201,6 millions d’euros. C’est ce que les forfaits post-stationnement (FPS) ont rapporté à la Ville de Paris en 2025, contre environ 60 millions en 2018, première année du dispositif. À l’échelle du pays, les communes ont encaissé 490 millions d’euros l’an dernier à ce titre. La Ligue de Défense des Conducteurs a épluché les balances comptables 2025 de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) pour mesurer le poids de ces recettes dans les budgets municipaux. Son constat : un outil présenté comme un moyen de faire tourner les voitures sur les places est devenu, pour certaines villes, une ressource dont elles ne peuvent plus se passer.
De 17 à 75 euros
Depuis le 1er janvier 2018, le non-paiement du stationnement n’est plus une infraction pénale sanctionnée par un procès-verbal de 17 euros. C’est une redevance d’occupation du domaine public, dont chaque commune fixe librement le montant. Les tarifs ont suivi. À Paris, le FPS atteint 75 euros dans les 11 premiers arrondissements et 50 euros ailleurs ; depuis octobre 2024, il grimpe à 225 euros en zone 1 pour les véhicules lourds. Il faut compter de 55 à 80 euros à Lyon, 110 euros à Yerres, jusqu’à 50 euros en zone rouge à Annecy, et 50 euros à Arras, où le montant a plus que doublé début 2025.
À Paris, la hausse des tarifs s’est accompagnée d’une extension continue des zones payantes et des horaires de contrôle. La capitale concentre à elle seule 41 % des recettes nationales de FPS. D’après l’hebdomadaire Auto Plus, c’est la seule grande ville de France où les forfaits rapportent davantage que les horodateurs, qui ont généré 168 millions d’euros en 2025.
Bidart en tête du classement
L’association a rapporté le produit des FPS aux recettes de fonctionnement de chaque commune, c’est-à-dire l’ensemble des ressources qui financent son activité courante : impôts locaux, droits de mutation, recettes des services municipaux, loyers, redevances. Un ratio de 3 % signifie que les forfaits représentent 3 euros sur 100 euros de recettes.
Le classement est dominé par une petite commune du Pays basque. À Bidart, les FPS ont rapporté 469 320 euros en 2025, soit 3,41 % des recettes de fonctionnement. Viennent ensuite Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne (3,21 %), la station balnéaire de Palavas-les-Flots (3,14 %) et Neuilly-sur-Seine (3,05 %), où le produit dépasse 3,7 millions d’euros. La banlieue ouest et sud-est de Paris occupe une large part du tableau : Vincennes (2,74 %), Suresnes (2,43 %), Antony (2,06 %), Nogent-sur-Marne (2,03 %), Saint-Cloud (1,85 %) et Bourg-la-Reine (1,72 %). Paris se classe 8e avec 2,33 % de ses recettes de fonctionnement, qui dépassent 8,6 milliards d’euros.
Nantes, 11e commune du classement
Parmi les grandes villes de province, Nantes arrive en tête : 10,25 millions d’euros de FPS en 2025, soit 1,99 % de ses recettes de fonctionnement. C’est la seule commune de Bretagne présente dans le Top 20. Suivent Lille (8,49 millions d’euros, 1,93 %), Rouen (1,83 %), Angers (1,76 %) et Montpellier (1,70 %). Deauville (1,94 %), Annemasse (2,59 %), Juvisy-sur-Orge (1,81 %) et Mauguio (1,63 %) complètent la liste. Pour Mauguio, le ratio a été calculé sur le budget prévisionnel 2025, faute de compte administratif disponible.
70 communes équipées de voitures LAPI
La Ligue dénonce aussi l’automatisation du contrôle. Selon elle, 70 communes utilisent désormais des voitures équipées de lecteurs automatisés de plaques d’immatriculation (LAPI), un système qui n’est pas à l’abri des erreurs. Sa secrétaire générale, Nathalie Troussard, affirme que l’association reçoit chaque semaine des dizaines de témoignages d’automobilistes visés par des FPS injustifiés, et confrontés « au mur des procédures de contestation » que les municipalités rendent, selon elle, toujours plus difficiles à franchir. L’association indique avoir été auditionnée 2 fois par le Sénat sur le sujet.
Photo d’illustration : DR
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