Une étude publiée en janvier 2026 sur l’état de la « préparation à l’école » (school readiness) dresse un constat préoccupant : une part croissante des enfants entame l’école primaire sans maîtriser les compétences de base nécessaires à une scolarité sereine. Réalisée auprès de plus de 1 000 enseignants et 1 000 parents d’enfants entrant en classe de Reception (équivalent de la grande section), cette enquête met en lumière une dégradation continue depuis plusieurs années, avec des conséquences concrètes sur l’ensemble du système scolaire
Une dégradation nette depuis 2024
Selon les enseignants interrogés, 37 % des enfants entrant à l’école en 2025 ne sont pas considérés comme “prêts”, contre 33 % l’année précédente. Cette notion ne renvoie pas aux apprentissages scolaires au sens strict, mais à des compétences élémentaires : autonomie, langage, régulation émotionnelle, capacité à suivre des consignes ou à interagir avec les autres.
Les difficultés les plus fréquemment citées concernent des gestes de la vie quotidienne. 26 % des enfants ne sont pas propres à l’entrée à l’école, un chiffre en hausse constante depuis 2023. 28 % ne savent pas manger ou boire seuls, et 25 % présentent des lacunes importantes en langage de base, comme répondre à une question simple ou dire leur prénom. Les enseignants signalent également des problèmes d’attention, d’écoute et de gestion des émotions.
Un impact direct sur le temps d’enseignement
Ces difficultés ne concernent pas seulement les enfants les plus en retard. L’étude montre qu’elles affectent l’ensemble de la classe. En moyenne, les enseignants estiment perdre 2,4 heures d’enseignement par jour pour gérer les besoins de rattrapage, contre 2,1 heures en 2024. Plus de la moitié de ce temps – 1,4 heure quotidienne – est consacrée à la gestion de la propreté.
Sept enseignants sur dix jugent que la présence d’enfants non propres a un impact modéré ou majeur sur la progression de la classe. À long terme, 56 % estiment que la majorité de ces enfants n’atteindra pas un niveau de développement satisfaisant à la fin de l’année scolaire, ce qui pose la question de l’accumulation des retards dès les premières années.
Un fossé entre perception des parents et réalité scolaire
Malgré ces constats, 88 % des parents interrogés estiment que leur enfant est prêt pour l’école, et plus d’un tiers pensent même qu’il est « plus prêt que la moyenne ». Ce décalage entre la perception familiale et l’expérience en classe est l’un des enseignements majeurs de l’étude.
S’il existe un consensus théorique sur certaines responsabilités – 86 % des parents reconnaissent que la propreté relève avant tout de la famille –, les attentes concrètes sont plus faibles. 22 % des parents estiment qu’un enfant n’a pas besoin d’être propre pour entrer à l’école, et une proportion significative considère que la gestion des émotions ou la capacité à rester assis n’est pas une compétence indispensable à cet âge.
L’étude souligne également de fortes disparités régionales. Les difficultés sont plus marquées dans certaines zones, notamment dans le nord et les grandes métropoles. Dans le nord-est de l’Angleterre, 36 % des enfants arrivent à l’école sans être propres, contre une moyenne nationale de 26 %. Globalement, les régions les plus touchées sont celles où la précarité sociale est plus forte et où l’accès aux structures de petite enfance est plus limité.
Le rôle des écrans et de la désorganisation familiale
Parmi les causes identifiées, les enseignants pointent massivement l’exposition excessive aux écrans. 52 % d’entre eux estiment que le temps passé sur les appareils numériques est un facteur majeur de retard, contre seulement 36 % des parents. La baisse du temps de lecture partagée, la diminution des échanges verbaux précoces et la difficulté à capter l’attention sont régulièrement citées.
L’étude met aussi en avant l’impact du coût de la vie : près de la moitié des parents et des enseignants estiment que l’allongement du temps de travail des adultes réduit le temps consacré à l’accompagnement des enfants. À cela s’ajoutent la fermeture de services de proximité, la baisse des visites de suivi médical et une moindre fréquentation des structures d’accueil avant l’entrée à l’école.
Des garçons plus en difficulté
Autre constat récurrent : les garçons sont plus souvent jugés en retard que les filles, notamment en langage, en autonomie et en régulation émotionnelle. Plus de la moitié des enseignants interrogés estiment que les garçons arrivent globalement moins préparés, une tendance accentuée chez les enfants nés en fin d’année scolaire.
Enfin, l’étude souligne l’impact humain de cette situation. 55 % des personnels scolaires déclarent une hausse du stress, 28 % une baisse du moral, et près d’un cinquième évoque une augmentation du turnover. La gestion de besoins élémentaires mobilise des ressources au détriment de l’enseignement proprement dit, créant un effet de saturation dans les écoles.
Face à ce constat, une large majorité des parents et des enseignants plaident pour une information plus précoce et plus claire, dès les premières années de l’enfant. 94 % des parents souhaitent des repères nationaux sur les compétences attendues, et 84 % estiment que ces informations devraient être diffusées avant l’âge de quatre ans.
L’étude conclut que la préparation à l’école commence bien avant la rentrée scolaire : dès la petite enfance, à travers les interactions familiales, l’autonomie quotidienne et la structuration du temps. Sans ces bases, c’est l’ensemble du parcours scolaire qui se trouve fragilisé dès le départ
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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