Pour la première fois depuis les années 1960, les États-Unis enregistrent une diminution nette de leur population immigrée. Selon le Pew Research Center, la population née à l’étranger est passée de 53,3 millions en janvier 2025 à 51,9 millions en juin 2025, soit une baisse de 1,4 million de personnes en l’espace de six mois. La part des immigrés dans la population est ainsi revenue à 15,4 % (contre 15,8 % en janvier), et leur part dans la population active est passée de 20 % à 19 %. « Cette baisse inédite » intervient après un demi-siècle de croissance continue, souligne le centre de recherche américain.
Les effets de la politique Trump
Cette évolution coïncide avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et la mise en œuvre de ses premières mesures. Le Pew Research Center rappelle que l’exécutif a pris pas moins de 181 décisions en matière d’immigration lors de ses cent premiers jours. « Les premiers pas de l’administration républicaine ont forcément déjà contribué à ce déclin », estime l’institut.
Le quotidien américain New York Post souligne de son côté que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a procédé à 359 000 arrestations de migrants illégaux et à 332 000 expulsions au cours des 200 premiers jours du mandat, tandis qu’environ 1,6 million de personnes auraient quitté volontairement le pays. L’agence Immigration and Customs Enforcement (ICE) détient par ailleurs un nombre record de 60 000 personnes en attente de renvoi.
Les entrées illégales ont été réduites « à un filet » : moins de 5 000 par mois selon le DHS, soit un niveau historiquement bas par rapport aux années Biden, durant lesquelles près de 10 millions de clandestins avaient franchi la frontière mexicaine entre 2021 et 2024.
Une Amérique toujours terre d’immigration
Même en recul, les États-Unis restent le premier pays d’accueil en nombre absolu d’immigrés. Selon le Pew Research Center, la proportion actuelle de 15,4 % d’immigrés dans la population américaine demeure l’une des plus élevées de l’histoire du pays, dépassant même les niveaux observés lors des grandes vagues migratoires de l’époque d’Ellis Island.
La composition de cette population reste dominée par l’Amérique latine : à la mi-2023, environ 11 millions de résidents étaient nés au Mexique, soit 22 % de l’ensemble des immigrés. Suivent l’Inde (3,2 millions), la Chine (3 millions), les Philippines (2,1 millions) et Cuba (1,7 million).
Donald Trump s’est félicité de ces chiffres, écrivant sur Truth Social que les États-Unis avaient connu une « migration nette négative pour la première fois en 50 ans ». La secrétaire du DHS, Kristi Noem, a pour sa part salué une baisse qui se ferait « déjà sentir à l’échelle nationale, depuis la diminution de la pression sur les services publics jusqu’à la reprise des marchés de l’emploi locaux ».
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine