Un doigt au fond de la gorge pour déclencher le réflexe nauséeux. Depuis plus de 10 ans, la police de Brême, dans le nord de l’Allemagne, enseigne cette technique dans ses stages de prévention : en cas de tentative de viol, provoquer un vomissement pour couper l’agresseur dans son élan par le dégoût. L’information a été confirmée au quotidien régional Kreiszeitung par une porte-parole de la police, Franka Haedke.
Des stages en entreprise et dans les administrations
Le conseil fait partie d’une formation à l’autodéfense dispensée par le service central de prévention de la police de Brême. En cas d’urgence, comme une tentative de viol, il faut se défendre par tous les moyens, explique la porte-parole. « Vomir peut aussi être un moyen efficace de repousser une agression sexuelle », affirme-t-elle. Elle précise qu’il s’agit d’une option parmi d’autres, et non d’une consigne.
Les séances sont organisées dans des entreprises, des administrations et des établissements de santé. Elles s’adressent aussi aux agents des transports publics, aux pompiers, aux employés des agences pour l’emploi et des services sociaux. On y apprend à repérer et éviter le danger, à désamorcer un conflit, à intervenir en tant que témoin et à réagir lors d’une agression sexuelle. Les participants sont invités à raconter leurs propres expériences pour adapter les conseils. La police y voit un outil de prévention qu’elle souhaite voir proposé régulièrement.
Brême, ville la plus dangereuse d’Allemagne ?
Le site Remix News, qui a relayé l’information, replace ces conseils dans le contexte d’une forte hausse des violences sexuelles en Allemagne. Selon lui, le nombre de viols a augmenté de 72 % dans le pays depuis 2018. Brême, souvent présentée comme la ville la plus dangereuse d’Allemagne, est aussi la grande ville allemande qui compte la plus forte proportion d’immigrés. Toujours selon Remix News, 49 % des viols y seraient commis par des étrangers, alors que ces derniers représentent officiellement 23 % de la population.
Chanter pour déstabiliser l’agresseur
Les conseils de Brême ne sont pas les premiers à susciter les moqueries. En 2024, une capture d’écran du site de la police de Berlin, qui recommandait notamment de chanter pour surprendre un agresseur, était devenue virale. La police berlinoise avait expliqué que ce conseil venait d’associations professionnelles de psychiatrie, qu’il ne correspondait pas à son expérience de terrain et qu’il avait été retiré de ses brochures dès 2023. Elle avait ensuite mis à jour son site, en précisant que la consigne ne visait ni les attentats, ni les attaques au couteau, où la priorité reste de sauver sa vie.
« Un bras de distance » après Cologne
Après les agressions sexuelles de masse de la Saint-Sylvestre 2015 à Cologne, attribuées en grande partie à des migrants nord-africains, la maire de la ville, Henriette Reker, avait conseillé aux femmes de garder une distance de plus d’un bras avec les inconnus et d’éviter les comportements susceptibles d’être « mal compris ». Ses propos avaient été largement critiqués, y compris par le ministre fédéral de la Justice.
D’autres polices européennes ont multiplié les recommandations du même ordre. En Suède, en 2016, après une série d’agressions et une tentative de viol à Östersund, le chef de la police locale avait conseillé aux femmes de ne pas sortir seules la nuit, de se faire raccompagner ou de se déplacer en groupe. Il présentait cet avertissement comme un simple constat et non comme une interdiction.
En Allemagne, en 2017, après le viol d’une joggeuse dans le parc du Rosental, la police de Leipzig avait recommandé de courir à 2 et de regarder derrière soi en croisant des passants, s’attirant les critiques du maire. À Munich, après une agression dans le Jardin anglais en 2016, la police avait conseillé aux coureuses de choisir des parcours éclairés et fréquentés, de courir à plusieurs à la tombée de la nuit, de renoncer aux écouteurs et d’emporter un sifflet ou une alarme personnelle.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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