Une stratégie claire, mais une organisation à revoir et des comptes mal tenus. C’est en substance le bilan dressé par la chambre régionale des comptes de Bretagne dans un rapport publié en septembre sur le groupement d’intérêt public (GIP) Brest terres océanes, chargé de la promotion touristique du Pays de Brest.
Une structure unique en Bretagne
Créé en 2015, le GIP réunit les intercommunalités du Pays de Brest, la chambre de commerce et d’industrie du Finistère et des organisations de professionnels du tourisme. Sa création découle du schéma régional du tourisme, qui a découpé l’offre bretonne en 10 « destinations touristiques ». À la différence des autres destinations, Brest terres océanes s’est dotée d’une structure propre, au-dessus des intercommunalités.
La chambre salue une stratégie « bien définie », construite autour de quelques axes stables : la route des phares, la valorisation de la rade de Brest, la randonnée et l’itinérance douce, et le nautisme. Le GIP se concentre sur la promotion du territoire, la structuration de l’offre et l’accompagnement des professionnels, sans se substituer à l’identité de chaque territoire.
99 % d’argent public
C’est la composition du groupement qui pose problème. Le statut de GIP avait été choisi pour associer des partenaires privés à la politique touristique, ce que la chambre juge pertinent. Mais sur les 3,1 millions d’euros de subventions de fonctionnement reçues entre 2019 et 2024, 87 % proviennent des collectivités locales et de la Région, 12 % d’autres financements publics et européens, et seulement 1 % de partenaires privés. Un déséquilibre tel qu’il ne respecte pas, selon la chambre, les règles encadrant ce type de structure.
Des offices de tourisme absents
La chambre relève d’autres anomalies. Les offices de tourisme, principaux acteurs concernés, ne font pas partie du GIP. Or 4 intercommunalités ont transféré tout ou partie de leur compétence touristique à des offices de tourisme dotés d’un statut d’établissement public, seuls compétents sur leur territoire : le GIP ne peut donc pas y agir en toute régularité. À l’inverse, il intervient à Ouessant, alors que la commune n’en est pas membre.
La réorganisation en cours à Brest métropole a aggravé la situation. L’office de tourisme de la métropole, membre fondateur du GIP, a été dissous le 1er janvier 2025, créant un vide juridique. La société publique locale « Brest en vue », qui l’a remplacé, n’a toujours pas rejoint le groupement.
Une comptabilité tenue sans rigueur
Le GIP emploie moins de 6 équivalents temps plein pour piloter une stratégie déclinée en plus de 30 actions, elles-mêmes divisées en sous-projets associant de nombreux acteurs. Faute d’outils de suivi suffisants, impossible de vérifier si ses moyens sont adaptés à ses objectifs. La chambre relève aussi « un manque de rigueur dans la tenue de la comptabilité » et réclame une sécurisation de la gestion interne.
Le poste de directeur du GIP, longtemps partagé avec celui de l’office de tourisme de la métropole, ne l’est plus depuis peu. La chambre appelle à une réflexion sur l’organisation du groupement dans le cadre de la réorganisation de la métropole brestoise, et à un renforcement des outils de pilotage.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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