Cancer du poumon : vers un dépistage organisé aux bénéfices majeurs en santé publique

Première cause de mortalité par cancer en France, le cancer du poumon pourrait bientôt faire l’objet d’un dépistage organisé à l’échelle nationale. Après plusieurs années d’expérimentations locales et de débats scientifiques, un programme pilote national doit être lancé au printemps 2026. Objectif : détecter plus précocement les tumeurs pulmonaires chez les personnes les plus exposées au risque, afin de réduire une mortalité encore très élevée.

Ce programme, coordonné par l’Institut national du cancer (INCa), ciblera les fumeurs et ex-fumeurs âgés de 50 à 74 ans, hommes et femmes, présentant une exposition significative au tabac. En France, le tabagisme est en effet responsable d’environ 85 % des cancers du poumon. Chaque année, plus de 30 000 décès sont attribués à cette pathologie, soit près de 80 morts par jour.

Un dépistage par scanner à faible dose

Le dispositif repose sur un scanner thoracique à faible dose, un examen rapide, indolore, et faiblement irradiant. Selon les spécialistes, l’exposition correspond à environ six mois d’irradiation naturelle, un niveau considéré comme très faible au regard des bénéfices attendus. Les participants au programme se verront proposer deux scanners à un an d’intervalle, puis un examen tous les deux ans.

Les personnes toujours fumeuses bénéficieront en parallèle d’un accompagnement au sevrage tabagique. L’INCa souligne que l’association du dépistage et de l’arrêt du tabac permettrait de réduire de près de 40 % le risque de décès par cancer du poumon.

Baptisé « Impulsion » (IMPlémentation du dépistage du cancer PULmonaire en populatION), le programme prévoit le recrutement de 20 000 volontaires d’ici 2027, avec un suivi sur trois ans. Il sera d’abord déployé dans cinq régions pilotes, avant une éventuelle généralisation à l’ensemble du territoire.

Aujourd’hui, seulement un cancer du poumon sur cinq est diagnostiqué à un stade localisé. Or, c’est à ce stade précoce que la chirurgie peut être curative. À l’inverse, lorsque la maladie est détectée tardivement, les options thérapeutiques sont plus limitées et le pronostic nettement moins favorable. Le taux de survie à cinq ans reste ainsi autour de 20 %.

Le scanner thoracique à faible dose permet de repérer des nodules de très petite taille, parfois millimétriques, invisibles à la radiographie pulmonaire classique. Les essais cliniques montrent que ce type de dépistage permet de détecter une majorité de cancers à un stade précoce, avec des taux de prise en charge chirurgicale élevés.

Une méta-analyse publiée par l’organisation indépendante Cochrane, portant sur plus de 90 000 participants en Europe et en Amérique du Nord, a conclu à une réduction d’environ 20 % de la mortalité par cancer du poumon après dix ans chez les populations exposées au tabac. Une baisse plus modeste, mais significative, de la mortalité globale toutes causes confondues a également été observée.

Un changement de position des autorités sanitaires

En 2016, la Haute Autorité de santé estimait que les conditions n’étaient pas réunies pour mettre en place un dépistage organisé du cancer du poumon, en raison notamment du risque de faux positifs et de surdiagnostic. Cette position a évolué après la publication de nouveaux résultats, en particulier ceux de l’étude européenne Nelson.

Menée aux Pays-Bas et en Belgique, cette étude a montré une réduction marquée de la mortalité par cancer du poumon, de l’ordre de 24 % chez les hommes et de plus de 30 % chez les femmes dépistées. Ces données ont conduit les autorités françaises à considérer que le niveau de preuve en faveur d’un dépistage était désormais suffisant.

Le dépistage par scanner révèle fréquemment des nodules pulmonaires, dont la majorité ne sont pas cancéreux. Environ 30 % des fumeurs de plus de 50 ans présentent au moins une anomalie de ce type. Parmi les nodules détectés, une minorité est jugée suspecte, et tous ne correspondent pas à un cancer.

Pour limiter les examens inutiles et l’anxiété des patients, des protocoles précis ont été élaborés. Dans la plupart des cas, un contrôle par scanner à trois mois permet d’évaluer l’évolution de la lésion. Des algorithmes décisionnels ont été conçus afin d’harmoniser les pratiques et de réduire le risque de surdiagnostic, estimé à moins de 20 % dans les grandes études internationales.

L’efficacité du dépistage repose sur la régularité des examens et sur l’adhésion des populations à risque. Or, les premières expérimentations montrent une baisse progressive de la participation au fil des années. Un autre obstacle tient à l’identification des personnes éligibles, l’Assurance-maladie ne disposant pas de données précises sur le tabagisme individuel.

Les autorités sanitaires misent donc sur des actions de sensibilisation ciblées : campagnes d’information, plateformes d’auto-évaluation du risque, mobilisation des médecins généralistes, pneumologues, pharmaciens ou encore médecins du travail. Des dispositifs mobiles ont également été déployés dans certaines régions afin d’aller au contact des populations les plus éloignées du système de soins.

Si le programme pilote confirme les bénéfices observés dans les études internationales, il pourrait servir de base à un déploiement national du dépistage du cancer du poumon à l’horizon 2030. Outre la réduction attendue de la mortalité, ce dépistage pourrait permettre d’identifier d’autres pathologies, notamment cardiovasculaires ou respiratoires, contribuant ainsi à une prise en charge globale des patients à risque.

Un dernier feu vert reste toutefois nécessaire, notamment sur le plan de la protection des données personnelles, avant le lancement effectif du programme.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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