Rassemblement national (RN) : Purge préventive, trahison politique et soumission idéologique à la gauche

Il y a des moments où le masque tombe. Où l’on cesse de parler de stratégie pour appeler les choses par leur nom : une capitulation.

La dernière scène en date d’une longue série  ? Une députée du RN, Lisette Pollet, qui se sépare précipitamment de son collaborateur parlementaire après deux articles de la presse mainstream et militante de gauche. Deux papiers. Deux injonctions morales venues d’en face. Et voilà qu’on coupe des têtes pour prouver sa respectabilité.

Qu’on coupe la tête d’un homme qui vient de perdre, la semaine dernière, l’un de ses meilleurs amis assassinés par les antifas. Double peine, infligée par ceux qui prétendent pourtant incarner le camp national. Au nom d’un engagement politique passé (pas d’une condamnation judiciaire et personnelle infamante) et de tweets anonymes. Extrémiste dans les paroles, certes. Mais passé. (Faut il éliminer de la surface de la terre, et tuer socialement et économiquement, tous ceux qui ont eu un engagement y compris extrême dans leur jeunesse ?). Le timing interroge par ailleurs.

Se justifier, c’est déjà s’excuser. Mais cet exemple n’est qu’un parmi une longue liste de « purges » effectuées depuis des années maintenant, par peur des réactions du système.

Pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon et les siens font bloc. Coûte que coûte et toute la journée. Qu’il s’agisse d’un dérapage, d’une provocation ou d’un soutien douteux, la consigne est simple : on tient la ligne. On protège les siens. On avance groupés.

Au RN ? On purge. On s’excuse. On se désolidarise. On supplie presque. On annonce des dissolutions à droite et à gauche en cas d’élection.

Le contraste est saisissant.

Lorsque Jordan Bardella intime à ses élus de ne pas se rendre à la marche d’hommage à Quentin Deranque, il ne s’agit pas seulement d’éviter des affrontements. Il s’agit d’envoyer un message.

À qui ? Aux éditorialistes, aux ministères, aux salons parisiens. Regardez-nous : nous sommes raisonnables. Nous sommes fréquentables. Nous savons nous séparer des nôtres (oui les nôtres, car il ne faut pas oublier qu’il y a des réseaux, des amitiés, des copinages, mais sous la table bien entendu). Nous sommes gentils. Nous n’avons surtout rien à voir avec ceux qui luttent contre l’immigration (et qui paient souvent le prix de leur engagement), c’est à dire pourtant notre fond de commerce électoral.

Car ne nous y trompons pas. Derrière les mots policés sur « la cohérence de la ligne », il y a une réalité plus crue : la peur panique d’être assimilé à l’ultradroite. La volonté obsessionnelle de se distinguer de tout ce qui dépasse. La dédiabolisation poussée jusqu’à l’autocastration.

Dissolution annoncée de groupuscules avant même d’être au pouvoir. Purges internes régulières. Mise à distance de ceux qui, pendant des années, ont tenu le terrain culturel, militant, médiatique, souvent seuls, souvent diffamés, parfois poursuivis.

Tous ceux qui ont diffusé, avant le RN, les thèmes aujourd’hui repris dans ses discours : identité, immigration, insécurité, souveraineté. On les a utilisés. On les a ringardisés. On les jette. On les purge alors même que sans eux, les députés, conseillers régionaux, départementaux, ne mangeraient pas leur gamelle mensuelle. Sans l’agit-prop de ces dernières décennies, sans le combat médiatique alternatif, pour lever le voile sur les compromissions du système, les députés RN ne seraient pas aussi nombreux à l’Assemblée nationale, et Jordan Bardella ne serait pas en mesure d’être président de la République.

Et tout cela pour quoi ? Pour atteindre les fameux 50 % à la présidentielle. Pour rassurer « le centre ». Pour apparaître comme le RPR des années 1990, version toilettée, cravate droite et langage aseptisé ? Pour finir comme Chirac en 2002, leader de la lutte antifasciste contre Jean-Marie Le Pen ? La boucle serait bouclée…

On nous promettait une table renversée. On obtient une chaise ajoutée à la table existante. Certains continuent d’y croire. Ils se disent que c’est une stratégie. Qu’une fois au pouvoir, l’ADN initial reviendra. Que la fermeté viendra après la victoire. Qu’il faut quand même voter pour eux, « parce qu’il n y a plus le choix ». Illusion totale.

Comment imaginer qu’un parti qui se recentre méthodiquement, qui écarte les plus déterminés, qui rompt avec ceux qui incarnent la radicalité de ses thèmes, pourrait soudain se « re-radicaliser » une fois au sommet ? Une fois élu, il devra déjà affronter une moitié du pays hostile, des institutions méfiantes, des médias en embuscade, une haute administration rétive. Croyez-vous qu’il choisira ce moment-là pour durcir le ton ?

Non. Il gouvernera avec prudence. Avec compromis. Avec calcul. Il offrira des postes aux plus modérés, aux ralliés de la dernière heure. A ceux qui sont capables de s’étouffer chaque matin avec des couleuvres jusqu’aux tripes. Et ceux qui rêvent d’un sursaut découvriront qu’il n’y a plus personne pour l’incarner.

Le drame n’est pas seulement stratégique. Il est moral.

Un parti qui prétend incarner l’opposition nationale rejette ceux qui, parfois maladroitement, parfois excessivement, mais sincèrement, ont porté les mêmes thèmes dans la rue, dans les associations, dans les médias alternatifs. Au lieu de les intégrer, de les canaliser, de les former, il les traite comme des embarras.

Cette logique est suicidaire.

Car un mouvement politique n’est pas qu’une machine électorale. Il est aussi un écosystème. Une avant-garde intellectuelle. Une base militante. Une capacité d’occupation culturelle. En rompant avec cet écosystème, le RN se transforme en parti classique, dépendant des sondages et des plateaux télé.

Il croit gagner en respectabilité. Il perd en profondeur.

La vérité est brutale : ce pays glisse. Et sa principale force d’opposition institutionnelle choisit l’édulcoration plutôt que l’affirmation. Elle renonce à ceux qui ont préparé le terrain pour séduire ceux qui ne voteront jamais pour elle. On peut continuer à mettre des bulletins dans l’urne en espérant un réveil tardif. On peut se raconter que « c’est la seule option ».

Mais il faut au moins avoir le courage de regarder les choses en face : on ne reconquiert pas en s’excusant d’exister. On ne change pas un régime en imitant ses codes. Et on ne bâtit pas une alternative en trahissant ceux qui ont tenu la ligne quand elle n’était pas rentable.

La dédiabolisation permanente finit toujours par produire une chose : la dilution..avant la trahison finale.

YV

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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23 réponses à “Rassemblement national (RN) : Purge préventive, trahison politique et soumission idéologique à la gauche”

  1. Kermadec dit :

    Bardella perd son temps car quoi qu’il fasse il sera toujours diabolisé…

  2. Rochereau dit :

    Décidément, le RN n’est pas l’AFD allemande et Marine Le Pen n’est pas Alice Weidel! sans même parler de ce pauvre Bardella.

  3. jver dit :

    Excellent! J’ai également été très choqué par les conseils de prudence du grand cravaté. Et comme chaque fois au RN, le sous-chef dit et toute la clique applaudit! Le RN est devenu, sous la houlette de MLP , une officine crypto-socialiste de LR! Malheur! Avec le RN, le macronisme a encore de beaux jours devant lui!

  4. André dit :

    Ca me rappelle un article d’au moins un an, je ne sais plus ni de qui ni où mais le fond était le même. Mais ajoutait une chose : Z, lui, ne change pas de ligne. Cette critique n’est pas nouvelle. Je ne sais pas si MLP se rend compte que Z n’attend que le moment de la récolte.

  5. André dit :

    Tout chef d’entreprise sait que licencier quelqu’un, c’est montrer une forme d’incompétence dans le recrutement. Donc, au maximum, on évite voire on encourage à sortir mais on ne brandit pas l’acte comme un étendard de sainteté.

  6. Jakez GWILLOU dit :

    Comment ne pas s’apercevoir que nous avons affaire à des politiciens pur jus, dont le carriérisme tient lieu de seule boussole ? Leur discours, leur soumission totale au politiquement correct pour ne pas froisser la susceptibilité de l‘Etat profond et pour ne pas subir les réactions agressives de la Gauche morale et triviale, militent en ce sens. Comment peut-on espérer le redressement de notre pays sous l’égide d’un RN qui a renié, avant son arrivée au pouvoir, tous les fondamentaux qui en faisaient l’attrait, l’originalité en nourrissant l’espérance des autochtones de voir leur patrie se perpétrer après eux ? Ces politicards peuvent donner le change à certains, non à ceux qui possèdent un minimum de culture politique et une mémoire.

  7. guillemot dit :

    Ce qui prouve une fois de plus que le RN est un parti sans convictions personnelles , sans colonne vertébrale prêt à tout pour être « dédiabolisé » et rester dans « le camp du bien » , camp cornaqué par Mélanchon.

  8. norbert jeulin dit :

    Narurellement optimiste, puisse l’avenir vous donner tort !

  9. Brounahans l'Alsaco dit :

    Depuis le temps où le RN a trahi JM il se trouve encore des citoyens qui sont surpris par le comportement de Marine et consort ? La naïveté a ses limites tout de même !

  10. Ar Vat dit :

    Vous avez raison d’insister YV !

    Le RN c’est bien pire que du Canada Dry… une terrible forgerie à laquelle il est important de s’opposer.

    Et surtout, de ne pas donner nos voix.

    Marine Le Pen, Bardella, Lisette Pollet et consorts, ne sont que des fantoches, au service de la Gauche.

    Il est grand temps de les dénoncer activement pour ce qu’ils sont réellement : des incapables.

  11. Pierre dit :

    Exactement!

  12. Marc-François de Rancon dit :

    Bien vu, bien dit. En synthèse, je répète ce dont j’avertis depuis longtemps : les RPR et autres, ils captaient les voix des gens de droite et des nationaux naïfs pour faire une politique de gauche une fois élus, le RN lui trahit avant même d’être élu.

  13. Brun Daniel dit :

    Totalement d’accord. La couardise devant les risques de ne pas être élu ou réélu l’emporte sur toute autre considération, sans même parler de conviction.

  14. Mango dit :

    Pas forcément ; tant que le RN n ‘est pas au pouvoir ,surtout vu l ‘ instabilité de notre époque ,difficile de se prononcer sur sa future action ; une chose est sûre , il faudra une extrême fermeté et une autorité sans faille pour tenter de rétablir l ‘ ordre ; et puis , voter pour qui alors ? mais n ‘ oublions pas que si le peuple vote « mal » Thierry Breton s ‘ en occupera …

  15. JLP dit :

    Il y a quelque chose de problématique avec nos élus. Naguère (2017), un candidat était élu sans être connu (ni compétent) à la seule condition d’être investi « macroniste ». Avec les candidats LFI et RN, c’est encore pareil : les candidats ne sont pas élus pour leurs compétences mais pour leur fidélité au Parti. Souvent des godillots sans la moindre épaisseur intellectuelle, sans la moindre envergure politique : ils sont si médiocres que le Parti (RN ou LFI) leur demande de ne pas répondre aux journalistes, de se faire oublier. Faisons les comptes : à LFI on connaît une quinzaine d’agitateurs de première bourre, les autres leur servant juste de claque à l’Assemblée… Au R.N. en connaît-on seulement autant ? Un type de l’envergure de Guillaume Bigot a disparu des medias, car j’imagine que le clan Le Pen se méfie de cet ex-chevènementiste. Je ne suis pas capable de citer douze intervenants RN sur CNews ou Europe 1 ou Sud-Radio (de plus en plus écoutable, au fur et à mesure qu’Europe 1 s’affaisse), ce n’est pas qu’on ne les invite pas, c’est qu’ils n’ont rien à dire en dehors de deux ou trois sujets fétiches… Mais ne désespérons pas, ils conservent des chances d’être réélus – au moins ceux de LFI – puisqu’une séide animaliste de Glucksmann a déclaré qu’elle voterait pour une chèvre plutôt que pour Bardella.

  16. MICHELE dit :

    Allo ! L’électorat RN !!!
    Urgent de faire la révolution des œillères.
    La fille de son Père vous trahit, trop boutiquière, trop gamelarde.
    Vous valez mieux que la combinacione…

  17. Rycart dit :

    Il ne reste donc que Asselineau dont le discours ne varie pas en fonction des sondages…
    Le RN veut-il le pouvoir ou préfère-t-il rester dans l’opposition : c’est pépère et juteux !

  18. Michel dit :

    Jean-Marie au secours !

    Le menhir n’est plus là. Impossible de compter sur sa fille de tendance gauchisante. Il reste qui ? Z ? Je préfère Knafo. Asselineau ? Il aura besoin d’un premier ministre avec du charisme. Phillipot ? Il dit des choses justes comme Knafo mais j’ai comme un doute… Dommage que de Villiers ne sera pas candidat (je crois qu’il l’a dit).

    Bref, tant que la France ne redeviendra pas la « Fille aînée de l’Église », rien ne sera possible.

  19. RAYMOND NEVEU dit :

    Depuis le temps que j’attire votre attention sur le Grand Benêt sorti du seau de la femme de ménage…tout est faux chez lui! Manifestement il reçoit des cours de maintien, devant Rochebin il jouait au chef d’entreprise, ses réponses sont mécaniques, apprises par coeur comme les réponses de L’I-mbécilité A-utomatique », et il a le temps d’écrire cet intellectuel crétin sans diplôme qui n’est qu’un sparadrap italo-macaroni chez les Le Pen! Leur programme économique est socialiste. Oui Bigot a été étouffé!!!

  20. Cony dit :

    Très bonne analyse. (Hélas!)

  21. Yvette Mme Prétet dit :

    Les représentants du R.N ne sont pas responsables des actions répréhensibles que font certains de leurs électeurs mais nos  »gouvernants » profitent du fait qu’un électeur du R.N. a commis un acte ignoble pour répéter que TOUS les électeurs du R.N. ne sont pas fréquentables ainsi, lors de la fête de Jeanne d’Arc, le 1er mai 1995,un électeur du R.N., se trouvant dans le cortège, a jeté, dans la Seine,Bouarma..et depuis les Gauchistes ne cessent de dire que TOUS les électeurs du R.N. sont racistes…pourtant quand il y un attentat islamiste, les Gauchistes crient  »Pas d’amalgame »!..

  22. Ubersender dit :

    Le parti devant soutenir le véritable candidat de l’oligarchie – qui a urgemment besoin d’un digne successeur à Macron – se doit de donner des gages d’alignement, de stabilité, de bonne conduite, d’entregent en bienpensance et de conformisme mondialo-compatible. Et là le RN – dont la ligne est encore souvent perçue dans les campagnes comme celle pas ou peu modifiée de JM Le Pen – se donne à fond … pour mieux se faire arnaquer comme l’a été la Marine en récompense de tous ses efforts de « dédiabolisation » ; résultat : inéligible et contente !

  23. Denise dit :

    Ni Zemmour, ni Knaffo, ni de Villiers, ni Retailleau, ni la famille de Quentin n’étaient présents à la manifestation de Lyon.

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