À dix mois des élections de mi-mandat, Donald Trump a livré le premier discours (l’intégralité ici) sur l’état de l’Union de son second mandat dans un climat électrique. Pendant près de deux heures — un record — le président américain a dressé le portrait d’une Amérique « plus forte que jamais », tout en attaquant frontalement ses adversaires démocrates et la Cour suprême.
Économie : optimisme présidentiel, scepticisme persistant
Le chef de la Maison-Blanche a vanté un « redressement historique » : inflation en baisse, prix de l’énergie reculant fortement, marchés financiers à des niveaux records, investissements étrangers massifs et créations d’emplois dans le secteur privé. Il a également défendu son vaste programme budgétaire, le One Big Beautiful Bill Act, présenté comme le moteur de cette relance.
Mais derrière ce discours volontariste, les sondages montrent une réalité plus contrastée : le coût de la vie demeure une préoccupation majeure et l’érosion de sa popularité dans plusieurs États-clés fragilise sa majorité à l’approche du scrutin de novembre.
L’un des moments les plus scrutés fut son attaque contre la Cour suprême, qui vient d’invalider une grande partie de ses droits de douane globaux. Face à plusieurs juges présents dans l’hémicycle, Trump a qualifié la décision de « regrettable », promettant de contourner l’obstacle par d’autres bases juridiques.
Il a annoncé un nouveau régime tarifaire — évoquant un taux de 15 %, alors que des documents officiels mentionnent 10 % — et affirmé que ces taxes permettraient à terme de réduire la dépendance à l’impôt sur le revenu. Cette séquence illustre la tension croissante entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire, dans un contexte où le Congrès apparaît affaibli.
Immigration : fermeté revendiquée, polémique entretenue
Donald Trump a revendiqué des résultats spectaculaires à la frontière mexicaine : baisse du trafic de fentanyl, expulsions massives, renforcement budgétaire des services migratoires. Il a également appelé à l’adoption d’une législation imposant une pièce d’identité pour voter et restreignant le vote par correspondance.
Son discours a toutefois été marqué par des échanges houleux avec plusieurs élus démocrates, dont Ilhan Omar et Al Green. Certains parlementaires ont quitté l’hémicycle en signe de protestation.
Le président a multiplié les exemples individuels de crimes attribués à des immigrés en situation irrégulière, alimentant un récit centré sur la sécurité intérieure. En revanche, il n’a pas évoqué certaines affaires sensibles récentes, notamment les décès survenus lors d’opérations fédérales à Minneapolis.
Iran et politique étrangère : entre démonstration de force et diplomatie prudente
Sur le plan international, Trump a défendu l’opération militaire « Midnight Hammer » qui aurait frappé des installations nucléaires iraniennes. Il a accusé Téhéran de poursuivre ses ambitions balistiques et nucléaires, tout en affirmant privilégier une solution diplomatique.
Le président a aussi mis en avant une série de médiations revendiquées comme des succès — du Moyen-Orient à l’Asie — et souligné l’augmentation des contributions militaires des alliés de l’OTAN à hauteur de 5 % de leur PIB. Des affirmations qui restent discutées sur la scène internationale, où nombre d’analystes estiment que la position américaine fragilise davantage l’équilibre occidental qu’elle ne le renforce.
Comme le veut la tradition, le discours a été ponctué d’hommages appuyés à des militaires décorés, à des victimes d’attentats ou à des figures civiles mises en avant pour incarner le « rêve américain ». La venue de l’équipe masculine américaine de hockey, médaillée d’or aux Jeux d’hiver, a déclenché une séquence très applaudie par les républicains.
Le président a également insisté sur la montée en puissance budgétaire de l’armée et sur la « paix par la force », revendiquant une posture de fermeté globale.
Un Congrès sous tension
Au-delà des annonces, le discours a illustré la polarisation extrême de la vie politique américaine. Trump a exhorté les élus à se lever pour soutenir certaines de ses formules — notamment sur la priorité donnée aux citoyens américains face aux immigrés clandestins — soulignant visuellement la fracture partisane.
Dans sa réponse officielle, la gouverneure démocrate Abigail Spanberger a accusé le président de masquer les difficultés économiques et d’attiser les divisions.
Malgré une rhétorique conquérante, la dynamique politique demeure incertaine. Les agrégateurs de sondages montrent un recul marqué de l’approbation présidentielle dans plusieurs États stratégiques. Historiquement, le parti au pouvoir perd du terrain lors des élections de mi-mandat — un scénario qui pourrait limiter considérablement les marges de manœuvre de la Maison-Blanche.
Entre démonstration de puissance, confrontation institutionnelle et appel au patriotisme, Donald Trump a cherché à imposer l’image d’une Amérique victorieuse. Reste à savoir si ce récit convaincra un électorat dont une partie exprime désormais fatigue et inquiétude face à une présidence aussi combative que clivante.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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