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La Bretagne s’est fixé des objectifs particulièrement élevés en matière de production d’énergies renouvelables, souvent au-delà même des prescriptions nationales. Pourtant, selon une synthèse publiée en mars 2026 par la chambre régionale des comptes, ces ambitions ne se traduisent pas encore par les résultats attendus. L’analyse pointe un décalage entre les objectifs affichés et la trajectoire réelle de production énergétique dans la région.
Depuis plusieurs années, la question énergétique occupe une place centrale en Bretagne. Elle répond à deux enjeux majeurs. Le premier est global : la transition énergétique et la réduction des émissions de carbone. Le second est propre au territoire breton : sécuriser l’approvisionnement en énergie dans une région historiquement dépendante des importations électriques.
Cet objectif de sécurité énergétique s’est notamment matérialisé par le « pacte électrique » signé en 2010 entre l’État et la région. Depuis 2015, la Bretagne est officiellement cheffe de file dans le domaine énergétique, ce qui lui confère un rôle central dans l’organisation de la politique régionale en la matière. En 2020, la région a également inscrit la transition énergétique dans son Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet), fixant des objectifs particulièrement ambitieux de développement des énergies renouvelables.
Une progression insuffisante des énergies renouvelables
Malgré ces ambitions, la production d’énergies renouvelables en Bretagne progresse moins vite que prévu. La chambre régionale des comptes souligne même un phénomène paradoxal : la production d’énergies fossiles a augmenté plus rapidement que celle des renouvelables ces dernières années, ce qui a conduit à une diminution relative de la part des énergies renouvelables dans la production énergétique régionale.
Cette évolution s’explique en partie par les choix faits pour garantir l’approvisionnement énergétique à court terme. Pour sécuriser l’alimentation électrique de la région, plusieurs installations fonctionnant au gaz fossile ont été mises en service ou renforcées, notamment la centrale de Landivisiau et certaines unités de cogénération agricole.
Ces installations permettent de stabiliser le réseau électrique mais elles entrent en contradiction avec l’objectif de long terme visant à augmenter la part des énergies renouvelables dans la production régionale. Autrement dit, la stratégie énergétique bretonne se retrouve confrontée à une tension entre impératifs de sécurité énergétique immédiate et ambitions de transition écologique.
À cela s’ajoutent les difficultés rencontrées par certaines filières renouvelables, notamment l’éolien en mer, qui devait jouer un rôle majeur dans la décarbonation de la production d’énergie. Les retards et obstacles rencontrés dans ce secteur pèsent directement sur la capacité de la Bretagne à atteindre ses objectifs.
Une gouvernance jugée trop dispersée
Au-delà des résultats, la chambre régionale des comptes pointe également un problème de gouvernance. La région Bretagne et l’État ont mis en place une organisation institutionnelle élargie autour de la transition énergétique, notamment à travers la Conférence bretonne de la transition énergétique.
Cette structure vise à rassembler l’ensemble des acteurs concernés : collectivités territoriales, syndicats départementaux d’énergie, intercommunalités et autres partenaires institutionnels. Toutefois, cette gouvernance, qualifiée de consensuelle, reste selon la juridiction financière insuffisamment opérationnelle pour structurer une véritable politique énergétique régionale cohérente.
Au niveau départemental, les commissions consultatives de l’énergie, censées coordonner les actions locales, ont été mobilisées de manière inégale. Dans ce contexte, les quatre syndicats départementaux d’énergie ont pris des initiatives propres, parfois sans disposer d’une compétence statutaire claire dans le domaine de la production d’énergie.
Une multiplication de sociétés publiques énergétiques
L’un des constats les plus marquants du rapport concerne la multiplication des structures publiques d’investissement dans le secteur énergétique. Les collectivités bretonnes ont créé ou financé plusieurs sociétés destinées à soutenir la production d’énergies renouvelables et à stimuler les projets locaux.
Dès 2011, la région avait encouragé la création d’une société d’investissement dédiée. Mais cette structure, faiblement capitalisée, a finalement peu investi. Entre 2017 et 2019, alors que les politiques de transition énergétique s’accéléraient, les collectivités bretonnes n’ont pas réussi à se fédérer autour de cet outil pour créer un véritable fonds régional doté de moyens suffisants.
Dans le même temps, les syndicats départementaux d’énergie ont créé leurs propres sociétés d’investissement. Résultat : cinq sociétés publiques différentes interviennent aujourd’hui dans la production d’énergies renouvelables en Bretagne, sans véritable coordination régionale.
Cette fragmentation institutionnelle pose plusieurs problèmes. D’une part, elle multiplie les acteurs publics intervenant dans le même secteur. D’autre part, elle fragilise les perspectives financières de ces structures, certaines enregistrant déjà des pertes cumulées.
Vers une nécessaire coordination régionale
Face à ce constat, la chambre régionale des comptes appelle à une meilleure coordination entre la région, les syndicats départementaux d’énergie et les intercommunalités. L’objectif serait d’éviter les doublons entre opérateurs publics et de limiter la dispersion des moyens financiers.
La juridiction financière estime que certaines initiatives territoriales, notamment dans le Morbihan et le Finistère, pourraient servir de modèle. Les sociétés dites « de territoire » développées dans ces départements permettent en effet de réduire le risque de stratégies concurrentes entre acteurs publics locaux.
Enfin, la société régionale existante devrait, selon la chambre régionale des comptes, être restructurée et recentrée sur les priorités énergétiques de la collectivité. Sans un pilotage plus rigoureux et une coordination renforcée, les ambitions énergétiques affichées par la Bretagne pourraient rester difficiles à atteindre.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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