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Le chanteur Denez Prigent, voix majeure du kan ha diskan et de la gwerz depuis trois décennies, expose pour la première fois ses dessins à Paimpont, en lisière de la forêt de Brocéliande. Sous le titre À l’encre des légendes, l’exposition dévoile une facette plus discrète de son travail artistique : un corpus de planches au stylo-bille noir, peuplé de symboles celtiques, de paysages oniriques et de figures sorties d’un imaginaire profondément enraciné dans la matière de Bretagne. À voir gratuitement sur deux sites complémentaires jusqu’à fin juin.
Une facette méconnue d’un grand interprète
Denez Prigent, né à Santec en 1966, s’est imposé depuis le milieu des années 1990 comme l’un des chanteurs les plus singuliers de la scène bretonne, capable d’inscrire la gwerz traditionnelle — cette complainte longue et narrative du fonds vannetais et léonard — dans des formes contemporaines, parfois ouvertes à l’électronique, sans jamais trahir la matrice. Ses albums successifs — du désormais classique Me ‘zalc’h ennon ur fulenn aour (1997) jusqu’aux récents Stur an Avel (2021) et Toenn Vor, hommage aux chants de mer — l’ont fait reconnaître au-delà des frontières bretonnes comme l’un des passeurs les plus exigeants du patrimoine vocal armoricain.
Ce que le public connaît moins, c’est que l’artiste, étudiant à Rennes, avait suivi un cursus d’arts plastiques. La pochette de Stur an Avel, en 2021 — un voilier dont le mât se métamorphosait en arbre — avait déjà été dessinée de sa main, sans que beaucoup n’y prêtent attention. À l’encre des légendes prolonge cet engagement graphique en lui donnant pour la première fois une visibilité publique pleine et entière.
Un univers graphique au stylo-bille noir
Le choix technique a quelque chose d’austère, presque monastique. Denez Prigent travaille au stylo-bille, exclusivement en noir et blanc, sans concession à la couleur. La contrainte n’est pas anodine : elle force la discipline du trait, oblige à composer par la densité du trait plutôt que par l’effet chromatique, et donne au corpus une cohérence rare. Sur les planches exposées, on retrouve des récurrences obsédantes — sphères, croix, lunes, phares, étoiles, motifs serrés répétés à l’infini — qui composent un univers à la fois personnel et universel.
L’iconographie puise visiblement aux mêmes sources que le travail vocal : monde celtique, légendes, paysages maritimes du Léon, figures fantastiques, navires, animaux symboliques, traces de spiritualité. Les œuvres ne cherchent pas à illustrer un répertoire ; elles dialoguent avec lui, comme les deux versants d’une même quête. Là où la gwerz avance par strophes longues, le dessin avance par lignes patientes ; mais il s’agit, dans les deux cas, d’épuiser au trait ce qui résiste à la parole.
L’exposition est conçue en deux temps, deux lieux et deux salles, pour permettre au visiteur d’entrer progressivement dans cette cohérence intérieure. C’est précisément ce que résume l’argumentaire diffusé par les organisateurs : un homme habité par la foi, les légendes et les croyances d’un peuple et d’un territoire.
Deux lieux complémentaires à Paimpont
Le premier volet de l’exposition s’est installé dès le mois de décembre 2025 à la salle des expositions de Brocéliande, attenante à La Porte des Secrets, le centre d’interprétation situé sur la place Saint-Judicaël à Paimpont. L’accrochage y a déjà attiré près de dix mille visiteurs en quelques mois — un succès qui justifie son prolongement jusqu’à fin juin 2026, à l’occasion duquel un second volet a été ouvert le 2 avril dans la salle des Écrouettes, à l’abbaye de Paimpont.
Les deux sites sont distants d’à peine quelques centaines de mètres et peuvent se visiter à la suite, à pied. La salle des Écrouettes propose un accrochage complémentaire qui éclaire l’univers de l’artiste sous un angle plus contemplatif : il faut prendre le temps des deux pour saisir l’ensemble. L’accès est entièrement gratuit, aux heures d’ouverture de l’office de tourisme.
À noter : Denez Prigent était présent en dédicace les vendredi 8 et samedi 9 mai à l’office de tourisme. Les visiteurs qui n’ont pu être présents trouveront sur place la boutique habituelle de l’office, où sont proposés CD, vinyles, livres, reproductions et cartes de l’artiste.
Informations pratiques
Exposition dans deux endroits à Paimpont : salle d’exposition de Brocéliande, Porte des Secrets, jusqu’au 30 juin, tous les jours, de 9 h 30 à 12 h 30, et de 14 h à 17 h ;
à l’Abbaye de Paimpont jusqu’au 14 juin, du mercredi au dimanche, de 10 h à 12 h 30, et de 14 h à 18 h. Les deux expositions sont en accès libre.
Plus d’infos sur www.destination-broceliande.com
Photo : Breizh-info.com
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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3 réponses à “« À l’encre des légendes » : Denez Prigent expose ses dessins à Paimpont, en lisière de Brocéliande”
Difficile d’être excellent dans tous les domaines.
Un nouveau Picasso sans doute! Un bel avenir l’attend!
Brocéliande, le lieu créé de toutes pièces pour le tourisme, c’est bien celà dont vous parlez ? Cela étant, les toiles de Prigent évoquent Pink Floyd, c’est magnifique 😉