Une fracture traverse la classe politique polonaise sur la question du silésien. Est-ce la langue régionale de Silésie (Voïvodies de Silésie et d’Opole. Sud-ouest de la Pologne) mais également en Allemagne et en Tchéquie et, partant, une langue à part entière ou est-ce un simple dialecte polonais. Depuis 2007, les militants autonomistes silésiens cherchent à faire reconnaître leur idiome comme langue régionale officielle, demande toujours rejetée par la Diète car elle est souvent liée à une demande d’autonomie d’une région connue pour son identité forte et sa volonté de s’auto-administrer sans toutefois vouloir rompre avec Varsovie. Le RAS (Mouvement Autonomiste Silésien) est d’ailleurs un allié historique du PSL, le Parti Paysan, démocrate-chrétien, agrarien et plutôt conservateur à la mode polonaise.
En ce début d’année, la majorité au parlement polonais vient d’approuver une loi reconnaissant le silésien comme « langue officielle régionale », ce qui constitue une victoire pour les autonomistes dans un pays qui a subi depuis 2014 une vague de recentralisation larvée. Le pays n’est pourtant pas autant centralisé que la France puisque l’Hexagone est l’un des pays les plus centralisés et jacobins du monde, mais l’administration centrale s’emploie à rogner petit à petit les libertés locales. Et, il faut bien le reconnaître, cette centralisation a été accentuée et organisée par le PiS au pouvoir.
Pourtant, jusqu’au sein du PiS, le parti Droit et Justice, conservateur, plusieurs sensibilités, jacobines ou girondines, se font face. Sur la question du silésien, cette divergence est encore plus flagrante entre des partisans de la reconnaissance et des adversaires farouches, arguant de la « polonité » de la langue. Andrzej Duda, l’ancien président polonais issu du PiS est, par exemple, un adversaire résolu du silésien arguant, sans rire, que sa reconnaissance aurait pu « menacer la sécurité nationale ».
Cette reconnaissance désormais officielle permettra l’enseignement de la langue dans les écoles de Silésie et son utilisation dans l’administration locale des municipalités où au moins 20 % de la population déclare la parler (chiffres du dernier recensement). Elle octroiera également des financements supplémentaires pour la préservation de la langue.
Des nationalistes toujours majoritairement jacobins
Lors d’un vote vendredi 09 janvier à la Diète, la chambre basse du Parlement, une majorité de 244 députés a approuvé le projet de loi. Ces députés appartenaient presque tous à la coalition au pouvoir du Premier ministre Donald Tusk, qui regroupe des personnalités de gauche et de centre-droit.
Les 196 votes contre le projet de loi provenaient de l’opposition de droite, composée du PiS, de Konfederacja (marqué à droite) et de quelques formations plus petites.
Dans beaucoup de pays, jusqu’en France avec le Rassemblement National ou en Espagne avec VOX, la question identitaire et des autonomies locales préservant le caractère propre des populations enracinées des territoires, est encore un motif de crispation et de mauvaise compréhension des enjeux. Le jacobinisme et le nationalisme centraliste et désincarné participent pourtant de l’aliénation des peuples et de la notion de « déracinement interne ». A l’échelle européenne, les Flamands du Vlaams Belang, les identitaires catalans d’Aliança Catalana ou corses de Palatinu ainsi que les vrais nationalistes Irlandais ont, pour leur part, un avis beaucoup plus réaliste sur cette question.
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