L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre géopolitique. Donald Trump a confirmé la volonté des États-Unis de prendre le contrôle de l’industrie pétrolière vénézuélienne, avec l’objectif affiché de la « reconstruire » grâce aux compagnies américaines, après la capture du président Nicolás Maduro lors d’une opération militaire. Sur le papier, le potentiel est colossal. Dans les faits, les obstacles sont nombreux et les résultats loin d’être immédiats.
Le Venezuela dispose en effet des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 303 milliards de barils, soit près de 17 % des réserves globales. Pourtant, le pays ne produit aujourd’hui qu’environ 1,1 million de barils par jour, moins de 1 % de la production mondiale. Une chute vertigineuse par rapport à la fin des années 1990, lorsque la production dépassait les 3,5 millions de barils quotidiens.
En cause : des décennies de sous-investissement, de corruption, de mauvaise gestion et de sanctions internationales. L’infrastructure pétrolière, longtemps présentée comme intacte, est en réalité profondément dégradée. Les spécialistes du secteur estiment qu’il faudra des années et des dizaines de milliards de dollars pour espérer un redressement significatif. Selon plusieurs analystes, faire passer la production de 1 à 4 millions de barils par jour nécessiterait près de dix ans et environ 100 milliards de dollars d’investissements.
Sur les marchés, l’effet immédiat de l’annonce reste limité. Le Venezuela est membre de l’OPEC, et sa production est déjà intégrée aux équilibres globaux. Par ailleurs, le marché mondial connaît actuellement un surplus d’offre. Les cours du brut sont donc restés relativement stables, avec un léger recul du pétrole américain et du Brent dans les heures qui ont suivi les déclarations de Trump.
L’enjeu est avant tout stratégique. Le pétrole vénézuélien est un brut lourd, particulièrement recherché pour la production de diesel et de carburants industriels, aujourd’hui en tension sur les marchés mondiaux. Les raffineries américaines du Golfe du Mexique ont longtemps été conçues pour traiter ce type de pétrole, à une époque où les importations vénézuéliennes et mexicaines étaient abondantes. Un retour massif du brut vénézuélien faciliterait leur fonctionnement et pourrait contribuer à faire baisser durablement les prix de certains carburants.
Mais avant d’en arriver là, les compagnies américaines réclament un prérequis essentiel : la stabilité politique et juridique. Le flou reste total quant à la gouvernance future du pays. Si Donald Trump affirme que les États-Unis « dirigent » désormais le Venezuela, des figures du régime sortant continuent de contester cette prise de contrôle. Sans garanties claires sur le respect des contrats, peu d’acteurs majeurs sont prêts à investir.
L’histoire récente incite à la prudence. En 2007, le président Hugo Chávez avait nationalisé une grande partie du secteur pétrolier, poussant des groupes comme ExxonMobil ou ConocoPhillips à quitter le pays. Aujourd’hui, Chevron est la seule grande compagnie américaine encore présente, via des coentreprises avec la société publique PDVSA, pour une production d’environ 250 000 barils par jour.
Au-delà de l’économie, le projet américain soulève aussi des questions juridiques sensibles. La saisie des ressources d’un État souverain par une puissance étrangère pose des problèmes évidents au regard du droit international. Certains juristes soulignent qu’une force occupante ne peut légalement s’approprier les richesses naturelles d’un pays. L’administration Trump, elle, semble prête à balayer ces objections, estimant que le régime précédent n’exerçait pas une autorité légitime.
En toile de fond, la dimension géopolitique est centrale. Un redressement durable de la production vénézuélienne permettrait de réduire la dépendance mondiale au pétrole russe, notamment pour les produits lourds, et d’exercer une pression supplémentaire sur Moscou. Un scénario qui explique l’intérêt marqué de Washington pour ce dossier.
Mais entre ambitions politiques, contraintes économiques, incertitudes juridiques et réalités industrielles, la renaissance pétrolière du Venezuela s’annonce longue, coûteuse et loin d’être garantie. Une chose est sûre : le pétrole vénézuélien, aussi abondant soit-il, ne se remettra pas en production par décret présidentiel.
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3 réponses à “Venezuela : le plan de Trump pour reprendre le pétrole se heurte à la réalité économique et politique”
Certes les USA doivent faire face tout d’abord à des souscripteurs de dettes 1 billion de renouvellement par mois et autant en intérêts pour une année. Les fameux bons du trésor que Russie et surtout la Chine liquident contre de l’OR. Alors pour contourner la dédollarisation, les USA comme tout empire en effondrement, font de la menace partout dans le monde. On appelle cela le déclin avant la fin. Ce genre de guerre coup de poing va donc faire réfléchir tous les pays des BRICS, les futurs adhérents menacés par les Etats Unis, tous les pays d’Amérique du Sud qui doutaient, mais sont maintenant fixés de s’allier. Le 4ème Reich des USA va devoir faire face à plus de dédollarisation, plus de financement, donc plus de fausses monnaies virtuelles. Ses soit disant désirs d’exploiter le pétrole lourd vénézuélien va se heurter aux investissements comme cité. En déboire avec l’Ukraine pas encore exploitable à cause de l’insécurité et de la corruption le coût est de 400 milliards. Puis les projets de conquérir Cuba, faire la guerre à l’Iran, prendre le Groenland par -30 pour exploiter, seule la Russie sait le faire et n’a aucunes intentions belliqueuses. Devant toutes leurs dettes de plus de 40’000 milliards, les désirs de conquêtes mégalomanes, alors qu’ils n’ont même pas les moyens de mettre en océan 2 escadres, empruntent pour payer les intérêts de leurs dettes, on peut rester septiques comme en France en faillite aussi.
Les USA exploitent (volent) le pétrole de Syrie depuis 10 ans le pétrole de l’IRAK depuis la guerre du golfe, il lorgne sur le gaz de Gaza, au prix d’un génocide, la Lybie a capitulé après la mort de Kadhafi (il voulait créer une monnaie africaine basée sur l’or!), le Soudan, le Yemen..Tous payent depuis les indiens la soif de richesses de quelques angloaméricains. Car cela ne profite pas aux américains de base, ni aux européens qui s’appauvrissent à vitesse V. Les pays visés payent leur tribut en morts, en familles détruites, en invalides. Et tout va pour le mieux. Qui terrassera le dragon ?.. ah oui, Saint Georges est le Saint Patron de la Russie…
Supers articles dans le Courrier International à ce sujet, pour info…