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170 équivalents temps plein, plus de 200 places, 3 établissements : le centre intercommunal d’action sociale (CIAS) du Cap Sizun est le premier employeur de ce territoire de la pointe finistérienne. Ses moyens dépassent même ceux de la communauté de communes Cap Sizun – Pointe du Raz qui l’a créé en 2005. Dans une synthèse publiée en septembre, la chambre régionale des comptes de Bretagne dresse pourtant un constat sévère : la gestion commune des 3 Ehpad de Cléden-Cap-Sizun, Plouhinec et Pont-Croix n’a pas produit les économies attendues, et leur situation financière s’est dégradée.
Une prise en charge respectueuse des résidents
Les magistrats commencent par un satisfecit. Dans un territoire où le vieillissement de la population est un enjeu majeur, la prise en charge des résidents est jugée respectueuse dans les 3 établissements. La création du CIAS a doté ces Ehpad publics d’une structure de gestion unique, censée favoriser la montée en compétences des agents et l’optimisation des moyens.
Pas de directeur depuis 2008
Sur la gestion, le bilan est moins flatteur. Malgré leur petite taille, les 3 Ehpad ont conservé chacun l’ensemble de leurs fonctions : direction, administration, restauration, blanchisserie. Ils fonctionnent en silo. Le CIAS n’a plus de directeur depuis 2008, un choix à la fois politique et économique que la chambre considère comme une source de difficultés de gestion majeures.
Son contrôle a permis de remettre en partie à jour le cadre d’intervention du CIAS et de régulariser les délégations de signature. Mais la gestion des ressources humaines et des achats présente encore des déficiences persistantes. La chambre demande aussi que l’information transmise au conseil d’administration, notamment sur les finances, soit améliorée pour permettre aux élus et aux habitants de mesurer les enjeux.
3 fonctions sur 14 mutualisées
Le tableau dressé par la chambre est parlant. Sur les 14 fonctions examinées, 3 seulement sont entièrement mutualisées : la structure juridique, l’organisation des astreintes et le poste d’informaticien. Les achats ne le sont que partiellement. Tout le reste est géré séparément par chaque établissement : la direction, le budget, la paie, la facturation, la gestion des ressources humaines, le recrutement des contractuels, la cuisine, la blanchisserie, la logistique et les déchets, ainsi que le référent qualité.
0,6 million d’euros de pertes
Entre 2019 et 2025, les 3 Ehpad ont cumulé près de 0,6 million d’euros de pertes. Leurs résultats d’exploitation se sont particulièrement dégradés en 2022 et 2023. Le redressement observé depuis 2024 tient avant tout à plus de 1,5 million d’euros d’aides exceptionnelles versées par l’Agence régionale de santé. Le graphique de la chambre montre que, sans ces aides, la capacité d’autofinancement de chaque établissement serait restée nettement plus faible, voire négative pour certains.
Une dette qui a doublé
Les dettes financières cumulées ont doublé sur la période et atteignent un niveau que la chambre juge difficilement soutenable : les Ehpad peinent à rembourser leurs emprunts. La trésorerie commune a servi à couvrir le manque de liquidités de l’Ehpad de Cléden-Cap-Sizun, dont la situation était préoccupante en raison d’un tarif d’hébergement relativement bas. Les aides de l’ARS ont rétabli la trésorerie globale du CIAS fin 2025, mais seule une amélioration durable de l’exploitation pourra la préserver.
Les marges de manœuvre étant étroites, la chambre recommande une réflexion d’ensemble pour mutualiser les fonctions administratives et support. Elle juge indispensable une feuille de route commune aux 3 établissements pour rétablir durablement leur équilibre.
12 millions d’euros pour Pont-Croix
Le patrimoine immobilier pèse lourd. Le CIAS en est propriétaire, mais la valeur des Ehpad inscrite au bilan est surévaluée, car l’usure et le vieillissement des bâtiments ont été insuffisamment pris en compte. Les tarifs pratiqués n’ont pas permis de financer le renouvellement des installations.
La rénovation de l’Ehpad La Fontaine, à Pont-Croix, chiffrée à 12 millions d’euros TTC, est en cours d’achèvement. Les résidents ont emménagé dans les nouveaux locaux en décembre 2024. La chambre juge le projet bien mené, mais des imprévus et des retards indépendants du CIAS ont entraîné des surcoûts. Faute de fonds propres, le CIAS a eu largement recours à l’emprunt et a augmenté sensiblement ses tarifs journaliers. Pour rendre cette dette soutenable, l’équilibre d’exploitation devra être amélioré durablement
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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