Voici un nouvel extrait de La Légende de la mort en Basse-Bretagne, recueillie par Anatole Le Braz, pour accompagner jour après jour les lecteurs de Breizh-info.
Noyés et pendus. — Les villes englouties
Moyens d’appeler la mort sur quelqu’un
XLIV
Moyens d’appeler la mort sur quelqu’un
Quand on veut appeler la mort sur quelqu’un que l’on hait, il suffit de s’adresser à une personne expérimentée. Il y en a au moins une dans chaque paroisse. Elle vous remet un petit sac contenant une mixture où il entre :
1o Quelques grains de sel ;
2o Un peu de terre prise au cimetière ;
3o De la cire vierge ;
4o Une araignée qu’on a soi-même attrapée en un coin de sa maison ;
5o De la rognure d’ongles, (pour se la procurer, on ronge ses propres ongles avec les dents).
On doit porter ce petit sac, suspendu au cou, pendant neuf jours consécutifs. Ce temps écoulé, on le place dans un endroit où l’on présume que passera l’individu dont on veut la mort. Il importe qu’il soit bien en évidence, qu’il attire l’attention, qu’il tente la curiosité. On le dispose, par exemple, au milieu d’un sentier ou sur l’aire d’une maison. Votre ennemi le ramasse, croyant avoir trouvé une bourse pleine ; il le palpe, l’ouvre. C’est assez. Il mourra dans les douze mois[157].
Il est un moyen encore plus infaillible. C’est d’aller vouer (gwestla) celui que l’on hait à saint Yves-de-la-Vérité[158].
On fait saint Yves juge de la querelle.
Mais il faut être bien sûr d’avoir de son côté le bon droit.
Si c’est vous qui avez le tort, c’est vous qui serez frappé.
La personne qui a été vouée justement à Saint-Yves-de-la-Vérité sèche sur pied pendant neuf mois.
Elle ne rend toutefois le dernier soupir que le jour où celui qui l’a vouée ou fait vouer franchit le seuil de sa maison.
Lasse d’être si longtemps à mourir, il arrive souvent qu’elle mande chez elle celui qu’elle soupçonne d’être son envoûteur, afin d’être plus tôt délivrée.
Pour vouer quelqu’un à Saint-Yves-de-la-Vérité, il faut :
1o Glisser un liard dans le sabot de la personne dont on souhaite la mort ;
2o Faire à jeun trois pèlerinages consécutifs à la maison du saint ; le lundi est le jour consacré.
3o Empoigner le saint par l’épaule et le secouer rudement en disant : « Tu es le petit saint de la Vérité (Zantik-ar-Wirione). Je te voue un tel. Si le droit est pour lui, condamne-moi. Mais si le droit est pour moi, fais qu’il meure dans le délai rigoureusement prescrit[159] ; »
4o Déposer comme offrande aux pieds du saint une pièce de dix-huit deniers marquée d’une croix ;
5o Réciter les prières habituelles, en commençant par la fin ;
6o Faire trois fois le tour de l’oratoire, sans tourner la tête.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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