Le père a longtemps été une évidence. Il est devenu, en quelques décennies, une figure facultative, que l’on croit pouvoir remplacer par l’État, l’école ou les écrans. Les chiffres disent pourtant l’ampleur du phénomène. En France, 30 % des mineurs vivent avec un seul de leurs parents, contre 28 % en 2018. 23 % vivent dans une famille monoparentale : 19 % avec leur mère, 4 % avec leur père. La part des familles monoparentales avec enfants mineurs a doublé depuis 1990, passant de 12 % à 25 % en 2022.
Ces enfants partent avec un handicap matériel. Parmi ceux qui sont élevés par leur mère seule, 34 % ont une mère sans emploi, contre 24 % dans les familles dites « traditionnelles ». Un quart vivent dans un logement suroccupé, contre 11 % des enfants élevés par leurs 2 parents. Mais l’absence du père ne pèse pas que sur le budget. Elle touche les filles d’une manière particulière, souvent sous-estimée.
Le regard qui construit
Une petite fille se construit en partie dans le regard de son père. Un père qui l’admire, l’encourage et la rassure lui donne une confiance qui la suivra toute sa vie : celle d’oser, de prendre des risques, d’affronter le monde sans craindre d’y perdre sa valeur. Cette assurance ne s’acquiert pas dans les livres de développement personnel. Elle se transmet au quotidien, par mille gestes ordinaires.
Le père joue aussi un rôle différent de celui de la mère. Là où la mère apaise et console, le père bouscule, chahute et pousse à l’autonomie. Les jeux physiques qu’il pratique avec ses enfants, filles comprises, leur apprennent à s’adapter, à encaisser et à rebondir. Ils apprennent aussi à maîtriser leurs élans, leur impulsivité et leur agressivité. Les 2 rôles se complètent, et l’un ne remplace pas l’autre.
Le 1er modèle d’homme
Un père est surtout, pour sa fille, le 1er modèle d’homme qu’elle rencontre. La manière dont il traite sa mère, dont il la respecte et la protège, dessine dans son esprit l’image de ce qu’un homme doit être. Plus tard, elle cherchera, consciemment ou non, un compagnon à la hauteur de ce modèle, ou au contraire reproduira les blessures d’un père absent, violent ou indifférent. À l’heure où l’on parle tant de relations toxiques, on oublie souvent que la meilleure prévention commence à la maison, avec un père digne et présent.
Être là, simplement
Être un bon père n’exige pas de compétences particulières. Il suffit d’être présent. Partager du temps seul à seule avec sa fille, une balade, un match, un repas, une activité qui lui plaît même si elle ne vous passionne pas. Lui montrer son affection sans gêne. Être disponible pour l’écouter sans s’emporter ni la juger, même quand le sujet est délicat. Fixer des règles et les faire respecter, sans jamais lui laisser croire que l’amour paternel dépend de ses résultats ou de son obéissance.
L’erreur la plus répandue est sans doute de croire qu’une fille aurait moins besoin de son père qu’un garçon. C’est exactement l’inverse : à l’adolescence, quand les doutes et les fragilités s’accumulent, le père reste souvent l’ancre qui l’empêche de dériver.
Quand le père manque
Toutes les familles n’ont pas la chance d’avoir un père présent. Dans ce cas, d’autres hommes peuvent prendre le relais : un grand-père, un oncle, un parrain, un grand frère, un éducateur sportif. La paternité ne se résume pas à la biologie. Un homme droit et fiable, engagé dans la durée auprès d’une enfant, peut lui offrir ce modèle masculin dont elle a besoin.
Le défi n’en reste pas moins collectif. Une société qui dévalorise les pères, qui facilite leur effacement ou les présente comme interchangeables, prépare des générations privées de repères. Rendre aux pères leur place, c’est aussi offrir aux filles de demain la confiance et la stabilité auxquelles elles ont droit.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.