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Jusqu’à 6 millions d’euros : c’est le montant maximal du marché public lancé le 14 septembre par Nantes Métropole pour raccorder au réseau d’eau potable la soixantaine de bidonvilles installés sur son territoire. Des campements illicites que la collectivité, présidée par la maire socialiste de Nantes Johanna Rolland, assure pourtant vouloir faire disparaître.
Plus de 3 000 habitants, un tiers de mineurs
Selon les documents du marché, 63 bidonvilles sont recensés dans une dizaine de communes de la métropole. Ils abritent environ 3 500 personnes selon Ouest-France, plus de 3 000 selon Le Figaro, dont plus d’un tiers de mineurs. Il s’agit en grande majorité de Roms originaires de Roumanie. L’agglomération nantaise est le territoire de France métropolitaine qui compte le plus de bidonvilles.
Depuis 2020, l’approvisionnement en eau de ces campements était assuré par l’ONG Solidarités International, dans le cadre d’une convention avec la métropole. La collectivité reprend désormais la main et cherche un prestataire. Celui-ci devra achever le raccordement de l’ensemble des sites au réseau d’eau potable et mener des actions de sensibilisation à l’hygiène et à l’entretien des équipements.
Un droit à l’eau invoqué par la métropole
Pour justifier la dépense, la métropole invoque le droit fondamental d’accès à l’eau, inscrit dans le code de l’environnement, ainsi que la transposition, fin 2022, d’une directive européenne de décembre 2020 sur l’eau potable. Elle met aussi en avant les risques sanitaires : faute de point d’accès régulier, les habitants des campements multiplient les branchements de fortune et les pratiques illégales, avec des risques pour la sécurité et la qualité de l’eau.
Les installations devront rester temporaires et mobiles, et pouvoir être retirées rapidement en cas de décision de justice ordonnant une évacuation. Dans le cahier des charges, la métropole assure que « l’action ne vise pas à pérenniser les installations illicites ». Mais elle y reconnaît aussi que, compte tenu de l’ampleur du phénomène et du temps nécessaire pour accompagner les familles, la disparition complète des bidonvilles ne pourra pas intervenir à court terme.
La Prairie de Mauves toujours occupée
Le cas le plus emblématique est celui de la Prairie de Mauves, à l’est de Nantes, où ont vécu jusqu’à un millier de personnes et où plus de 700 habitants résident encore. Selon Le Figaro, l’opération d’évacuation, lancée en 2024 avec un budget annuel de 12 millions d’euros, accuse un sérieux retard sur l’objectif affiché de 2028. Le terrain doit accueillir d’ici 2031 un pôle d’écologie urbaine. Interrogée par le quotidien, la métropole n’a pas démenti ce retard et parle d’« un travail sur le temps long ». Elle ne peut pas encore préciser la nature ni le calendrier des aménagements prévus sur le site.
La stratégie de la majorité socialiste consiste à « stabiliser » les campements, en améliorant les conditions de vie et en renforçant l’accompagnement social, avant d’en organiser la sortie vers d’autres formes d’hébergement. La métropole refuse les expulsions sans solution de relogement.
Elle a toutefois fait une exception fin août : environ 215 Roms de 2 bidonvilles ont été expulsés par les forces de l’ordre. La collectivité a justifié cette opération par la rupture du dialogue avec les représentants de ces campements, et par l’ouverture d’enquêtes pour des faits de violences sexuelles sur des mineurs qui s’y seraient produits.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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