À l’approche des grandes échéances Parcoursup, la question de l’orientation reste un sujet de tension pour de nombreux jeunes et leurs familles. Une enquête menée par Diplomeo auprès de 1 001 Français âgés de 16 à 25 ans dresse un constat nuancé : entre pression familiale, complexité des choix et montée en puissance de l’intelligence artificielle, les repères évoluent.
Premier enseignement : la famille demeure un acteur central. 68 % des jeunes déclarent être accompagnés par leurs parents dans leurs choix d’orientation, et 50 % citent la famille comme facteur d’influence majeur, devant Parcoursup lui-même (39 %). Pourtant, cette influence est parfois remise en question a posteriori. Parmi les jeunes ayant connu une réorientation, 25 % estiment qu’ils auraient dû davantage suivre leurs propres envies. Ce chiffre grimpe à 41 % chez les 16-18 ans. Autrement dit, près de quatre lycéens sur dix reconnaissent avoir trop écouté leurs parents.
L’IA, nouvel outil d’orientation
Autre évolution marquante : l’irruption massive de l’intelligence artificielle dans les parcours d’orientation. 61 % des jeunes interrogés déclarent avoir déjà utilisé l’IA pour les aider dans leurs choix. L’outil séduit d’abord pour des raisons pratiques : 35 % l’utilisent pour obtenir des réponses rapides, 28 % pour rédiger leurs lettres de motivation, 27 % pour centraliser les informations et 26 % pour bénéficier d’un avis perçu comme neutre.
Chez les 16-18 ans, l’usage est déjà bien installé : 31 % s’en servent pour se renseigner sur les métiers, 30 % pour rédiger leur lettre de motivation et 27 % pour comparer formations et établissements. L’IA apparaît ainsi comme un outil d’appoint, un accélérateur d’information plus qu’un véritable conseiller.
Une orientation précoce et imparfaitement accompagnée
L’enquête montre également que l’orientation débute tôt. 34 % des jeunes commencent à s’interroger dès le collège, notamment en fin de troisième au moment du choix entre voie générale, technologique ou professionnelle. Pourtant, 20 % déclarent n’avoir bénéficié d’aucun accompagnement à l’école, et 8 % jugent l’accompagnement insuffisant.
Les critères de choix sont multiples. La localisation arrive en tête (35 %), suivie de l’intérêt pour le secteur (31 %), du salaire à la sortie (30 %), de la spécialisation (30 %) et de la réputation de l’établissement (27 %). Malgré cette réflexion, seuls 27 % estiment avoir trouvé une formation « idéale », cochant toutes les cases. Les compromis sont fréquents : choix jugé plus sûr, formation moins attractive mais accessible, ou volonté d’éviter une année blanche.
La réorientation, un ajustement
Contrairement à une idée reçue, la réorientation est rarement vécue comme un échec. Elle correspond d’abord à un changement de projet (45 %) ou à un manque d’intérêt pour la formation initiale (35 %). Les mauvais conseils ne sont cités que par 19 % des répondants.
Pour Jérémy Plasseraud, directeur exécutif de Hellowork, « l’orientation n’a jamais été aussi déterminante, ni aussi complexe avec Parcoursup ». Il souligne que les jeunes ne cherchent pas des réponses toutes faites, mais « des repères pour décider ».
Au final, cette enquête met en lumière une génération confrontée très (trop ?) tôt à des choix structurants, oscillant entre influence familiale, outils numériques et quête d’autonomie. Dans un système devenu plus technique et concurrentiel, la question de l’accompagnement – humain comme institutionnel – demeure centrale.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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