La foule était au rendez-vous pour rendre hommage à Marcel Braud, le grand Manitou d’Ancenis

Ce mardi 10 février, une foule immense est venue assister aux obsèques de Marcel Braud, le patron de l’entreprise Manitou d’Ancenis. Marcel Braud, au parcours exemplaire,  incarnait un de ses patrons d’une société familiale qui font la richesse de la France.

Une céremonie digne de cet homme exceptionnel 

Malgré la pluie, qui est tombée pendant toute la durée de l’office,  un bon millier de personnes  a assisté dehors sur la place, les 750 places de l’église étant occupées,  à la cérémonie religieuse en l’église Sainte-Marie d’Ancenis ce 10 février pour rendre hommage à Marcel Braud.

L’église Saint-Pierre d’Ancenis ne pouvant accueillir que 750 personnes, des écrans géants avaient été disposés sur la place Saint-Pierre pour retransmettre en direct la cérémonie.

De nombreux salariés de l’entreprise étaient venus des usines d’ Ancenis, Beaupréau et Candé, qui avaient été mises à l’arrêt ce mardi après-midi. Des cars reliaient le siège de Manitou au centre-ville ancenien. De nombreux concessionnaires arborant l’écharpe rouge, couleur des engins manitou, avaient fait le déplacement ainsi que des fournisseurs et des sous-traitants.

Le père Yvon Barraud , curé de la paroisse Saine Marie d’Ancenis, a mené la Célébration. Il a précisé que Marcel Braud l’avait appelé pour venir lui donner les derniers sacrements à l’hôpital de Saint Nazaire en lui disant “je veux partir . Il a su situer la personnalité créative de Marcel Braud dans le cadre de la religion. Il allait le tutoyer et l’appeler Marcel car nous sommes tous frères dans l’église alors qu’il avait l’habitude de le vouvoyer en lui disant Monsieur Braud. Il avait proposé pour l’évangile à la famille qui l’a entériné la parabole des talents à partir de laquelle il a développé son homélie. Marcel Braud avait reçu beaucoup de talents. Il ne les a pas gardés pour lui mais les a multipliés chez lui et dans son entourage. Il n’a pas hésité à dire que l’économie pourrait bien être l’activité concrète de la charité . En ajoutant que M, Braud avait aidé les hommes, à s’élever …comme le font les machines Manitou, bref sa capacité à faire fructifier les talents.

Son fils Marcel Claude , en tant qu’ainé, entouré de ses deux sœurs et de son frère a rendu un hommage à partir de son parcours professionnel.

Olivier Gichaoua, qui lui succède, se montrera le plus ému et aussi le plus émouvant. Concessionnaire et ami intime de Marcel Braud, il « évoque sa longue relation, avec un homme dynamique, commercial attentionné qui venait présenter chaque nouveau modèle aux concessionnaires, passionné par son entreprise qui, lorsqu’il est allé le voir à l’hôpital de Saint Nazaire un peu avant la fin, lui a posé comme première question :  » alors la dernière réunion des concessionnaires s’est bien passé « .Et quand lui Guichoua lui a demandé un dernier conseil, il lui a simplement demandé de continuer à promouvoir Manitou comme il l’a toujours fait.

A la fin de la cérémonie, ce sera un long défilé des présents dans l’église pour saluer ou bénir le cercueil qui sera applaudi quand il sortira dehors par la foule.

Un parcours exemplaire 

Comme de nombreux chefs d’entreprise, Marcel Braud est un autodidacte. Né en 1932, Marcel Braud a grandi dans une famille déjà impliquée dans l’industrie mécanique. Après la Seconde Guerre mondiale, à l’âge de 13 ans, il entre dans l’entreprise familiale Braud Mécanique Générale à Ancenis (Loire-Atlantique), créée par sa mère Andrée Braud. Cette entreprise est spécialisée dans la fabrication de bétonnières, de grues et de presses à béton.

Son apprentissage polyvalent se fera sur le terrain. il occupera d’abord tous les métiers de la production, peintre, soudeur, monteur, contremaître, chef d’atelier ou des autres fonctions administratives et commerciales, comme responsable des achats.

En 1958, l’idée d’inverser le schéma d’un tracteur agricole pour y ajouter un mât de levage et une direction assistée, donnera  naissance au chariot Manitou. Une idée qui va trouver une place de choix dans les chantiers et les exploitations agricoles du monde entier.

Il devient président-directeur général en 1970 puis le président du Conseil d’administration à partir de 2007, un poste qu’il occupera pendant dix ans. Il a donc dirigé le groupe de 1970 à 2017, pilotant son internationalisation, son entrée en Bourse et le développement d’un réseau de 800 concessionnaires à travers le monde.

Bon capitaine, excellent commercial toujours à l’affut des besoins du terrain, des clients , des utilisateurs , proches des concessionnaires , ainsi il obtiendra un marché de 4000 chariots en Algérie. Passionné par l’entreprise, il venait encore à 93 ans au bureau 1 fois par semaine.

Il quitte officiellement ses fonctions à partir de 2017 mais continuera « jusqu’en ce début d’année 2026, de se rendre régulièrement dans les usines du groupe et sur les salons du monde entier pour rester au contact des clients et de ses salariés« , selon le communiqué de Manitou.

Dans celui-ci, sa soeur, Jacqueline Himsworth, présidente du Conseil d’administration, déclare :  » Mon frère a dédié sa vie à Manitou group  » « Grâce à lui, notre petite entreprise familiale est devenue un leader international, reconnue pour des produits, ses valeurs et son innovation. C’était un passionné qui transmettait à chacun cette énergie et cette fierté d’appartenir à notre groupe » et ajoute «  Nous perdons un guide, mais son esprit d’entreprendre continue d’être notre cap. »

Son héritage industriel, son esprit d’innovation et son attachement au territoire ont profondément marqué l’histoire du Pays d’Ancenis et de l’industrie française.

Waldemar Kita, Président du FC Nantes, dont il était un partenaire, a déclaré :

.« J’ai toujours été marqué par la bienveillance et la simplicité de Marcel Braud, malgré l’immense réussite industrielle qu’il incarnait. Le FC Nantes perd un partenaire fidèle et je salue la mémoire d’un grand entrepreneur profondément attaché à notre territoire. ».

Ce parcours est représentatif de celui de nombreux patrons français de cette génération qui soit partis de rien ont créé leur entreprise, soit comme Marcel Braud ont transformé une petite entreprise locale en un groupe mondial.

U ne entreprise familiale 

L’affaire familiale Braud avant guerre avait deux activités, l’alimentation animale et la construction mécanique avec grues et bétonnières dans l’usine de la gare avant le déménagement en Zi.

A l’origine, Braud Mécanique Générale est une entreprise fondée en 1944 à Ancenis (Loire-Atlantique) par sa mère Andrée Braud, veuve de Marcel Braud, . Cette entreprise, spécialisée dans la fabrication de bétonnières, de grues et de presses à béton, devint le berceau de l’innovation mécanique.

Le grand virage de Manitou débute en 1958, lorsque Marcel Braud imagine le premier chariot élévateur tout-terrain . Inspiré par un tracteur agricole, il inverse son schéma hydraulique, y ajoute un mât de levage et une direction hydraulique. Ce prototype, baptisé MC 5, marque le début d’une révolution dans la manutention. Le nom Manitou, signifiant « celui qui manie tout », est choisi lors d’un brainstorming familial pour sa prononciation universelle.

La première usine en dehors d’Ancenis à Poitiers sera suivie de beaucoup d’autres en France puis dans le monde.

Le groupe en effet s’est rapidement internationalisée

Le groupe emploie 6000 salariés dont 2300 en France dans onze usines dont 6 en France. Il dispose d’un réseau de 800 concessionnaires dans plus de 140 pays. Son siège social reste à Ancenis, où tout a commencé, et le groupe reste fortement ancré dans une culture familiale.

Manitou, c’est presque un million de chariots construits et un chariot sur cinq dans le monde aujourd’hui est un Manitou.

Marcel Braud a profondément marqué l’histoire économique et industrielle du Pays d’Ancenis. Il a contribué à son dynamisme et à l’emploi local. Son héritage demeure celui d’une entreprise solide et mondialement reconnue.

Quand les Français viennent d’assister lors des récents débats parlementaires ou quand ils écoutent les radios et télévisions du service public à la dénonciation des chefs d’entreprise, des riches, des héritiers, et à la volonté d’ajouter toujours plus de taxes tant sur les entreprises que sur ceux qui les possèdent, l’exemple de Marcel Braud devrait leur prouver la folie de cette politique pour leur avenir et celui de la France. Les 2000 personnes présentes à ses obsèques l’ont bien compris.

Louis Galibert

Photo : Breizh-info.com

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