Frontière polonaise : des tunnels clandestins pour pousser les migrants vers l’Union européenne ?

Depuis 2021, la pression migratoire orchestrée à la frontière orientale de l’Union européenne est régulièrement présentée par Varsovie comme une composante d’une stratégie de « guerre hybride » menée par Minsk avec le soutien de Moscou. Mais selon plusieurs révélations récentes rapportées par la presse britannique, un nouveau seuil aurait été franchi : l’utilisation de tunnels souterrains renforcés pour faire passer des migrants en territoire européen.

Des infrastructures souterraines sophistiquées

En 2025, les gardes-frontières polonais du voïvodie de Podlachie ont découvert quatre tunnels distincts reliant la Biélorussie au territoire polonais. Il ne s’agirait plus de simples tentatives improvisées, mais d’infrastructures creusées avec méthode.

Les tunnels mesuraient environ 1,5 mètre de hauteur et étaient consolidés par des supports en béton. L’un d’eux, découvert en décembre 2025, s’étendait sur près de 50 mètres côté biélorusse et débouchait environ 10 mètres à l’intérieur du territoire polonais. Lors de cette opération, 180 migrants, principalement originaires d’Afghanistan et du Pakistan, ont été interceptés alors qu’ils tentaient de franchir la frontière par ce passage souterrain.

Les autorités polonaises estiment que ces ouvrages nécessitent des compétences techniques avancées, bien au-delà du simple trafic clandestin. Certains spécialistes évoquent des méthodes comparables à celles utilisées par des groupes armés du Moyen-Orient dans la construction de réseaux souterrains renforcés.

Une stratégie assumée de déstabilisation

Depuis plusieurs années, Varsovie accuse le régime d’Alexandre Loukachenko d’organiser l’acheminement de migrants vers la frontière européenne, avec un soutien logistique russe. Des déclarations officielles lettones, début 2026, ont également pointé l’implication directe des services de sécurité biélorusses, affirmant que des migrants avaient été transportés par des véhicules militaires et escortés jusqu’aux zones frontalières.

Pour la Pologne et les États baltes, l’objectif serait clair : utiliser la migration comme un levier de pression politique contre l’Union européenne. Une méthode qualifiée de « menace hybride », combinant opérations de déstabilisation, guerre informationnelle et instrumentalisation des flux humains.

Face à ces nouvelles techniques, la Pologne a renforcé ses dispositifs : barrières physiques, capteurs souterrains, caméras thermiques et systèmes de détection électronique permettant d’identifier les tentatives de franchissement, y compris sous terre.

L’Europe confrontée à un nouveau type de conflit

La découverte de tunnels renforce l’idée que la crise migratoire à l’Est ne relève pas seulement de dynamiques spontanées mais d’un rapport de force stratégique. Il ne s’agit plus uniquement d’arrivées massives par des points de passage officiels ou des franchissements en surface, mais d’une adaptation continue aux mesures de protection mises en place par les États membres.

Cette évolution interroge la capacité de l’Union européenne à répondre collectivement à une pression migratoire structurée et organisée. Elle pose aussi la question du financement, de la coordination sécuritaire et de la définition même des frontières extérieures dans un contexte où la migration devient un instrument géopolitique.

Au-delà des considérations techniques, cette affaire souligne une réalité plus large : à l’Est comme au Sud, la question migratoire s’inscrit désormais pleinement dans les rapports de puissance. Et l’Europe, qu’elle le veuille ou non, se retrouve en première ligne d’un affrontement qui dépasse largement le seul enjeu humanitaire.

Illustration : Source: Straż Graniczna

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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