Plus de trois heures quotidiennes passées devant un écran seraient associées à des symptômes plus marqués d’inattention et d’impulsivité chez les enfants de 9 et 10 ans. C’est la conclusion d’une vaste étude américaine menée sur plus de 10 000 participants et publiée en octobre 2025 dans la revue Translational Psychiatry.
Les chercheurs ont analysé à la fois des imageries cérébrales et des évaluations comportementales issues de l’Adolescent Brain Cognitive Development Study, la plus grande étude longitudinale américaine consacrée au développement cérébral des jeunes.
Des différences cérébrales mesurables
Les enfants passant trois heures ou plus par jour devant la télévision, des jeux vidéo ou d’autres supports numériques présentaient, en moyenne, des symptômes proches du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) légèrement plus élevés que leurs pairs.
Ces symptômes ont augmenté modestement au cours des deux années suivantes, jusqu’à l’âge de 11 ou 12 ans. Les plus gros utilisateurs — quatre à cinq heures quotidiennes — affichaient les progressions les plus marquées.
Sur le plan cérébral, les chercheurs ont observé des différences discrètes mais cohérentes dans certaines régions impliquées dans l’attention et le contrôle des impulsions. Les enfants concernés présentaient notamment un volume légèrement plus faible de matière grise corticale, cette fine couche externe du cerveau associée aux fonctions cognitives supérieures. Une réduction modeste du volume du putamen droit, structure profonde liée à l’autocontrôle et à la motivation, a également été relevée.
Ces caractéristiques sont déjà connues pour être fréquemment observées chez des enfants diagnostiqués TDAH.
Une croissance plus lente des zones liées à l’attention
L’étude montre également qu’un usage plus important des écrans est associé, sur deux ans, à une croissance plus lente de l’épaisseur corticale dans les régions liées à l’attention et à la régulation des comportements.
Les effets restent modestes à l’échelle individuelle. Toutefois, sur un échantillon aussi large, le schéma observé apparaît constant, ce qui renforce la solidité statistique du lien.
Le rôle du système de récompense
Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. Le putamen participe au système de récompense du cerveau et à l’apprentissage des habitudes. Or, de nombreux jeux, vidéos et applications sont conçus pour capter l’attention grâce à des stimulations rapides, des images vives et des récompenses immédiates.
À long terme, cette exposition pourrait entraîner le cerveau à rechercher des gratifications instantanées, rendant plus difficile le maintien de l’attention sur des tâches moins stimulantes, comme la lecture ou le travail scolaire.
Des travaux antérieurs avaient déjà montré que les enfants fortement exposés aux écrans ont tendance à privilégier les récompenses immédiates et éprouvent davantage de difficultés à filtrer les distractions.
Quelles implications pour les familles ?
L’usage des écrans commence de plus en plus tôt et s’est intensifié ces dernières années, notamment après la période de confinement liée au Covid-19. D’autres études ont déjà établi des liens entre forte exposition numérique, réduction du temps de sommeil et diminution des activités physiques en extérieur.
Ces nouvelles données ne permettent pas d’affirmer que les écrans provoquent directement un TDAH, mais elles suggèrent un impact possible sur le développement de l’attention.
Les spécialistes recommandent donc une vigilance accrue. Il s’agit non seulement de surveiller la durée d’exposition, mais aussi de s’interroger sur ce que le temps d’écran remplace : interactions sociales, activité physique, lecture ou travail scolaire.
Plusieurs experts préconisent de distinguer les usages éducatifs ou interactifs des consommations passives, de fixer des règles claires au sein de la famille et d’encadrer l’accès aux écrans dès le plus jeune âge. L’exemple parental, souvent évoqué, joue également un rôle central.
Dans un contexte où les outils numériques occupent une place croissante dans la vie quotidienne, la question ne se limite plus à « combien de temps », mais aussi à « pour quoi faire » et « à quel âge ».
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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