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14 652 entreprises sont tombées en défaillance entre le 1er juillet et le 30 septembre 2026 en France, soit une hausse de 0,5 % seulement sur un an. Selon l’étude trimestrielle du cabinet Altares, publiée le 13 octobre, c’est le meilleur résultat, tous trimestres confondus, depuis 2022. Mais cette quasi-stabilisation se fait à un niveau historiquement élevé, et l’Ouest de la France fait exception : la Bretagne et les Pays de la Loire sont les 2 régions où les défaillances progressent le plus fortement.
Près de 72 000 défaillances en 12 mois
Après des hausses de 30 % à 40 % en 2022 et 2023, puis de 15 % en 2024, les défaillances progressaient d’environ 4 % par trimestre depuis 2025. Le ralentissement de cet été est donc net. Mais sur 12 mois glissants, près de 72 000 entreprises ont fait défaut, un niveau jamais atteint. Depuis le début de l’année, 52 700 entreprises ont défailli, et Altares en redoute encore près de 19 000 d’ici la fin de l’année. Le seul mois de septembre a établi un nouveau record, avec environ 7 100 procédures.
« Le pic des défaillances est peut-être derrière mais pas celui de la fragilité financière », résume Thierry Millon, directeur des études du cabinet.
La répartition des procédures se rééquilibre. Les liquidations judiciaires directes reculent légèrement, à 9 744, et ne représentent plus que 66,5 % des ouvertures, contre plus de 75 % après la crise sanitaire. Les redressements judiciaires progressent de 4,2 %, à 4 576, et les sauvegardes restent rares, avec 332 ouvertures. Le nombre d’emplois menacés recule de près de 3 %, à 50 510.
La Bretagne repart à la hausse
La pointe Ouest du pays est qualifiée de « lanterne rouge » par l’étude. En 2025, la Bretagne faisait figure d’exception : avec la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, c’était la seule région métropolitaine où les défaillances reculaient. Le répit aura été bref. Les procédures y ont atteint 559 cet été, contre 502 un an plus tôt, soit une hausse de 11,4 %. Selon Altares, la dégradation concerne l’ensemble du territoire breton. Les liquidations directes passent de 336 à 373, et les redressements judiciaires de 159 à 179.
Les Pays de la Loire enregistrent la plus forte dégradation du pays, avec 797 défaillances, en hausse de 18,4 %. C’est le 3e été consécutif de forte dégradation : 484 procédures au 3e trimestre 2023, 575 en 2024, 673 en 2025 puis 797 en 2026, soit près de 65 % de hausse en 3 ans. La progression de cet été est surtout portée par la Loire-Atlantique, en hausse de 25 %, et le Maine-et-Loire, en hausse de 36 %. Bretagne et Pays de la Loire sont aussi les 2 seules régions où progressent à la fois les redressements et les liquidations, ce que l’étude interprète comme le signe d’une nette dégradation du tissu des entreprises.
Ailleurs, plusieurs régions repassent dans le vert : la Normandie (-11,9 %), la Provence-Alpes-Côte d’Azur (-5,5 %), la Nouvelle-Aquitaine (-5,3 %), le Grand Est (-4,9 %) et l’Occitanie (-4,1 %). L’Île-de-France (+3,9 %), les Hauts-de-France (+4,4 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (+2,2 %) se stabilisent.
Les microentreprises en première ligne
La hausse est presque entièrement portée par les structures de moins de 3 salariés, qui totalisent 10 960 procédures, en progression de 2,9 %. Elles concentrent 75 % des défaillances. Les entreprises de 10 à 49 salariés affichent au contraire un net recul.
Les jeunes entreprises restent les plus exposées. Celles de moins de 6 ans représentent 42 % des jugements du trimestre, et leurs défaillances augmentent, de 2,7 % pour celles de moins de 3 ans et de 3 % pour celles de 3 à 5 ans.
Les grandes défaillances restent rares, mais lourdes de conséquences. 48 entreprises de 100 salariés ou plus ont été placées en procédure collective cet été. Elles concentrent près de 10 000 des 50 500 emplois menacés. Parmi elles figurent le carrossier de véhicules frigorifiques Lamberet, dans l’Ain (750 salariés), le fabricant de vélos Cycles Lapierre, en Côte-d’Or, ou le constructeur de maisons individuelles Maisons Pierre, placé en sauvegarde. Dans le Morbihan, l’entreprise de nettoyage S.I.H.L. (Sanitation industrielle et hygiène des locaux), qui emploie 175 salariés, a été placée en redressement judiciaire en juillet.
Restauration et commerces de proximité en difficulté
Avec 3 452 défaillances, la construction reste le premier secteur en nombre de procédures, mais elles reculent de 3,1 %. Le gros œuvre baisse de 13,1 %, et la construction de maisons individuelles de 18 %. L’industrie manufacturière s’améliore aussi, avec un recul de 11,8 %.
À l’inverse, les secteurs qui dépendent de la consommation des ménages continuent de se dégrader. La restauration atteint 1 694 défaillances, en hausse de près de 10 %, dont 764 dans la restauration rapide (+15,8 %). Les débits de boissons progressent de 13,4 %, l’hébergement de plus de 30 %, et les hôtels de 28 %. Les magasins multirayons (+18,5 %), le commerce alimentaire (+15,3 %), en particulier les boucheries, et la vente sur les marchés (+11 %) sont aussi en difficulté. Le commerce d’habillement se redresse en revanche nettement, avec une baisse de plus de 25 %.
L’agriculture poursuit sa dégradation, avec 344 défaillances (+3,9 %), après des hausses de 48 % en 2024 et de 30 % en 2025. L’exploitation forestière (+29 %), la culture de céréales (+24 %) et la viticulture (+43 %) sont les plus touchées.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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