64 millions d’immigrés dans l’Union européenne en 2025 : la grande mutation démographique du continent

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Le Centre for Research and Analysis on Migration (CReAM), centre de recherche rattaché à l’University College London et dirigé par l’économiste Christian Dustmann, vient de publier une analyse complète des dynamiques migratoires dans l’Union européenne, signée des chercheurs Tommaso Frattini et Camilla Piovesan. Le rapport s’appuie sur les données officielles d’Eurostat et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ses chiffres sont implacables — et l’angle est trop souvent absent du débat français.

Soixante-quatre millions d’immigrés en 2025

Au 1er janvier 2025, l’Union européenne comptait environ 64 millions de résidents nés à l’étranger, selon les données compilées par les chercheurs. Sur quinze ans, l’accroissement est massif : la population immigrée européenne est passée de 40 millions en 2010 à 64 millions aujourd’hui, soit une augmentation de l’ordre de 60 % en une décennie et demie.

L’année 2024 a marqué une accélération particulièrement nette, avec une hausse annuelle de 2,6 millions de personnes. Le rythme s’est légèrement ralenti en 2025, mais reste élevé : +2,1 millions sur un an. Pour mettre ces chiffres en perspective, cela représente l’équivalent annuel de la population d’une métropole comme Marseille ou Lyon installée chaque année supplémentairement sur le sol européen.

Plusieurs événements historiques expliquent cette dynamique. La crise migratoire de 2015 a vu plus de 1,25 million de premières demandes d’asile déposées dans l’UE — un doublement par rapport à l’année précédente. La pandémie de Covid-19 a brièvement ralenti les flux en 2020. Puis, l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 a provoqué le déplacement vers l’Union européenne de quelque 4,35 millions de personnes bénéficiant fin 2025 d’un statut de protection temporaire.

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Allemagne, France, Espagne, Italie : la concentration sur quatre pays

L’Allemagne reste, et de très loin, la principale terre d’accueil de l’immigration européenne. Le pays a vu sa population née à l’étranger passer d’environ 10 millions en 2010 à près de 18 millions en 2025, soit une augmentation d’environ 70 % en quinze ans. Près de trois Allemands sur dix sont aujourd’hui nés à l’étranger, et l’étude souligne que 72 % de ces personnes sont en âge de travailler.

L’Espagne a connu en 2025 l’augmentation la plus spectaculaire parmi les grands pays européens : +700 000 immigrés en un an, pour atteindre 9,5 millions au total. Cette hausse représente à elle seule environ un tiers de l’augmentation totale enregistrée sur l’ensemble de l’UE. La courbe espagnole est passée de 6,3 millions en 2010 à 9,5 millions aujourd’hui, soit une progression de l’ordre de 50 %.

La France, pour sa part, comptait environ 9,6 millions d’habitants nés à l’étranger au 1er janvier 2025, soit environ 30 % d’augmentation depuis 2010. Le pays se situe désormais au troisième rang européen en volume absolu, talonné par l’Espagne — et bientôt dépassé par celle-ci si le rythme observé en 2024-2025 se maintient. L’Italie, quatrième, est passée de 4,6 millions en 2010 à 6,9 millions en 2025.

Un Européen sur sept est né à l’étranger

À l’échelle de l’Union européenne, 14 % de la population totale est désormais née à l’étranger. Mais cette moyenne masque d’importantes variations nationales.

Le pays le plus marqué par l’immigration en proportion est, et de loin, le Luxembourg, où environ 52 % de la population est née à l’étranger — plus d’un habitant sur deux. Suivent Malte (32 %) et Chypre (28 %). L’Irlande et l’Autriche affichent toutes deux des taux de l’ordre de 23 %.

Parmi les grands pays, l’Allemagne se classe en tête avec environ 21 % de population née à l’étranger, suivie de la Suède et de la Belgique (environ 20 % chacune), puis de l’Espagne (19 %) et de l’Estonie (18 %).

La France se situe autour de la moyenne européenne, à environ 14 %, mais avec une nuance importante : les statistiques recensent les seules personnes nées à l’étranger. Elles ne comptent pas les Français nés en France de parents étrangers, dont les taux d’intégration et les trajectoires démographiques font l’objet d’analyses séparées — souvent absentes des publications officielles européennes.

À l’autre extrémité du spectre, des pays comme la Slovaquie, la Bulgarie et la Pologne affichent des proportions inférieures à 5 % — et résistent depuis des années aux mécanismes de répartition obligatoire des migrants imposés par Bruxelles.

L’asile : quatre pays absorbent les trois quarts des demandes

En 2025, l’Union européenne a enregistré 669 365 demandes d’asile au premier degré — soit une baisse de 26,6 % par rapport à 2024. Mais derrière cette diminution globale, la concentration géographique demeure spectaculaire : l’Espagne, l’Italie, la France et l’Allemagne ont absorbé à elles seules près de 74 % de l’ensemble des demandes européennes.

Le détail des nationalités d’origine, par pays, est particulièrement éclairant et permet de comprendre la diversité des routes migratoires qui convergent vers l’Europe. L’Allemagne continue de traiter principalement des dossiers issus des zones de conflit : Afghans et Syriens représentent à eux seuls environ 42 % des demandes, suivis des Turcs (11 %), des Somaliens, Irakiens, Russes et Érythréens.

L’Espagne se distingue par un profil très particulier : environ 60 % des demandeurs d’asile sont vénézuéliens, et 11 % maliens. Cette singularité s’explique par les liens historiques entre l’Espagne et l’Amérique latine et par la crise vénézuélienne persistante.

L’Italie présente un profil plus diversifié, dominé par les Bangladais (22 %), suivis par les Péruviens (12 %), les Égyptiens et les Pakistanais (8 à 9 % chacun), puis les Marocains, les Indiens et les Tunisiens.

La France affiche le profil le plus fragmenté de toute l’Union : aucune nationalité ne domine. Les Ukrainiens, Congolais et Afghans représentent chacun environ 10 % des demandes, suivis des Haïtiens (6 %), puis d’un éventail très large de nationalités africaines, asiatiques et caraïbéennes représentant chacune moins de 5 %. Cette dispersion témoigne du caractère mondialisé et largement non sélectionné des flux migratoires vers la France — qui contraste avec la trajectoire plus identifiable de l’Allemagne ou de l’Italie.

Les réfugiés : l’Allemagne en tête en valeur absolue, Chypre en relatif

Sur la question spécifique des réfugiés statutaires — c’est-à-dire les bénéficiaires de la Convention de Genève de 1951 et des protections complémentaires —, l’Allemagne se détache massivement avec environ 2,7 millions de réfugiés hébergés sur son territoire en 2025, soit plus du double de la Pologne (1 million) qui se classe deuxième en raison de l’accueil massif d’Ukrainiens. La France suit avec 751 000 réfugiés, l’Espagne avec 471 000 et la République tchèque avec 381 000.

Rapporté à la population, le tableau change radicalement. Chypre affiche un taux de 4,8 % de réfugiés dans sa population totale, suivie par la République tchèque (3,5 %), l’Allemagne (3,2 %), l’Autriche (3,1 %), l’Estonie (3 %) et la Pologne (2,8 %). La France, malgré son volume absolu élevé, ne se situe qu’à 1,1 % ; l’Italie à 0,5 %.

La carte d’une mutation profonde

L’étude du CReAM expose en quelques pages, et avec la rigueur des données officielles, une réalité que la presse française dominante peine à reconnaître ou commente avec une grande prudence : l’Europe est devenue, en une décennie et demie, un continent d’immigration de masse. Soixante-quatre millions d’habitants nés à l’étranger, c’est l’équivalent de la population entière de la France métropolitaine. Vingt-quatre millions de plus en quinze ans, c’est davantage que la population des dix plus petits États membres de l’Union réunis.

Cette transformation n’est ni anecdotique, ni résiduelle. Elle modifie en profondeur la composition démographique du continent, les équilibres électoraux, les besoins en logement, en éducation, en santé, et naturellement les budgets sociaux des États concernés. Elle redessine également les rapports de force entre les pays — entre l’Europe centrale qui résiste fermement à toute imposition migratoire bruxelloise, et l’Europe de l’Ouest qui en absorbe la quasi-totalité. Cela s’appelle un remplacement progressif de population, ni plus, ni moins.

Les auteurs eux-mêmes le notent : la migration vers l’Europe n’est pas un phénomène unique mais un ensemble de systèmes distincts et superposés. La concentration des arrivées sur quelques pays — l’Espagne et l’Allemagne ayant absorbé à elles seules près de la moitié des arrivées 2024 — pose la question de la capacité d’absorption, du modèle d’intégration, et de la soutenabilité politique sur le long terme.

Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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4 réponses à “64 millions d’immigrés dans l’Union européenne en 2025 : la grande mutation démographique du continent”

  1. vert dit :

    Comme propose Éric Zemmour supprimer le droit d’asile et organiser la remigration

  2. Nicole dit :

    Imaginez l’Europe dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans….Question : « Quel sera le sort des autochtones de souche chrétienne quand ils deviendront minoritaires sur les terres de leurs ancêtres ? suivant récit romantique étonnant « les corps indécents ». Quel avenir pour nos enfants ? S’adapter ou partir ?

  3. Carton Rouge dit :

    Le grand remplacement est déjà là Nicole, ce n’est plus un danger c’est une réalité chiffrée. Loin du racisme idiot, cet article montre les difficultés d’adaptation de certaines populations dans notre modèle de travail et de société. Au dessous d’un certain niveau, les chances sont minces de réussir dans le nouveau pays et entrainent maintes désillusions. Pour supporter le fardeau social des aides en tous genres il faut créer de la richesse et l’ Europe ne produit presque plus rien….nous sommes juste des consommateurs !

  4. Alex dit :

    Tout cela est bidon, on a juste les 2 premières gédérations dans les statistiques et puis ensuite impossible de connaître les personnes d ascendance extra-europeennes.
    Il y a des gens sur 4 générations d ascendance extra-europeennes donc impossible de savoir les chiffres réels.
    Je suis sur que les statistiques existent que ce soit le ministère de l intérieur ou le renseignement…
    En face t as un basané pour un blanc dans la rue et à la naissance bientôt se sera du 1 pour 1.
    LES CHIFFRES OFFICIELS DE PSEUDO ORGANISMES DE SONDAGE OU AUTRES SONT FAIT POUR NOUS ENDORMIR.

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