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Alors que le débat sur le lien entre immigration et insécurité reste particulièrement sensible en France et peut vous en coûter cher, pas très loin de chez nous, se poser la question est encore autorisé. Chiffres à l’appui. C’est le cas Suisse où une statistique officielle du Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a été révélée en août 2026. Selon ses données, 80 % des demandeurs d’asile originaires du Maghreb – Algérie, Maroc, Tunisie – ont été mis en cause ou accusés d’au moins une infraction pénale au cours de l’année 2024.
Un rapport interne du SEM dévoilé et analysé par le média allemand Blick, met en évidence une disparité flagrante en matière de délinquance selon la provenance des demandeurs d’asile. Alors que le taux de mise en cause dans les infractions pénales en 2024 s’établit à 12,3 % pour les demandeurs d’asile de toutes les autres nationalités confondues, il atteint 4 personnes sur 5 pour les ressortissants d’Afrique du Nord, soit 80 %.
Toutes les immigrations ne se ressemblent pas
Les autorités lient en partie cette situation au profil des démarches : les chances d’obtenir un statut de réfugié pour les citoyens du Maghreb sont quasi nulles, le SEM indiquant qu’environ 99 % de leurs demandes d’asile sont rejetées. Quant à savoir si ce refus systématique est la cause ou la conséquence de cette délinquance, le média se garde bien de trancher.
Le SEM tient toutefois à relativiser l’impact global de ces données sur l’ensemble de la population migrante. À l’échelle de tout le domaine de l’asile en Suisse, la criminalité, en 2024, restait minoritaire : 96 % des personnes relevant de la protection internationale n’ont alors fait l’objet d’aucune mise en cause pénale.
« La grande majorité des demandeurs d’asile se comporte correctement », précise Daniel Bach, porte-parole en chef du SEM, dans des propos rapportés par le média Blick. Cependant, le document interne du SEM est sans équivoque :
« Seul un cinquième de ce groupe [les ressortissants du Maghreb] n’a pas commis d’infraction pénale durant son séjour en Suisse ».
Le SEM ne se dit pas surpris par ces analyses, qui s’appuient sur les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (OFS).
« Ce sont principalement les jeunes hommes originaires du Maghreb qui sont responsables des incidents survenant dans les centres fédéraux d’asile. Et ce sont eux qui commettent la plupart des infractions attribuées aux demandeurs d’asile. »
Les associations contre le SEM
La publication de ce taux de 80,5 % a immédiatement provoqué la réaction d’organisations humanitaires qui dénoncent une méthode biaisée et des raccourcis médiatique, telle que la présomption d’innocence : la statistique du SEM comptabilise les personnes « mises en cause » ou prévenues — c’est-à-dire enregistrées au moins une fois par la police pour une dénonciation ou un soupçon. Cela ne signifie pas automatiquement qu’une condamnation définitive ait été prononcée par un tribunal.
De plus, le pourcentage incriminé résulte de la division du nombre de personnes maghrébines dénoncées ou prévenues en 2024 (3 462 individus) par le nombre de nouvelles demandes d’asile enregistrées la même année (4 299 demandes). Selon les mêmes associations, la statistique est par nature faussée ne s’agissant pas des mêmes personnes : la statistique compare des migrants maghrébins déjà présents sur le sol helvète ayant commis des infractions commises en 2024 aux nouveaux arrivants de l’année.
L’UDC « récupère »
Sans surprise, l’Union démocratique du centre (UDC) a immédiatement popularisé ces chiffres pour lancer une campagne offensive via une pétition demandant arrêt total de l’entrée et de l’asile pour l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et l’Égypte. Comme on pouvait s’y attendre, le parti a rapidement été accusé par ses détracteurs de « récupérer » les données à des fins électorales… et racistes.
Mais qu’on le veuille ou non, récupérer et exposer ces données relève du débat démocratique. N’en déplaise aux médias et aux militants pro-migrants qui préférent cacher la poussière sous le tapis, empoigner un problème réel pour tenter d’y apporter des solutions concrètes : tel est, fondamentalement, le rôle de la politique.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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