Rien ne m’insupporte plus que de voir utiliser le beau mot de « diversité » pour qualifier des ressortissants du Tiers-Monde.
En France, il y a des territoires aussi divers que la Bretagne et la Provence. En France, il y a presque 20 langues régionales, plus une multitudes de langues d’outre-mer. Rien que sur le territoire métropolitain, ces langues régionales sont issues de 4 groupes différents : latin, celtique, germanique, basque. En France, il y a une gastronomie foisonnante, des savoir-faire locaux, des industries saines, une « géographie humaine » issue du monde des plaines, des montagnes, de la mer, de la ville, de la campagne. de la Méditerranée à la Mer du Nord.
N’importe quel Etat normalement constitué préserverait cette diversité, permettrait aux grandes écoles d’accueillir un mélange entre ville et campagne, entre nord et sud, est et ouest, îles et continent, métropole et Outres-mers, eux aussi forts divers. De Saint-Pierre et Miquelon dans l’Atlantique-Nord aux îles lointaines du Pacifique.
Et pourtant…
Et pourtant, le mot « diversité » ne s’applique plus, en France, qu’aux ressortissants de pays du Tiers-Monde. Le reste, ce sont les « Blancs ». Quelqu’un qui habite le Centre-Bretagne rural est un « Blanc », comme est un « Blanc », un habitant des beaux-quartiers de Paris ou de la Canebière à Marseille. 36 réalités différentes et pourtant, nous sommes tous un même nom. Des blonds aux yeux bleus des marches de la Flandres aux bruns à la peau foncée des rives de la Méditerranée. Le mot « diversité » nous a été volé. Au profit de population venant des quatre coins de l’Afrique et de l’Orient mais se retrouvant tous dans les « quartchiers ». La diversité aujourd’hui en France ne regroupe que les 50 nuances de région parisienne ! De Charles-Henri venant des Yvelines à Fatoumata habitant Créteil.
Mathieu venant de la Creuse est, quant à lui, assigné à résidence. Et a l’immobilisme social.
Pourtant, nous aurions pu faire de cette diversité interne à la France une force. Une richesse pour mieux comprendre la complexité de la France, loin des solutions jacobines des monstres froids de l’administration. Mais non. Il faut faire une place à la « diversité » multi-planétaire. Celle dont les parents ont été incapables de gérer leurs pays d’origine, leur révolution. Un peu comme si des millions d’Américains immigraient par flots continues en Angleterre depuis 1776.
En France, il y a 21,5 millions de ruraux qui habitent 88% de la superficie de l’Hexagone (12% pour le monde urbain). Un tiers de la population ! Ceux-ci n’ont plus de médecins, plus de maternités, plus de trains, des emplois centrés sur l’agro-alimentaire et le service à la personne ou éventuellement le tourisme et un peu d’industrie. Ils n’ont également pas grand chose en matière d’offre culturelle, d’écoles, d’enseignement supérieur. On nous a également fermé les services publics, imposé des éoliennes et étouffé notre agriculture. Et notre patrimoine bâti historique et religieux est en train de s’effondrer.
Et les ruraux n’existent même pas dans le débat public puisque toute l’attention a été focalisée depuis des années sur les « quartchiers ». La rénovation des quartchiers. La politique des quartchiers. Les émeutes dans les quartchiers. Les problèmes dans les quartchiers.
Pour des populations qui n’ont rien à faire chez nous. Qui ont des pays. Qui y retournent en vacances. Qui y préparent même leur retraite pour certains.
Les ruraux, quant à eux, n’ont même pas de parti identifié pour les représenter. Dans nombre de pays européens, il y a des partis « agrariens », en France il n’y en a pas. Le RN ? Le RN est un parti jacobin qui veut supprimer les Régions, les seules collectivités territoriales qui agissent vraiment pour les Ruraux. Le RN ne comprends rien à la question régionaliste, aux langues régionales. Le RN a deux leaders, l’une vient de Saint-Cloud, l’autre d’un « quartchier » de Région parisienne. Encore !
Reconquête ? Sarah Knafo et Eric Zemmour sont issus tous les deux de Seine Saint-Denis. Les « quartchiers » encore et encore et toujours.
Les Ruraux en France sont les véritables invisibles. Coincés entre la bourgeoisie old-school urbaine type Saint-Cloud. La bourgeoisie New-school type « loft à Montreuil » et les « quartchiers ». Cette « géographie des 12% », ces 12% de territoire qui accaparent tout : argent, pouvoir, perspectives, attention, déborde même dans les Territoires où les métropoles reproduisent le même schéma. Heureusement pondéré par les Conseils Régionaux qui, comme en Bretagne, répartissent mieux moyens, argent et actions dans la ruralité que ne le fait l’Etat.
Pour les Ruraux, il ne reste plus que la Sécession effective. Construire nos autonomies locales autour de nos langues, de nos coutumes, de notre économie. Il est d’ailleurs dommage que la question des monnaies locales n’ait pas été plus investies par les milieux conservateurs. Au Pays Basque, l’Eusko fonctionne très bien à l’échelle de la collectivité locale Pays Basque alors que les monnaies locales en Bretagne n’ont jamais quitté la sphère gaucho-utopiste.
Donc oui, nous les Ruraux, construisons ces autonomies rurales, du Massif Central au Centre-Bretagne et de la Haute-Marne à la Haute-Corse. Tout ce qui est haut, bas, loin, outre, périphérique, rives, îlien, pays, gorges, val, vallée, porte, montagnes, monts, golfe, replions-nous sur nous-mêmes tout en collaborant entre nous. N’attendons rien des villes et surtout de Paris. Votons uniquement pour des élus qui abordent la ruralité en prenant en compte tous les aspects de la question. N’écoutons pas le RN, l’UDR ou Reconquête si ceux-ci veulent nous imposer des schémas jacobins inadaptés à nos situations. Fermons-nous à tout LFI, écolo ou socialo voulant nous submerger de normes, de « diversité » ou de folies sociétales transgenrotribinaires. Inondons les sphères urbaines de nos produits, de l’agriculture à l’aluminium et rendons-les dépendants de notre production, de notre travail, de notre dynamisme. Mais gardons les bénéfices ici. Dans nos territoires. Et dans nos territoires uniquement. Et commerçons entre nous. Entre territoires. En direct. Sans passer par Paris. Que l’argent des Centre-Bretons aille d’abord en Bretagne, puis dans le Limousin et la Somme, mais sans jamais passer par Rennes, Nantes ou la Défense.
Et un jour, nous les Ruraux, nous marcherons sur Paris !
Jean-Pierre Tredia
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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