Découplage technologique : la nouvelle ligne de front face au bloc des BRICS

Alors que la rivalité stratégique entre grandes puissances s’intensifie, un concept revient avec insistance dans les cercles géopolitiques anglo-saxons : le « découplage technologique ». L’idée est simple en apparence : réduire, voire rompre, les interdépendances industrielles et scientifiques avec la Chine et la Russie afin de limiter leur capacité d’influence et leur potentiel militaire.

Un ouvrage récent consacré à la compétition technologique entre Washington, Pékin et Moscou insiste sur cette nouvelle ligne de fracture. Son auteur, spécialiste des questions juridiques et industrielles liées aux technologies de pointe, considère que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et l’informatique quantique constituent désormais le cœur de la puissance stratégique.

La technologie comme multiplicateur de puissance

L’argument central repose sur un constat : dans les conflits contemporains, la supériorité technologique compense souvent des déséquilibres démographiques ou matériels. L’exemple ukrainien est régulièrement cité. Avant l’invasion russe, le pays disposait d’un écosystème numérique dynamique, avec plusieurs milliers d’entreprises exportant des services informatiques. Cette base de compétences a permis une adaptation rapide aux technologies militaires fournies par les alliés occidentaux, notamment dans l’usage tactique des drones ou l’intégration de systèmes numériques avancés.

De manière plus générale, les ruptures technologiques – ou l’accumulation d’améliorations progressives – transforment durablement le champ de bataille. L’histoire navale, de la Première à la Seconde Guerre mondiale, illustre comment des avancées incrémentales peuvent modifier l’équilibre des forces.

Dans cette optique, la maîtrise des semi-conducteurs, des architectures d’IA ou des capacités de calcul avancé devient un enjeu de souveraineté autant que de défense.

Les fragilités structurelles de la Chine

L’analyse met en avant plusieurs vulnérabilités chinoises : ralentissement de la croissance, fragilités du secteur immobilier, tensions entre pouvoir politique et milieux d’affaires, déclin démographique accéléré, dépendance au charbon, ou encore déficit relatif dans certaines technologies critiques par rapport aux États-Unis et à leurs alliés.

Si Pékin demeure une puissance industrielle majeure, notamment dans la fabrication de biens courants et dans certaines chaînes d’approvisionnement stratégiques, elle reste dépendante de technologies de pointe conçues ou produites ailleurs. Les restrictions américaines sur les exportations de puces avancées vers la Chine illustrent cette volonté de freiner l’accès à des composants jugés sensibles.

L’idée défendue par certains stratégistes est qu’un verrouillage coordonné de ces technologies – en particulier dans le cadre des alliances occidentales – limiterait la capacité de Pékin à soutenir militairement ses partenaires ou à accélérer ses propres programmes de défense.

Énergie et dépendance : le cas russe

La Russie, de son côté, conserve des leviers d’influence via ses exportations énergétiques et nucléaires. Des contrats à long terme pour la construction et l’exploitation de centrales peuvent créer des dépendances durables. Plusieurs pays européens ont ainsi été amenés à reconsidérer leurs partenariats industriels après l’invasion de l’Ukraine.

Le débat porte désormais sur l’opportunité de diversifier les fournisseurs dans les secteurs stratégiques – énergie, infrastructures critiques, télécommunications – afin d’éviter qu’un acteur étatique puisse utiliser ces liens économiques comme instruments de pression géopolitique.

Vers un monde fragmenté technologiquement

Le découplage technologique ne signifie pas une autarcie complète, mais une redéfinition des chaînes d’approvisionnement et des partenariats scientifiques. Il suppose des investissements massifs dans la recherche, l’enseignement supérieur, les infrastructures industrielles et l’extraction de minerais critiques.

Il pose aussi des questions politiques sensibles : jusqu’où limiter les transferts de technologies ? Comment gérer les flux de talents et la coopération universitaire ? Quels coûts économiques accepter au nom de la sécurité stratégique ?

Enfin, certains analystes estiment que la rivalité actuelle diffère de la guerre froide du XXe siècle : il n’existe pas d’idéologie universelle exportable comparable au communisme soviétique. Cette configuration offrirait, selon eux, davantage de marge de manœuvre pour redéfinir les alliances et hiérarchiser les priorités stratégiques.

La compétition entre blocs ne se joue plus uniquement sur les terrains diplomatique ou militaire. Elle se déplace dans les laboratoires, les salles blanches de fabrication de puces, les centres de calcul et les infrastructures énergétiques.

Le débat sur le découplage technologique illustre cette mutation : la puissance, au XXIe siècle, repose moins sur la masse que sur la maîtrise des systèmes complexes. La question n’est plus seulement de produire davantage, mais de produire mieux, plus vite et de manière indépendante.

Reste à savoir jusqu’où ira cette fragmentation du système mondial et quelles en seront les conséquences économiques pour les États qui choisiront – ou subiront – ce découplage.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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