dans le New England Journal of Medicine, l’étude a analysé 100 patients ayant développé un VITT après avoir reçu un vaccin à vecteur adénoviral. Les chercheurs, issus d’équipes australiennes, canadiennes et allemandes, ont identifié un élément clé : une modification unique survenue dans certains anticorps produits par le système immunitaire.

Lorsqu’un organisme rencontre un agent infectieux – ou un vaccin qui en mime certains éléments – il fabrique massivement des anticorps. Ce processus comporte naturellement des variations destinées à optimiser l’efficacité de la réponse immunitaire. Dans le cas du VITT, une mutation unique aurait transformé un anticorps « normal » en anticorps pathogène.

Cette modification rendrait l’anticorps plus susceptible de se fixer non pas sur le virus ou le vecteur vaccinal, mais sur les plaquettes sanguines elles-mêmes. Résultat : activation anormale des plaquettes, formation de caillots et diminution du nombre de plaquettes circulantes.

Les chercheurs décrivent ce phénomène comme une sorte d’« embouteillage » dans les vaisseaux sanguins, provoqué par une réponse immunitaire devenue inadaptée.

L’étude ne s’arrête pas à cette mutation. En retraçant les antécédents médicaux des patients concernés, les chercheurs ont relevé deux facteurs supplémentaires fréquemment présents. D’abord, une infection antérieure par un adénovirus. De nombreux patients semblaient avoir déjà été exposés à ce type de virus, ce qui aurait pu expliquer une réponse immunitaire particulièrement rapide et intense au moment de la vaccination.

Ensuite, un profil génétique spécifique. Les 100 patients étudiés partageaient un gène relativement courant, présent chez environ 60 % des personnes d’origine européenne. Ce facteur pourrait contribuer à expliquer pourquoi le VITT a surtout été signalé dans des pays occidentaux.

Selon les auteurs, le VITT ne surviendrait que chez des personnes réunissant ces éléments : terrain génétique favorable, exposition antérieure à un adénovirus, puis survenue d’une mutation rare au sein des anticorps produits.

Un phénomène extrêmement rare

Il est important de rappeler que le VITT reste un effet indésirable très rare. Des millions de doses de vaccins à vecteur adénoviral ont été administrées dans le monde, pour un nombre limité de cas documentés.

Les chercheurs soulignent par ailleurs que des événements thrombotiques rares ont aussi été observés après une infection par le Covid-19 lui-même, et plus rarement encore après certains vaccins à ARN messager, possiblement via d’autres mécanismes immunologiques.

Même si cette étude apporte un élément explicatif important, une question demeure : pourquoi, chez certains individus seulement, cette mutation se produit-elle ? Les auteurs reconnaissent qu’une part d’aléa biologique subsiste.

Les résultats pourraient ouvrir la voie à des ajustements dans la conception des vaccins à vecteur viral afin de limiter le risque de déclenchement de cette réaction immunitaire atypique.

Des travaux antérieurs avaient déjà suggéré que le vecteur adénoviral lui-même jouait un rôle central dans le VITT, plutôt que d’autres composants du vaccin. Cette nouvelle étude précise le mécanisme moléculaire susceptible d’entrer en jeu.

Au-delà du cas particulier du VITT, ces recherches rappellent une réalité bien connue en immunologie : chaque organisme réagit de manière singulière. Une réponse immunitaire, généralement protectrice, peut dans de très rares cas devenir délétère.

Comprendre ces mécanismes n’a pas seulement un intérêt rétrospectif. Cela permet d’améliorer la sécurité des futurs vaccins et, plus largement, d’affiner la médecine personnalisée face aux réactions immunitaires imprévisibles.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

PARTICIPEZ AU COMBAT POUR LA RÉINFORMATION !

Faites un don et soutenez la diversité journalistique.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.