À quelques jours d’une élection partielle dans la circonscription anglaise de Gorton et Denton, un choix de communication des Verts a mis le feu aux poudres. Le parti écologiste a publié une vidéo de campagne entièrement en ourdou, puis une seconde en bengali, visant clairement un électorat issu de l’immigration sud-asiatique et des familles musulmanes, très présentes dans ce secteur.
Gorton & Denton’s new Green Party video is entirely in Urdu and features some blatant visuals. pic.twitter.com/7QkslQEHL2
— Guido Fawkes (@GuidoFawkes) February 23, 2026
Le clip montre la candidate Hannah Spencer en visite dans le quartier et enchaîne des attaques contre ses adversaires, Reform UK et le Labour. Mais ce sont surtout les images choisies et les codes employés qui ont déclenché la polémique.
Une vidéo en ourdou, et des images calibrées pour frapper un électorat précis
La vidéo associe plusieurs figures politiques à des scènes destinées à provoquer un rejet émotionnel. Le Premier ministre Keir Starmer est montré serrant la main du dirigeant indien Narendra Modi, présenté comme particulièrement impopulaire dans certaines communautés musulmanes en raison de polémiques liées à des violences anti-musulmanes en Inde. Autre séquence : David Lammy est montré serrant la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avec un rappel du dossier de Gaza et des accusations internationales qui entourent la guerre.
Côté Reform UK, la vidéo vise le candidat Matt Goodwin et le chef du parti Nigel Farage, en les associant à Donald Trump, à l’ancien stratège Steve Bannon, et en ajoutant un visuel où Bannon effectue un geste assimilé à un salut nazi. Le message en ourdou martèle que “les politiciens ne travaillent pas pour nous”, sur fond d’images très chargées symboliquement.
“Inclusif” ou communautariste : la justification des Verts
Hannah Spencer assume le choix linguistique. Elle explique que la circonscription est “très diverse” et compte “des milliers” d’habitants dont la langue quotidienne n’est pas l’anglais. Elle présente cette communication comme “positive”, “inclusive”, et centrée sur des thèmes locaux : baisse des loyers et des factures, investissement dans les services publics, relance du NHS.
Dans le même temps, le texte reconnaît qu’il n’existe pas de chiffre public simple sur le nombre exact de locuteurs ourdous dans la circonscription, tout en soulignant que le territoire est démographiquement marqué, avec une part importante d’habitants se déclarant d’origine asiatique et une proportion élevée de musulmans.
Colère de Reform, gêne du Labour, accusations croisées
Chez Reform UK, la réaction est immédiate et très agressive. Le candidat Matt Goodwin dénonce un exemple de “sectarisme” et le parti fustige une campagne “communautaire”. Une députée Reform, Sarah Pochin, attaque frontalement l’idée même de faire campagne dans une langue étrangère, estimant qu’on ne peut pas voter “de manière informée” sans parler anglais. Elle résume le message par une formule volontairement provocatrice : “un vote Vert, c’est un vote pour Gaza”, avant d’appeler à “mettre les valeurs britanniques d’abord”.
Au Labour, le ton n’est pas plus serein. Lucy Powell, figure du parti dans la campagne, accuse les Verts de “désinformation” et d’une “tentative honteuse de manipuler” la communauté musulmane. Dans l’entourage gouvernemental, certains vont plus loin en accusant les Verts de “jouer Gaza” et de faire monter la tension, en les comparant à des formations protestataires connues pour mobiliser sur des marqueurs identitaires et religieux.
Les Verts répliquent en dénonçant des “dog whistles” et des sous-entendus qu’ils jugent racistes : selon eux, parler aux électeurs dans la langue qu’ils utilisent au quotidien n’a rien de scandaleux. Pour appuyer leur démonstration, ils ont diffusé ensuite un contenu comparable en bengali.
Ce que révèle l’affaire : la politique du ciblage et la fragmentation du débat
Au-delà du cas local, l’épisode dit quelque chose de l’évolution des campagnes électorales au Royaume-Uni. D’un côté, le ciblage démographique est devenu une technique routinière : on adapte le message, le ton, parfois la langue, en fonction des publics. De l’autre, lorsqu’un parti joue sur des images et des antagonismes importés de l’international, l’élection locale peut basculer en bataille de symboles, où l’identité, la religion et les conflits extérieurs prennent le pas sur les questions municipales.
Dans cette circonscription, la manœuvre des Verts est interprétée de deux façons irréconciliables. Pour leurs partisans, c’est une campagne qui “parle aux gens tels qu’ils sont”, dans les langues qu’ils comprennent. Pour leurs adversaires, c’est une politique de segmentation, qui transforme l’électeur en appartenance, et l’élection en addition de communautés à mobiliser, chacune avec ses codes et ses ressentiments.
Cela dit tout de même beaucoup de la transformation ethnique et culturelle profonde en Europe…un fait longtemps nié, caché par la gauche, et dont elle se sert aujourd’hui pour des fins électorales et politiciennes
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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