Emoji Gwenn-ha-Du : une mobilisation bretonne pour que notre drapeau existe aussi dans le monde numérique

Depuis plusieurs jours, une pétition en ligne appelle le Consortium Unicode, organisme qui décide des emojis utilisés dans le monde entier, à reconnaître enfin le Gwenn-ha-Du parmi les symboles officiels. Un combat qui dépasse la simple question d’un pictogramme : il touche à la place de l’identité bretonne dans un univers numérique uniformisé, où les cultures enracinées doivent se battre pour exister.

Une vague de signatures portée par une fierté bretonne

Les signataires affluent. Tous rejoignent l’appel lancé par la communauté « Mam’ Breizh – Fière de ses Origines Bretonnes », qui demande une chose simple : que le Gwenn-ha-Du ait sa place dans les claviers du monde entier.

Car pendant que des centaines d’emojis apparaissent chaque année — parfois farfelus, parfois insignifiants — le drapeau breton, lui, reste invisible. Une absence vécue comme une anomalie, voire une injustice, par beaucoup de Bretons.

Dans les échanges quotidiens, sur les réseaux sociaux, dans les messages entre Bretons de la diaspora, l’absence du Gwenn-ha-Du oblige à bricoler : certains utilisent des images, d’autres des caractères approximatifs. Rien qui remplace un vrai symbole standardisé.

Et cette absence n’a rien d’anodin. Dans un monde où l’essentiel des interactions passe par smartphone, ce qui n’existe pas en emoji est perçu comme secondaire, marginal, folklorique. À l’inverse, disposer d’un emoji est devenu une forme de reconnaissance culturelle internationale.

Le drapeau breton est l’un des plus connus d’Europe, omniprésent dans les festivals, les manifestations sportives, les rassemblements culturels, et porté par une diaspora active. Le fait qu’il soit encore ignoré par Unicode apparaît donc comme un décalage criant.

Une pétition qui appelle Unicode à corriger une « omission flagrante »

Le texte de la pétition va droit au but :

  • le Gwenn-ha-Du symbolise une culture vivante,
  • son absence parmi les emojis constitue une « omission flagrante »,
  • Unicode a le pouvoir d’y remédier,
  • une mobilisation massive peut faire bouger les lignes.

Pour les initiateurs, il s’agit de visibilité, de transmission, mais surtout de dignité culturelle : ce drapeau représente un peuple, une mémoire, une continuité historique. Le nier dans l’espace numérique global revient, quelque part, à marginaliser ce qu’il incarne.

L’affaire dépasse largement la question technique. Unicode est un consortium international dominé par des géants du numérique. Ces structures décident, depuis la Californie, ce qui a le droit d’exister comme symbole universel et ce qui doit rester dans l’ombre.

Dans cette logique, la Bretagne n’entend plus être reléguée au rang de curiosité régionale. Ce que réclament les signataires, c’est que la culture bretonne soit traitée avec le même respect que les autres, et qu’elle puisse s’afficher librement dans le grand flux des échanges numériques mondialisés.

Les initiateurs invitent tous ceux qui se reconnaissent dans cette démarche — Bretons de naissance ou de coeur — à signer. L’objectif est clair : créer une pression suffisante pour forcer Unicode à examiner et, espérons-le, à accepter le dossier du Gwenn-ha-Du.

Si l’emoji venait à être adopté, ce serait un petit symbole, mais une grande victoire : celle d’un peuple capable de défendre sa visibilité dans un monde formaté, d’imposer son existence face aux logiques globalisantes, et de montrer que l’identité bretonne n’a pas vocation à disparaître dans les marges du numérique.

Crédit photo : DR

[cc] Breizh-info.com, 2022-5, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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