Nantes : les sondages se suivent mais ne se ressemblent pas…

Un sondage peut renforcer l’ardeur des partisans et démoraliser les opposants. C’est également un moyen de préparer le second tour en évitant les erreurs qui rendraient une union impossible. Les concurrents d’aujourd’hui peuvent devenir les alliés de demain. Comment expliquer que deux sondages portant sur les intentions de vote peuvent donner des résultats différents ? C’est le cas avec une enquête Odoxa et une enquête Ifop portant sur les élections municipales à Nantes. D’abord l’importance de l’échantillon : 1 094 pour le premier et 800 pour le deuxième. Mais aussi le nombre de sondés ayant exprimé une intention de vote et comptant allant voter. Ensuite l’importance des résultats bruts et des redressements. « A 570 ou 800 répondants, on n’est pas sur de la grande précision. Il faudrait dix autres sondages pour avoir une vision juste. Un sondage “one shot“, c’est un outil au service d’un candidat plus qu’une réelle anticipation des résultats », affirme le sociologue Hugo Touzet, spécialiste de l’opinion (Ouest-France, Nantes, jeudi 5 mars 2026)

Lundi 2 mars : un « bon » sondage pour Foulques Chombart de Lauwe  

C’est le bonheur pour le leader de la droite et du centre … Sa liste « Un nouveau souffle pour Nantes » bénéficie d’un courant porteur … « J’ai commencé à J-1000, ça pèse un peu dans les pattes mais il y a de l’énergie encore dans le cœur, dans les tripes, dans la tête », commentait-il il y a un mois (Presse Océan, samedi 7 février 2026). Son objectif fut annoncé dès le départ : « virer Johanna Rolland », c’est-à-dire réaliser « le hold-up du siècle ».

En bon professionnel, « Chombart » a fait réaliser un sondage par Odoxa portant sur les intentions de vote. Sa liste qui représente la droite et le centre est créditée de 34 % au premier tour, alors que celle de Johanna Rolland La gauche unie pour Nantes n’obtient que 35 % – un petit point d’écart. Un résultat médiocre pour le Parti socialiste dans une ville qui constitue l’un de ses bastions. On peut même voir là une situation dangereuse car le sondage donne 12,5 % à la liste de La France insoumise (William Aucant) ; autant dire que cette dernière pourrait se maintenir au second tour. Dans une triangulaire, « Chombart » l’emporterait avec 42 %, contre 40 % pour Johanna Rolland, tandis que Aucant récolterait  18 % (Odoxa, site internet du Point, lundi 2 mars 2026) On peut noter que, d’après ce sondage, la liste Nantes populaire conduite par Margot Medkour ferait 3,5 %, celle du Rassemblement national (Jean-Claude Hulot) 7,5 % et celle du candidat macroniste dissident Mounir Belhamiti  5,5 %.

Johanna Rolland sait botter en touche

Evidemment, tout change si, au second tour, William Aucant se range derrière Johanna Rolland ; cette dernière l’emporterait alors avec 54 % des suffrages exprimés. Aujourd’hui, elle entretient le suspense sur ce qu’elle compte faire au soir du premier tour – alliance avec LFI ou pas ? « Moi, je suis en campagne. Avec un objectif extrêmement clair : être très nettement en tête le soir du premier tour. Nous sommes aujourd’hui, nous la gauche indépendante, le seul rempart face à la droite et l’extrême droite ». Elle insiste volontiers : « J’ai un seul adversaire la droite et l’extrême droite. » (Presse Océan, mercredi 4 mars 2026)

 C’est de bonne guerre, Foulques Chombart de Lauwe réclame une clarification ; il insiste pour que « Johanna » s’engage « à ne pas faire alliance avec un parti »  qui, selon lui, « trahit les valeurs de la République ». D’où un discours bien rodé : « Nous savons tous que Johanna Rolland prépare les esprits à une alliance au second tour avec une extrême gauche qui abîme à mort notre pays. Là où nous sommes extrêmement clairs sur l’impossibilité et le refus d’une alliance avec le Rassemblement national » (Presse Océan, mercredi 4 mars 2026) La vérité est arithmétique : compte tenu des résultats du premier tour, Johanna Rolland saura si elle a besoin ou pas du renfort de LFI. En attendant, elle n’insulte pas l’avenir en se proclamant « seul rempart face à la droite et l’extrême droite ».

Jeudi 5 mars : un « bon » sondage pour Johanna Rolland

La satisfaction de l’équipe  « Chombart » ne pouvait pas inquiéter Johanna Rolland. Tout simplement parce qu’elle possédait son propre sondage commandé par le Parti socialiste et réalisé par l’Ifop. Et les résultats ne ressemblent en rien à ceux d’Odoxa. Au premier tour, la maire sortante serait très largement en tête avec 43 %. Elle devance Foulques Chombart de Lauwe (26 %), William Aucant (13,5 %), Jean-Claude Hulot (8 %), Mounir Belhamiti (4 %) et Margot Medkour (3,5 %). Quant au second tour, il est tout aussi favorable à « Johanna ». En cas de maintien de LFI, elle l’emporterait avec 48 % des suffrages exprimés, tandis que « Chombart » se contenterait de 36 % et William Aucant de 16 %.

« Johanna Rolland n’aurait donc pas besoin d’une alliance avec les Insoumis pour être élue. C’est pourtant ce que mettait en avant le sondage Odoxa. Le candidat Les Républicains pressait alors la candidate socialiste d’indiquer si elle allait s’allier à LFI pour l’emporter. Si l’on en croit ce second sondage, elle n’aurait donc aucun intérêt à une fusion de liste et à ainsi écarter certains de ses colistiers au profit d’Insoumis. A fortiori après le communiqué de presse du bureau national du PS, parti dont elle est le numéro 2, publié mardi 3 mars, dans lequel il est écrit noir sur blanc qu’il n’y aura aucun accord avec LFI au second tour. » (Ouest-France, Nantes, jeudi 5 mars 2026)

Il faut tenir compte des « rares cas de figure »

 Depuis plusieurs semaines, les ténors du Parti socialiste déclarent leur hostilité à une alliance avec les mélenchonistes. « Pour les scrutins municipaux, il ne peut pas y avoir d’alliance entre les socialistes ou les formations de la gauche réformiste et LFI au deuxième tour, c’est clair », proclame François Hollande (BFMTV/RMC, mercredi 18 février 2026) « Toux ceux qui se reconnaissent dans les propos de Mélenchon ne peuvent pas être avec nous sur les listes », prévient  le premier secrétaire du PS Olivier Faure (TFI, vendredi 27 février 2026). Mais le réalisme l’emportera – « Paris vaut bien une messe », disait Henri IV. « Le Parti socialiste admettra dans de « rares cas de figure », des rapprochements avec La France insoumise au second tour des municipales, le 22 mars. Mais seulement si les candidats Insoumis clarifient « leur position sur le rapport de leur mouvement avec la violence politique », explique le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet. « Comme au premier tour, il n’y aura pas d’accord national avec La France insoumise », a précisé Louis Jouvet. Mais « si, dans de rares cas de figure, la volonté de certains candidats Insoumis est de rejoindre la liste d’union de la gauche au second tour, alors ils doivent clarifier leurs position (…) à cette forme d’hooliganisation de la vie publique », a-t-il ajouté » (Le Télégramme, samedi 21 février 2026) On verra si Nantes appartient aux « rares cas de figure »… La question se pose également pour Brest et Rennes.

Bernard Morvan

Illustration : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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