Voici un nouvel extrait de La Légende de la mort en Basse-Bretagne, recueillie par Anatole Le Braz, pour accompagner jour après jour les lecteurs de Breizh-info.
La main sur la porte
C’était au Pont-Labbé, il y a bien soixante-dix ans. Ma grand’mère était très malade, presque à l’article de la mort. Ma mère la veillait, en compagnie de ses trois sœurs.
Vers le milieu de la nuit, ma mère dit à ses trois sœurs qui étaient encore un peu jeunes et que la fatigue accablait.
— Allez vous reposer, enfants. La moitié de la nuit est déjà passée. Je veillerai bien, seule, maintenant, jusqu’au matin.
Et les trois fillettes de gagner leur chambre commune.
Au moment où celle qui était entrée la dernière fermait la porte, elle fit un grand cri :
— Voyez donc !
Sur le bois de la porte une main s’étalait, les cinq doigts ouverts, une main maigre, osseuse et ridée, avec de grosses veines saillantes. Et cette main était toute pareille à celle de la moribonde.
Les jeunes filles furent prises de tristesse ; elles s’agenouillèrent au pied de leurs lits pour faire leur prière, comme elles avaient coutume.
Mais elles eurent beau enfoncer leurs têtes dans les matelas des lits et appliquer toute leur pensée à l’oraison qu’elles récitaient, elles songeaient toujours, malgré elles, à la main, et ne pouvaient s’empêcher de glisser un regard de côté pourvoir si elle apparaissait encore.
La main restait collée à la même place.
Soudain, ma mère monta :
— Venez, dit-elle, je crois que c’est la fin.
Elles redescendirent toutes les quatre et arrivèrent juste à temps pour recevoir le dernier soupir de la vieille.
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2 réponses à “La Légende de la Mort (Anatole le Braz) racontée chaque jour sur Breizh-info.com : La main sur la porte”
A propos de Pont-Croix (Pontekroaz) ((= kroez chez moi)) évitez la grand route pour aborder la cité, venir du nord de la D7 ou du sud route de Plouhinec, Poulgoazec, Landudal et alors on découvre de vieux quartiers du XVIIe et on se demande comment cette bourgade avec ces vieilles maisons de caractères a…sombré dans l’anonymat aujourd’hui. Sans oublier son petit séminaire qui tira vers le haut tant d’enfants de la campagne. A-wechoù mat eo da lâr ar wirionez.
Personne n’a d’opinion…Tristik eo! Dans ma famille à G.V. la dernière veillée à demeure eut lieu en 1961 et je ne vis que la première partie, la congrégation du lieu vint groupée et tomba à genoux devant le corps de l’abbé avant les prières…puis restèrent les plus jeunes de la famille sauf les enfants. A Vannes seuls les vieux meubles dialoguent entre eux. Les tableaux bougent et personne ne prend place sous le tableau (simple copie) représentant le Marquis d’Elbée fusillé à Noirmoutier, tableau offert à mon oncle par le descendant du marquis.