On parle beaucoup d’obésité et de cancer. Moins d’un ennemi plus discret, tapi au cœur de l’abdomen : la graisse viscérale. Contrairement à la graisse sous-cutanée, celle que l’on peut pincer sous la peau, la graisse viscérale s’enroule autour des organes internes – foie, pancréas, intestins – et agit comme un véritable organe endocrine.
Les recherches récentes montrent que le tour de taille pourrait être un indicateur plus pertinent du risque de cancer que l’indice de masse corporelle (IMC). Autrement dit, on peut avoir un poids “normal” sur la balance et présenter malgré tout un excès de graisse viscérale, donc un risque accru.
Une graisse métaboliquement active et inflammatoire
La particularité de la graisse viscérale tient à son activité biologique. Elle libère dans le sang des cytokines pro-inflammatoires et des hormones qui entretiennent un état d’inflammation chronique à bas bruit. Or cette inflammation permanente favorise le stress oxydatif, les altérations de l’ADN et la transformation maligne des cellules.
Plusieurs mécanismes sont impliqués. D’abord, l’augmentation de la résistance à l’insuline. L’excès de graisse viscérale élève les taux d’insuline et de facteurs de croissance apparentés, qui stimulent la prolifération cellulaire et réduisent l’apoptose – deux conditions propices au développement tumoral.
Ensuite, la sécrétion de leptine et d’autres hormones qui perturbent la régulation cellulaire normale. Enfin, l’altération de la réponse immunitaire, qui affaiblit la capacité de l’organisme à éliminer les cellules anormales.
Des études publiées ces dernières années confirment le lien entre graisse viscérale et cancers du foie, du côlon, du pancréas, du sein, de l’endomètre ou encore de l’œsophage. Une étude de 2025 dans le Journal of the National Cancer Institute a notamment montré que les personnes présentant un excès de graisse viscérale avaient un risque de cancer du foie environ quatre fois plus élevé que celles qui en étaient dépourvues.
Fait notable : ce risque existe même chez des individus dont l’IMC est dans les normes. La localisation de la graisse compte parfois davantage que la quantité totale.
Un indicateur simple : le tour de taille
La graisse viscérale se mesure précisément par IRM ou scanner. Mais des indicateurs plus simples permettent d’alerter. Un tour de taille supérieur à 88 cm chez la femme (35 pouces) et 102 cm chez l’homme (40 pouces) est généralement considéré comme un signal d’alerte.
Ce critère, souvent négligé, pourrait devenir un outil central de prévention. Il rappelle que l’apparence extérieure ne reflète pas toujours la réalité métabolique interne.
Comment réduire la graisse viscérale ?
Bonne nouvelle : cette graisse, bien que dangereuse, répond relativement bien aux modifications du mode de vie.
Alimentation
Réduire les aliments ultra-transformés, les sucres ajoutés et les excès de glucides raffinés est une première étape. Plusieurs travaux montrent qu’une alimentation pauvre en glucides, riche en protéines de qualité, en fibres et en aliments peu transformés, favorise une diminution plus marquée de la graisse viscérale qu’un régime classique pauvre en graisses.
La priorité semble être la stabilisation de la glycémie et de l’insuline. Des repas structurés autour de protéines, de légumes, de fibres et de graisses de bonne qualité contribuent à limiter le stockage abdominal profond.
Certaines approches plus radicales – réduction drastique des céréales transformées, suppression des huiles industrielles, mise en avant des protéines animales et des poissons gras – sont également proposées par des praticiens en oncologie métabolique. Si ces stratégies doivent être discutées au cas par cas, elles illustrent une remise en question croissante des modèles alimentaires modernes.
Activité physique
L’exercice est l’un des moyens les plus efficaces pour cibler la graisse viscérale, même sans perte de poids spectaculaire.
Les données scientifiques indiquent que l’activité aérobie d’intensité modérée à élevée, l’entraînement fractionné (HIIT) et la musculation régulière réduisent significativement la graisse abdominale profonde. La combinaison alimentation + exercice sur le long terme s’avère plus efficace que l’un ou l’autre isolément.
Des objectifs réalistes – 30 minutes d’activité quotidienne, deux à trois séances de renforcement musculaire par semaine, 7 000 à 10 000 pas par jour – peuvent déjà produire des effets mesurables en quelques mois.
Sommeil, stress et alcool
Le manque de sommeil et le stress chronique augmentent le cortisol, hormone qui favorise le stockage abdominal. Techniques de gestion du stress, régularité du sommeil et limitation de l’alcool constituent des leviers essentiels.
L’alcool, en particulier, est un facteur souvent sous-estimé. Le foie priorise sa métabolisation, ce qui freine la combustion des graisses et favorise leur accumulation viscérale.
Une prévention ciblée
La graisse viscérale agit en silence. Elle ne se voit pas toujours, ne se pèse pas toujours, mais modifie profondément l’environnement biologique interne. L’enjeu n’est donc pas seulement esthétique ni même pondéral : il est métabolique et oncologique.
La prévention du cancer passe aussi par cette compréhension fine des mécanismes internes. Réduire l’inflammation chronique, améliorer la sensibilité à l’insuline, maintenir une masse musculaire active : autant d’objectifs concrets qui dépassent le simple chiffre affiché par la balance.
Dans une société marquée par la sédentarité et l’alimentation industrielle, le combat contre la graisse viscérale s’impose comme un axe central de santé publique. Invisible, mais loin d’être inoffensive.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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