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13 voix contre 12. C’est à une seule voix près que le Parlement du Liechtenstein avait adopté, début septembre, une réforme autorisant l’avortement sans condition pendant les 3 premiers mois de grossesse. Le texte ne verra pourtant pas le jour. Le prince héritier Alois, qui exerce les fonctions de chef de l’État au nom de son père, le prince Hans-Adam II, a refusé de le promulguer. Le petit État alpin conserve ainsi l’une des législations les plus protectrices de la vie à naître en Europe.
Un veto annoncé de longue date
La Constitution du Liechtenstein, confirmée par référendum en 2003, donne au souverain le pouvoir de refuser sa sanction aux lois votées par le Parlement. Le prince Alois, qui assure la régence depuis 2004, avait annoncé depuis des mois qu’il en ferait usage. Dans sa déclaration, la maison princière explique qu’il reste convaincu que la réforme n’est « pas compatible avec une protection adéquate de la vie à naître ».
Le prince n’en est pas à son premier engagement sur le sujet. En 2011 déjà, il avait annoncé son intention de bloquer une précédente initiative ; celle-ci avait finalement été rejetée par 52,3 % des électeurs lors d’un référendum.
« Avant, pendant et après la grossesse »
Plutôt que de légaliser l’avortement, le prince héritier appelle à mieux accompagner les femmes « avant, pendant et après la grossesse ». Il se dit convaincu que beaucoup partagent l’objectif d’aider au mieux les femmes en difficulté tout en protégeant la vie à naître.
Ce discours s’appuie sur l’engagement de sa famille. Son épouse, la princesse héritière Sophie, a fondé la Fondation Sophie von Liechtenstein, qui propose conseil, soutien psychologique et aide financière aux femmes enceintes et aux familles. Elle gère 3 centres de conseil, au Liechtenstein, en Suisse et en Autriche, et accompagne environ 1 000 personnes par an, notamment des femmes confrontées à une grossesse imprévue ou à des difficultés financières.
Une législation parmi les plus strictes d’Europe
Le droit liechtensteinois n’autorise l’avortement que dans des cas très limités, notamment lorsque la vie de la mère est gravement menacée. Depuis une réforme pénale de 2015, les femmes qui se font avorter à l’étranger, le plus souvent en Suisse ou en Autriche, ne sont toutefois plus poursuivies.
Pour l’association britannique Right To Life UK, qui milite contre l’avortement, le prince et la princesse ont montré « le courage » de mettre leurs principes en pratique, en défendant à la fois la protection de la vie à naître et l’aide concrète aux mères.
Le comité « Fristenlösung für Liechtenstein », à l’origine de l’initiative, qui avait recueilli près de 5 000 signatures, soit près d’un quart des électeurs du pays, a dénoncé pour sa part « une démonstration de force sur le dos des personnes concernées ». Il annonce plusieurs actions pour protester contre le veto.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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