Espagne. Il y a 90 ans, des fraudes électorales massives permettaient au Front populaire espagnol d’être majoritaire 

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Les gauches n’entendent jamais perdre le pouvoir. C’est une grande leçon de l’Histoire. À la fin novembre 1933, en Espagne, les premières élections législatives de la IIème République (autoproclamée le 14 avril 1931), avaient donné une très large victoire aux droites et au centre. Le PSOE était laminé, perdant la moitié de ses députés qui avaient été élus lors des élections constituantes de juin 1931.

Mais les gauches refusèrent le résultat des urnes et fomentèrent des troubles qui culminèrent en octobre 1934, par une insurrection armée dans toute l’Espagne et singulièrement dans les Asturies. 30 000 révolutionnaires armés ne cessèrent le combat, que lorsqu’ils furent à court de munitions, comme l’un de leurs leaders, le socialiste Berlamino Tomas le proclama, sur la place d’Oviedo, avant de demander à ses troupes de se rendre provisoirement. Puis, le lâche et incompétent président de la république, Alcala-Zamora, finit par prendre peur et dissolvait inconstitutionnellement Les Cortès (chambre unique), en janvier 1936, alors qu’une majorité de droite et du centre était parfaitement en mesure de gouverner jusqu’à la fin de la législature, prévue pour décembre 1937.

C’est ainsi, que par ce coup de force institutionnel, on fixa ces élections, qui n’auraient jamais dû avoir lieu, au 16 février 1936. Aujourd’hui, 90 ans plus tard, il est définitivement prouvé et documenté, que ces élections qui portèrent au pouvoir les partis révolutionnaires qui s’étaient réunis en un Front populaire, avec l’aval de la IIIème internationale, furent totalement truquées et manipulées. (Le Front populaire c’était les rassemblements de la Gauche républicaine d’Azaña, du parti communiste dirigé alors par Jesus Hernandez, du POUM d’Andres Nin, de la Gauche républicaine de Catalogne dont le chef était Lluis Companys, et surtout du PSOE emmené par le « Lénine espagnol », Largo Caballero et son alter ego Indalecio Prieto). Le Front populaire bénéficia du soutien des milices anarchistes de la CNT, qui sans se présenter, ne prônèrent plus l’abstention cette fois-ci.

Le chef du gouvernement, qui avait été nommé par Alcala-Zamora en décembre 1935, contre l’expression populaire des Espagnols, était le pâle et incompétent Manuel Portela Valladares, fantôme politique, puisqu’il n’avait aucun soutien parlementaire, et qu’il n’était même pas député alors. Il était cependant très haut gradé dans la franc-maçonnerie. Dès le soir du 16 février 1936, les militants des gauches se répandent dans les rues des villes et des villages, pour exiger que les résultats leur soient favorables et font des pressions énormes sur les scrutateurs, qui pour beaucoup, paniqués, démissionneront en masse. Dans le même ordre, de nombreux gouverneurs provinciaux qui étaient justement chargés de veiller au bon déroulement du scrutin, vont aussi se démettre, car menacés dans leurs vies personnelles et familiales et leurs biens.

Affolé par ces troubles, et incapable de faire rétablir l’ordre, malgré les demandes de José Maria Gil Roblès, qui était encore pour quelques heures ministre de la guerre, et par Franco, qui était aussi pour quelques heures seulement, chef d’État-major des armées, Portela Valladares, après avoir promis de décréter l’État d’urgence, démissionna en rase campagne, alors que le processus d’établissement des votes était loin d’être terminé, et qu’un second tour de scrutin était prévu. (1)

Le 19 février 1936, en plein décompte électoral (la loi électorale était alors d’une complexité inouïe), Portela Valladares démissionna et Alcala-Zamora désigna Manuel Azaña chef du gouvernement, autre franc-maçon notoire, qui forma aussitôt un gouvernement de gauche, disant qu’il allait appliquer le programme du Front populaire, alors que les dépouillements étaient en cours (Ies résultats ne seront d’ailleurs jamais ni compilés ni publiés officiellement).

Comme le souligne le journal El Debate, dans un article du 16 février 2026, « Dans les villes et provinces où la droite avait remporté les élections, comme Caceres, Orense, Lugo, La Corogne et Valence, dans la nuit du 19 au 20 février, des groupes révolutionnaires de gauche ont ouvert des enveloppes et interverti les bulletins de vote. Mais la fraude s’est également étendue aux organes chargés de contrôler et de valider les résultats, désormais sous le contrôle de la gauche ». (2)

Même Manuel Azaña devait déclarer plus tard, en pleine guerre civile, dans un article publié dans Le journal de Genève : « Tous les procès-verbaux de certaines provinces où l’opposition avait triomphé furent annulés ; des candidats amis défaits furent proclamés députés. Plusieurs députés des partis minoritaires furent exclus des Cortès…Il s’agissait d’écraser l’opposition et de soumettre le groupe le moins radical au sein du Front populaire ». C’est ainsi que ce nouveau gouvernement illégitime a obtenu une cinquantaine de sièges illégalement, pour finalement en remporter 263 sur une chambre de 473 sièges au Congrès des députés. Sans ces 50 sièges, le Front populaire n’aurait pas eu la majorité absolue.

Le même article d’El Debate, nous fournit une information majeure. En 2008, la garde civile avait récupéré les mémoires d’Alcala-Zamora à Valence – (Ces mémoires avaient été volées par des militants du front populaire lors de ces émeutes). Alcala-Zamora confirme que la majorité du Front populaire avait été « fabriquée » dans les bureaux par l’annulation massive et arbitraire des procès-verbaux des députés de droite au sein des Comités chargés de les établir. Également, le socialiste Indalecio Prieto qui était le président de la commission des actes aux Cortès, chargé du contentieux électoral, démissionna de ce poste, tant il avait été outré par ces fraudes massives.

Tout cela a été en 2017, entièrement confirmé et établi par deux historiens, après une enquête des plus approfondie, Roberto Villa Garcia et Manuel Alvarez Tardio dans leur ouvrage « 1936 : Fraude y violencia en las elecciones del frente popular », publié en Espagne aux éditions Espasa. Pour ceux qui lisent l’Espagnol, ils peuvent aussi prendre connaissance de l’article de Luis E. Togores dans El Debate du 16 février 2023. Dans sa superbe introduction pour le lecteur francophone, du livre de Pio Moa, Les mythes de la guerre d’Espagne, publié en 2022 par l’Artilleur, l’historien Arnaud Imatz rapporte : « Pourquoi le Front populaire a-t-il volé cinquante sièges à la droite, alors que sans cette spoliation, véritable coup d’État parlementaire, il n’aurait pu gouverner seul ? Le doute n’est plus permis depuis le travail minutieux et rigoureux des historiens de l’université Rey Juan Carlos, Roberto Villa Garcia et Manuel Alvarez Tardio ».

Comme l’écrit Luis E. Togores « l’objectif du PSOE était d’utiliser le nouveau gouvernement pour provoquer un nouveau processus révolutionnaire » (3). C’est ce qu’il advint à partir de février 1936. Les fraudes et les violences ne s’arrêtèrent pas en si bon chemin. Les élections des provinces de Grenade et Cuenca, qui avaient vu l’entière victoire des droites, furent annulées et en mai 1936, les nouvelles élections qui se déroulèrent dans un climat de terreur, virent la victoire totale des gauches. Tout était en place pour la future guerre civile.

Michel Festivi

(1) J’explique tout cela et plus encore, dans mon ouvrage paru chez Dualpha en 2025 : Les griffes de Staline sur l’Espagne républicaine, 1936-1939, avec une préface de Pio Moa.

(2) El Debate, 16 février 2026, Comment le Front populaire a remporté la victoire aux élections de 1936 : violence, démissions et annulations des bulletins de vote

(3) El Debate, 16 février 2023, Victoire du Front populaire : 157 jours qui ont marqué (pour le pire) l’histoire de l’Espagne.

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4 réponses à “Espagne. Il y a 90 ans, des fraudes électorales massives permettaient au Front populaire espagnol d’être majoritaire ”

  1. Pierre dit :

    Et pourtant le récit officiel de la victoire légitime et incontestable du Front populaire en 1936 est toujours ce qui tient lieu de vérité chez l’écrasante majorité des espagnols, au point que le simple fait de le mettre en dout cause une douleur morale à mes interlocuteurs espagnols ou d’origine espagnole de quelque bord politiques qu’ils soient, à part un très petit nombre.

  2. Nicole dit :

    Déjà, en 1931, l’abdication du roi Alfonso XIII était prématurée. Il s’était fondé sur un résultat partiel des élections, alors que, quelques jours plus tard, les résultats complets montraient une grande majorité royaliste, et de droite…
    S’il avait attendu, il n’y aurait jamais eu de République espagnole..
    Et, donc, le Général Franco a eu raison de lancer la Cruzada

  3. Michel Festivi dit :

    En fait il n’a pas abdiqué mais effectivement a précipitamment quitté l’Espagne la nuit du 13 au 14 avril 1931. Selon Hugh Thomas qui l’indique dans son livre sur la guerre d’Espagne on aurait dénombré selon les calculs 8 monarchistes auraient été élus contre 1 republicain. Donc victoire incontestable des monarchistes qui se sont fait voler l’élection. D’ailleurs les résultats ne seront jamais ni compilés ni publiés comme ceux de fevrier 1936

  4. Michel Festivi dit :

    Pour répondre à Pierre depuis l’arrivée des socialistes les plus sectaires avec Zapatero puis Sánchez une chape de plomb a été mise en place avec les lois historiques et mémorielles qui empêchent et interdisent toutes manifestations ou proclamations contre la république.

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