La politique, ces jours-ci, se ralentit, s’alanguit, semble retenir son souffle. Les grandes machines institutionnelles tournent à vide, les mots usés ne mordent plus sur le réel. Dans ces périodes d’atonie, on peut presque faire confiance aux histrions de gauche pour créer des conflits là où il ne devrait pas y en avoir, comme si la discorde tenait lieu d’activité intellectuelle de remplacement.
Ce matin, à la table de ma cuisine, entre deux gorgées de café, je parcourais Libération. Je suis tombé sur un texte signé par Paul B. Preciado, écrivain trans présenté par le journal comme philosophe. L’auteur fut autrefois une femme avant de décider qu’il était un homme. Ce fait, en soi, n’appellerait aucun commentaire s’il ne devenait la clé de voûte d’un système de pensée entier, projeté ensuite sur le monde comme une grille d’interprétation universelle.
L’article s’en prend à Noël. Le ton n’est ni celui d’une critique mesurée ni celui d’une analyse culturelle. Il s’agit d’un réquisitoire. Certaines remarques pourraient pourtant être partagées sans peine. La marchandisation excessive de la fête, son formatage par l’industrie culturelle américaine, la réduction de rites anciens à des objets de consommation, tout cela mérite d’être dit et l’a déjà été, souvent avec plus de finesse. Le cœur du texte n’est pas là.
Ce qui frappe, c’est l’acharnement à faire de Noël un objet intrinsèquement coupable. Pour Preciado, la fête serait un culte chrétien et nationaliste de la famille, un dispositif d’oppression, une mise en scène normative destinée à écraser les identités dissidentes. On retrouve ici la mécanique bien rodée de la déconstruction sociale, qui consiste à nier l’existence d’une norme commune pour la remplacer par une mosaïque de singularités sacralisées.
C’est à cet endroit précis qu’apparaît l’idée centrale, trop souvent laissée dans l’ombre, celle de la norme majoritaire conçue comme maladie. Le terme de « normopathe », employé sans la moindre hésitation, mérite qu’on s’y arrête. Il dit plus que de longs discours. Être conforme à l’ordre humain majoritaire, partager les traits, les habitudes, les structures familiales et symboliques de la majorité, ne relève plus du simple fait anthropologique. Cela devient une pathologie. La normalité est médicalisée, psychologisée, criminalisée presque. L’écart n’est plus un accident ou une épreuve, il devient une supériorité morale. La majorité, elle, est sommée de s’excuser d’exister.
Dans cette logique, l’infirmité disparaît comme réalité tragique pour être rebaptisée « diversité fonctionnelle ». Le mot soigne la blessure en niant son existence. La biologie cesse d’être un fait pour devenir une opinion parmi d’autres. Est femme celui ou celle qui se dit femme, est homme celui ou celle qui se dit homme, indépendamment de toute réalité charnelle. Le langage prétend commander au réel, et le réel, lorsqu’il résiste, est accusé de violence. La norme, autrefois cadre commun, devient l’ennemi.
Les formules employées par l’auteur finissent par dévoiler la nature profonde de son propos. Noël serait « la cruauté de classe, la violence de genre et sexuelle déguisée en cadeau sous le sapin ». Il irait jusqu’à devenir « l’inceste transformé en fête enfantine ». Puis vient l’aveu central, celui qui éclaire l’ensemble du texte, lorsqu’il écrit que, pour les personnes queer ou trans chez les chrétiens, Noël serait le moment du grand reniement de soi. La fête serait intrinsèquement raciste, patriarcale, nationaliste, binaire, commerciale et anti-écologique. Le mot intrinsèquement revient comme un marteau, signe qu’aucune rédemption n’est possible.
Ce texte, en vérité, ne parle pas de Noël. Il parle d’une haine intérieure projetée sur le monde. Il exprime le rejet d’un héritage, d’une continuité, d’un ordre symbolique qui rappelle que l’homme ne se crée pas seul. Or Noël, précisément, rappelle cela. Il rappelle la filiation, la transmission, la famille imparfaite mais réelle, le temps long qui précède et dépasse l’individu.
Noël, pourtant, ne se laisse pas enfermer dans la seule identité chrétienne que ses adversaires lui reprochent. La fête plonge ses racines bien plus profondément, dans notre spiritualité la plus ancienne. Bien avant le christianisme, les peuples d’Europe célébraient le solstice d’hiver, ce moment où la nuit atteint son point extrême avant de céder lentement la place au jour renaissant. Ce basculement cosmique, discret mais décisif, était vécu comme une promesse. On se rassemblait autour du feu, on partageait le pain, on conjurait l’obscurité par des rites simples et charnels. Le christianisme n’a pas effacé cet héritage, il l’a recueilli, baptisé, intégré dans son propre récit. C’est pourquoi Noël parle encore à tous, au-delà des croyances et des dogmes. Il touche une mémoire plus ancienne que les idéologies, une mémoire du corps et du monde.
C’est précisément cette profondeur qui le rend insupportable à ceux qui se sont mis en guerre contre toute forme de continuité. Quand on se déteste au point de vouloir ne plus être ce que l’on est, on finit par haïr tout ce qui rappelle l’ordre dont on est issu. La norme devient une offense, la tradition une violence, la lumière un scandale. Noël, dans ce regard tordu, n’est plus une célébration. Il devient un ennemi.
Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées
[email protected]
[cc] Breizh-info.com, 2025, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine
11 réponses à “La haine contre Noël : le nouveau dogme d’une gauche qui se déteste”
Il suffit d’un tour sur la page wiki de cette FEMME (même en passant sous le bistouri et la voie médicamenteuse on reste physiologiquement du sexe de naissance) , on s’aperçois que cela ne tourne pas rond dans sa tête , comme tout les gens de gauche d’ailleurs ; il ni y aurait pas suffisamment de psy dans le monde pour tous les soignés soignées.
Quand a la feuille destiner a enrobé le poisson et encore , le prochaine gouvernement devra mettre fin au subvention sur la presse , cela nous coute une fortune et permet a des titres comme celui ci de continué a imprimer ce genre de prose inutile qui sans ces subventions aurait fini d’exister depuis longtemps.
Superbe texte equilibré et imparable.
Sùr qu’ il sera qualifié ailleurs de brulôt fasciste…!
Bon noel
En réponse à Poulbot.
Ras le bol de voir ce genre de texte écrit par un illettré.
Laissons Libé et d’autres journaux invendus accorder de l’importance aux délires des trans machin chose dont on se fout éperdument…inutile de disséquer un texte fait de jalousie et de haine de notre passé, ces gens devraient régler leurs comptes chez les psychanalystes ! En attendant JOYEUX NOEL à tous ceux qui le méritent !
Bravo..! « le gauchisme est une maladie mentale » ..!
On ne voit pas très bien le rapport entre la violence de genre et sexuelle et le sapin de Noël. Il faut un esprit particulièrement tourmenté pour faire un tel lien.
Comment être de gôche, con et lire Libération pour entrer en transes ?
Je vous cite : « Ce qui frappe, c’est l’acharnement à faire de Noël un objet intrinsèquement coupable ». Non, ce qui frappe, c’est que vous ne tolérez pas une opinion discordante. On peut critiquer Noël pour ce qu’il est devenu (marchandisation mais gros repli sur soi), car hors de question désormais d’avoir un couvert de libre à table pour l’inconnu qui oserait toquer à la porte. Soyons honnête.
Être de gauche, gaucho, gauchiasse serait donc une tare selon certains commentaires. Ok, donc le débat n’a pas lieu d’être. C’est triste. Car on pourrait dire de même des gens de droite. Triste Noël à tous les intolérants. Je ne suis ni de droite ni de gauche, mais j’aime débattre, et de façon constructive et non injurieuse. Visiblement, sur Breizh-info, cela n’a guère lieu d’être. Wikipedia aurait-il raison ? Je me pose la question…
Le problème c`est les gauchistes qui nous imposent « leurs phénomènes de cirques« , de véritables débiles profonds ,les institutions psychiatriques on faits une grave erreur de sortir ce beau monde!
@ c.i.a : très drôle de lire vos propos sur les « débiles profonds » alors que vous avez vous-même fait 5 erreurs d’expression ou typographiques 😅🤦🏻♂️. Et bravo pour votre tolérance…