La cyberattaque qui a visé la Fédération nationale des chasseurs (FNC) n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une série noire qui touche, en quelques semaines, des fédérations sportives, des organismes publics et des plateformes privées manipulant des données sensibles. À chaque fois, le même scénario se répète : des fichiers piratés, des millions de données personnelles compromises, et une réponse institutionnelle réduite à des communiqués lénifiants appelant à la « vigilance ».
Le 20 janvier 2026, la FNC a reconnu avoir été victime d’un piratage informatique affectant ses systèmes d’information. L’organisation a indiqué que l’attaque avait été contenue rapidement et qu’aucune donnée bancaire ni mot de passe n’étaient concernés. En revanche, un accès non autorisé à des informations personnelles a bien eu lieu, notamment des données administratives liées au permis de chasser.
Derrière cette communication prudente, d’autres éléments sont apparus. Selon plusieurs spécialistes du renseignement et de la cybercriminalité, les données de près de 1,4 million de chasseurs français auraient été proposées à la vente sur des forums fréquentés par des cybercriminels. Identités complètes, adresses postales, numéros de téléphone, adresses électroniques, numéros de permis, historiques de formation et éléments de facturation figureraient parmi les informations concernées.
Quand la fuite de données devient un risque physique
Le problème ne relève plus seulement de la protection de la vie privée. Lorsqu’il s’agit de fichiers concernant des détenteurs légaux d’armes à feu, la menace devient très concrète. Les adresses de centaines de milliers de chasseurs sont désormais susceptibles de circuler dans des réseaux criminels, exposant directement les personnes concernées à des cambriolages ciblés ou à des escroqueries sophistiquées.
Des précédents existent. À l’automne 2025, après le piratage de la Fédération française de tir, plusieurs membres avaient été victimes de vols d’armes, parfois à la suite de visites de faux policiers se présentant pour des contrôles administratifs. À Nice comme dans le Rhône, des faits similaires ont été signalés. Rien n’indique que les chasseurs seront épargnés.
Les responsables associatifs s’inquiètent ouvertement. Au-delà du préjudice individuel, c’est la circulation d’armes volées qui pose question. Une fois sorties du cadre légal, ces armes alimentent des circuits incontrôlables, avec des conséquences potentielles en matière de sécurité publique.
Une vague de piratages sans précédent
La FNC n’est qu’un maillon d’une chaîne plus large. La Fédération française de golf a récemment confirmé un vol de données touchant ses adhérents. La Fédération française de tennis, quelques jours plus tôt, avait reconnu une fuite concernant plus d’un million de licenciés. Là encore, adresses postales et informations administratives figuraient parmi les données compromises.
Plus grave encore, l’URSSAF a annoncé une fuite massive concernant jusqu’à 12 millions de salariés récemment embauchés. Noms, prénoms, dates de naissance, employeurs et dates d’embauche auraient été accessibles à des tiers non autorisés. Si certains éléments sensibles n’auraient pas été touchés, le volume donne la mesure du problème.
Dans le secteur privé, la plateforme Waltio, spécialisée dans l’accompagnement fiscal des détenteurs de cryptomonnaies, fait l’objet d’un chantage de hackers. Des milliers de données associant adresses mail et patrimoine en cryptoactifs seraient concernées, dans un contexte déjà marqué par une recrudescence de home-jackings et d’enlèvements ciblant des investisseurs.
Silence politique et réponses minimales
Face à cette accumulation de failles, la réponse des pouvoirs publics interroge. Les procédures sont systématiquement les mêmes : information de la CNIL, dépôt de plainte, appel à la vigilance. Aucune prise de parole politique forte, aucune remise à plat de la sécurisation des bases de données sensibles, aucune stratégie visible pour anticiper les conséquences physiques de ces fuites numériques.
Or les cyberattaques ne sont plus de simples incidents techniques. Elles ont désormais des répercussions directes sur la sécurité des personnes. Détenteurs d’armes, investisseurs, salariés, responsables associatifs ou simples licenciés sportifs se retrouvent exposés, souvent sans moyens concrets pour se protéger.
L’impression qui domine est celle d’un État réactif sur le papier, mais absent sur le fond. Alors que les fichiers régaliens, associatifs ou professionnels semblent accessibles « comme dans un moulin », la question n’est plus de savoir si d’autres attaques auront lieu, mais quand, et avec quelles conséquences.
Dans ce contexte, l’inaction n’est plus neutre. Elle devient un facteur aggravant d’insécurité, laissant aux citoyens la charge de gérer seuls les retombées d’un numérique devenu hors de contrôle.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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