Feedback en entreprise : un levier de performance encore mal compris

On parle de “feedback” partout dans le monde particulier du tertiaire. Dans les open spaces, dans les séminaires de management, dans les formations RH. Mais de quoi parle-t-on exactement ?

Le feedback, au sens simple, c’est un retour sur un travail, un comportement ou un résultat. Un manager dit à un salarié ce qui a été bien fait, ce qui doit être amélioré, ce qui est attendu pour la suite. Cela peut être positif (valorisation d’un travail réussi) ou correctif (indication précise sur ce qu’il faut changer et comment). Il ne s’agit pas d’un jugement global sur la personne, mais d’un retour concret, ciblé, censé permettre de progresser et de s’aligner sur des objectifs.

Fasterclass dévoile les résultats d’une nouvelle enquête* nationale menée en janvier 2026 auprès de 4 101 actifs en France (dont 2 012 salariés non-managers et 1 965 managers/dirigeants/chefs d’entreprise). Le constat est net : 65 % des salariés et 78 % des managers estiment que le feedback améliore la performance, tandis que son absence fait d’abord perdre du temps et dégrade la qualité. Plus préoccupant : en cas de sous-reconnaissance, 66 % des salariés jugent probable d’envisager un départ dans les 12 prochains mois.

Deux salariés sur trois estiment que le feedback améliore leur performance

Dans l’étude, 65 % des salariés déclarent que le feedback améliore leurs performances (38 % “un peu”, 27 % “fortement”). À l’inverse, seuls 8 % estiment qu’il les dégrade. Côté managers, la conviction est encore plus forte : 78 % jugent que le feedback augmente la performance des équipes.

Autrement dit, sur le principe, le consensus est large. Le feedback est perçu comme un levier opérationnel, pas comme un gadget managérial.

Mais encore faut-il qu’il soit clair, concret et régulier.

Sans feedback, on perd du temps… et en qualité

L’absence de retours n’est pas neutre. Pour 53 % des salariés, le premier effet d’un manque de feedback est une perte de temps à deviner les priorités et les attentes. 44 % évoquent une baisse de qualité ou du travail à refaire. 38 % parlent de procrastination ou de ralentissement faute de repères.

Les managers dressent un constat similaire : 57 % observent une perte de temps à deviner les attentes, 49 % un travail moins bon ou mal orienté.

En clair, sans retour précis, les équipes avancent à l’aveugle. Elles prennent des initiatives qui ne correspondent pas forcément aux objectifs. Elles hésitent. Elles recommencent. Ce qui pourrait être réglé en quelques minutes d’échange devient une perte sèche en productivité.

Tous les feedbacks ne se valent pas. L’enquête montre que le type de retour jugé le plus productif par les salariés est le feedback correctif spécifique et actionnable sur les tâches (34 %). Vient ensuite la valorisation du travail bien fait (30 %).

Chez les managers, même hiérarchie : 38 % placent en tête le feedback correctif très concret sur les tâches.

Cela signifie que ce qui compte le plus, ce n’est pas la formule générale du type “il faut s’améliorer” ou “continue comme ça”, mais la précision : quoi changer, comment, et à quel moment. Le flou démotive, la clarté structure.

Mal formulé, le feedback peut produire l’effet inverse

Un feedback mal exprimé peut devenir contre-productif. 49 % des salariés citent la démotivation comme principal effet négatif. 42 % parlent de stress ou de pression qui fait baisser la performance. Un tiers évoque une dérive vers le micro-management.

Du côté des managers, la démotivation (52 %) et le stress (41 %) arrivent aussi en tête.

Le message est clair : le feedback n’est pas un exutoire, ni une critique vague. Il suppose un cadre, un ton, une intention. Sans cela, il alimente la défiance au lieu de renforcer l’engagement.

Un fossé inquiétant sur la reconnaissance

L’un des enseignements les plus marquants concerne la reconnaissance. 47 % des salariés estiment que leur travail est peu reconnu (29 % “pas du tout ou très peu”, 18 % “un peu”). Seuls 26 % parlent d’une reconnaissance forte.

Pourtant, 51 % des managers pensent reconnaître “beaucoup” ou “énormément” le travail de leur équipe.

Ce décalage de perception est lourd de conséquences. Car 66 % des salariés jugent probable d’envisager un départ dans les 12 prochains mois s’ils se sentent insuffisamment reconnus. Les managers, eux, évaluent ce risque à 58 %.

Dans un contexte où la fidélisation des talents devient un enjeu central, la question du feedback dépasse largement le simple confort managérial.

Les salariés privilégient un feedback mensuel (56 %) plutôt qu’hebdomadaire (25 %) ou annuel (12 %). Les managers sont plus partagés, mais 42 % optent aussi pour le mensuel.

Enfin, 84 % des salariés estiment que des feedbacks réguliers les rendent plus engagés et motivés. Chez les managers, ce chiffre monte à 91 %.

Au-delà des discours sur la “bienveillance” ou la “culture d’entreprise”, les chiffres dessinent une réalité simple : les salariés veulent savoir où ils en sont, ce qu’on attend d’eux, et comment progresser. Le feedback, quand il est clair, régulier et respectueux, agit comme un outil d’alignement et de performance. Lorsqu’il est absent ou mal maîtrisé, il devient un facteur de désengagement — voire de départ

Photo : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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