I-média revient sur la mort de Quentin et la bataille des mots dans les médias

Dans une édition spéciale de son émission Imédia, TV Libertés consacre l’essentiel de son numéro à l’affaire Quentin, un jeune homme mort après une agression filmée de l’ultra gauche, et à l’onde de choc médiatique qui a suivi. Le duo à l’antenne propose une lecture double : d’un côté, les faits tels qu’ils apparaissent dans les images diffusées et les éléments évoqués par les journalistes ; de l’autre, la façon dont la presse et le service public racontent l’événement, le cadrent, le minimisent ou le requalifient par le choix des mots.

L’émission s’ouvre sur un constat : la séquence vidéo de l’agression, reprise jusque dans des journaux télévisés grand public, a rendu l’affaire impossible à enterrer. Immédiia insiste sur ce point : à l’ère des réseaux sociaux, certains faits finissent par forcer le passage, même quand ils dérangent les habitudes de traitement.

Une “édition spéciale” centrée sur la violence politique et son traitement médiatique

Le cœur de l’émission repose sur une revue de presse et une analyse du vocabulaire employé par différents titres et intervenants. Les animateurs commentent notamment les termes utilisés pour décrire Quentin, son environnement militant, et plus largement le champ lexical mobilisé pour parler de la violence politique. Leur thèse est simple : les mots servent souvent de filtre idéologique. On parle de “bataille rangée”, de “rixe”, de “heurts”, ou au contraire de “lynchage”, et ce choix n’est pas neutre, car il change immédiatement la perception du public.

Dans la même logique, l’émission s’attarde sur un mécanisme récurrent : la dissymétrie de traitement selon le camp politique auquel la victime est associée. Les animateurs comparent ainsi les registres de langage et les cadrages médiatiques utilisés dans d’autres affaires passées, pour souligner ce qu’ils considèrent comme une indulgence structurelle envers l’extrême gauche et une diabolisation automatique de tout ce qui est classé à droite.

L’émission aborde aussi les stratégies de communication qui s’activent après un drame de ce type : tentative de renversement de responsabilité, déplacement du débat vers les étiquettes, mise en avant d’explications alternatives, et bataille immédiate autour des chiffres, de l’ampleur des rassemblements, ou des mots “acceptables” dans l’espace public.

Un autre axe du numéro, plus politique, consiste à expliquer pourquoi des médias habituellement prudents se sont mis à traiter l’affaire. Immédiia avance l’idée d’un contexte plus large : des équilibres qui bougent, une inquiétude grandissante face à la violence militante, et une volonté, chez certains acteurs, de remettre à distance l’extrême gauche au moment où les rapports de force électoraux se recomposent.

Sur ce point, l’émission ne se contente pas de dénoncer : elle dissèque. Elle met en parallèle ce que disent les éditorialistes, ce que la justice évoque publiquement (ou non), et la façon dont des responsables politiques tentent de reprendre la main sur la narration.

Portrait piquant : Patrick Cohen, symbole d’un débat verrouillé

Enfin, l’émission se termine par un “portrait piquant” consacré à Patrick Cohen, présenté comme l’un des visages d’une culture médiatique où la liberté d’expression est proclamée, mais étroitement conditionnée par les limites du politiquement correct. Le segment revient sur des séquences connues de débat télévisé, et sur une ligne : le pluralisme affiché, mais l’entre-soi réel, avec des invités jugés “fréquentables” et d’autres renvoyés hors du champ.

Ce numéro assume une posture de contre-lecture et d’accusation des biais médiatiques. Mais il le fait à partir d’un matériau concret — titres, extraits, mots employés, séquences télévisées — avec une idée directrice : si l’État et ses relais peinent à nommer clairement la violence politique quand elle vient de certains milieux, c’est toute la société qui s’habitue à l’impunité, et donc au pire.

Pour le spectateur, le principal intérêt de cette édition spéciale est là : voir, noir sur blanc, comment se fabrique un récit, comment il se défend, et comment il s’effondre parfois lorsque les images et les faits s’imposent.

Crédit photo : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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