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Voici un nouvel extrait de La Légende de la mort en Basse-Bretagne, recueillie par Anatole Le Braz, pour accompagner jour après jour les lecteurs de Breizh-info.
Iannic-ann-ôd
Les noyés, dont le corps n’a pas été retrouvé et enseveli en terre sacrée, errent éternellement le long des côtes.
Il n’est pas rare qu’on les entende crier, dans la nuit, lugubrement :
— Iou ! Iou !
On dit alors, dans le pays de Cornouailles :
— E-man-Iannic-ann-ôd o iouall ! (Voilà Iannic-ann-ôd, — Petit-Jean de la grève, — qui hurle !)
Tous ces noyés hurleurs sont instinctivement appelés Iannic-ann-ôd.
Iannic-ann-ôd n’est pas méchant, pourvu qu’on ne s’amuse pas à lui renvoyer sa plainte sinistre. Mais, malheur à l’imprudent qui se risque à ce jeu ! si vous répondez une première fois, Iannic-ann-ôd franchit d’un bon la moitié de la distance qui le sépare de vous ; si vous répondez une deuxième fois, il franchit la moitié de cette moitié ; si vous répondez une troisième fois, il vous rompt le cou.
Un domestique de ferme revenait de conduire les bêtes aux champs, un soir d’été, dans le temps où l’on commence à leur faire passer les nuits dehors. Comme il cheminait par un sentier de grève, il entendit sonner sur les galets les sabots de Iannic-ann-ôd. Le domestique était un luron. Il savait toutes les histoires qui se débitent, aux veillées d’hiver, sur le compte de Iannic-ann-ôd, et il s’était promis de les vérifier à la première occasion.
— Ma foi, se dit-il, je vais en avoir le cœur net.
En garçon avisé toutefois, il attendit d’être assez près de la ferme, avant de répondre aux « Iou » stridents, que poussait derrière lui le rôdeur de plages.
Alors seulement, il poussa à son tour un « Iou » sonore.
Iannic-ann-ôd fut sans doute interdit de tant d’audace, car il se tut subitement. Le domestique constata qu’en revanche il s’était fort rapproché. Sa silhouette apparaissait maintenant là-bas, à l’autre bout du sentier, toute noire dans le clair de lune.
Voici les cris de reprendre de plus belle.
Cette fois, le domestique n’y fit écho qu’arrivé au milieu de la cour de la ferme.
Iannic-ann-ôd touchait à ce moment à la barrière.
Il hurlait avec une rage croissante :
— Iou ! Iou ! Iou !
Il y avait de la provocation dans sa plainte.
Le domestique s’était mis à courir vite, vite, aussi vite que s’il avait eu des ailes aux talons.
Parvenu au seuil du manoir, il cria le troisième « Iou », en même temps qu’il refermait le lourd battant de chêne.
Un formidable coup s’abattit du dehors sur la porte ; on eût juré qu’elle volait en éclats. Et la voix du hurleur s’éleva menaçante :
— Passe pour une fois : mais si tu y reviens, je ferai de toi un homme !
Le domestique se l’est tenu pour dit.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “La Légende de la Mort (Anatole le Braz) racontée chaque jour sur Breizh-info.com : Iannic-ann-ôd”
Pa bihan ‘pad ar vakansoù edon (e oan) ti me mamm-gozh Mari ur vaouez santel er Gelvenek hag pa ar mor a oa uhel hag an a’el a vleuje, digoret ar prenestr ganin ha skoachet mat em wele din e kreiz ar bluenn tomm tre din-me, dispar-tre! Ha me a gleve e-kreiz an a’el bleujadennoù…ha goude d’ar vintin e gonten d’am mamm gozh…ha Mari lâre din…tu as entendu Yann an aod il ne t’as pas emporté car il t’as pris en affection il sait que tu es né ici bercé par les vents et les bruits de la mer. Eñvorennoù amzerioù paseet! Siwazh!