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En 1825, Louis Braille invente l’écriture qui permettra aux aveugles de lire et d’écrire. 2 ans plus tard, Nicéphore Niépce réalise l’une des premières images photographiques en recouvrant une plaque métallique de bitume de Judée. Deux histoires presque contemporaines, que l’Institut national des jeunes aveugles (INJA-Louis Braille) réunit dans une exposition inédite, présentée du 5 au 28 novembre à Paris. Pour le bicentenaire de la photographie, l’établissement ouvre pour la première fois au public sa collection photographique, constituée depuis le XIXe siècle.
Des studios du Second Empire aux fêtes de Noël
Intitulée « Des aveugles. La collection photographique de l’INJA », l’exposition est installée dans l’ancienne lingerie de l’institut. Son ambition, selon les organisateurs, est de raconter l’histoire de la photographie « à travers celles et ceux que la photographie a choisi de regarder ».
Le parcours commence avec les premières images, contemporaines de l’essor des studios photographiques sous le Second Empire : photographies de classe, portraits et scènes officielles d’un établissement chargé de l’éducation des jeunes aveugles. Viennent ensuite des photographies prises par l’institution dans les années 1950 et 1960, des fêtes de Noël aux spectacles de fin d’année, en passant par les déguisements et les moments de vie collective. Ces images plus spontanées témoignent de l’évolution du regard porté sur les aveugles.
Hervé Guibert, lecteur pour 2 élèves
Le parcours fait une large place aux années 1980 et à l’écrivain Hervé Guibert. En juin 1983, il publie dans Le Monde un article consacré à l’institut. À la rentrée suivante, il y devient lecteur auprès de 2 élèves, qu’il aide à préparer le baccalauréat pendant une année scolaire. L’une d’elles a été retrouvée pour préparer l’exposition. De cette expérience naîtra son roman Des aveugles, publié en 1985.
L’exposition présente aussi le travail du photographe Jacques Bondon, qui a documenté dans les années 1980 le quotidien des aveugles : salles de classe, fêtes, accompagnants. Récompensée par le prix Niépce selon l’institut, cette série n’avait pas été exposée depuis 1981. Elle est complétée par un prêt du musée Nicéphore-Niépce de Chalon-sur-Saône.
Près de 240 ans d’histoire
Fondé il y a près de 240 ans, l’INJA accueille des enfants et des jeunes aveugles ou malvoyants pour les soigner, les former et les accompagner vers l’autonomie, qu’ils soient hébergés dans l’établissement ou scolarisés en milieu ordinaire. À travers ses archives, l’institut retrace aussi sa propre histoire, de sa création à son installation boulevard des Invalides, dans le quartier de Duroc.
Le commissariat de l’exposition est assuré par Léa Miranda, chercheuse en histoire de la photographie et doctorante au Massachusetts Institute of Technology (MIT). L’exposition s’inscrit dans la programmation nationale du bicentenaire de la photographie, portée par le ministère de la Culture, et dans le festival PhotoSaintGermain. Elle bénéficie du soutien de la Fondation Antoine de Galbert.
« Des aveugles. La collection photographique de l’INJA », du 5 au 28 novembre 2026, Institut national des jeunes aveugles, 56 boulevard des Invalides, Paris. Entrée gratuite, vernissage le 5 novembre.
Photo : Jacques Bondon (droits réservés)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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