PLOGOFF en BD : les Bretons n’avaient rien lâché !

plogoff

En 1975, à Plogoff (Finistère sud), dernier village avant la pointe du Raz. Les habitants découvrent le projet de construction d’une centrale nucléaire. Ils décident de tout faire pour s’y opposer, malgré la promesse de substantielles retombées économiques. L’un des opposant déclare qu’ «  on n’en veut pas, nous, de leurs routes et de leurs magasins et de leurs ouvriers qu’ils feront venir de je ne sais où » (p. 73). Ils commencent par empêcher les techniciens d’EDF de venir sur les lieux faire des repérages. Puis, les dossiers pour l’enquête d’utilité publique sont brûlés. Les manifestants entonnent, face aux CRS médusés, le Bro gozh ma zadoù, hymne national de la Bretagne. Mais face à un gouvernement qui refuse de céder, le climat dégénère vite : les manifestants lancent des pierres tandis que les CRS répliquent avec des gaz lacrymogènes ou des bombes offensives. Sept escadrons de gendarmes mobiles y sont stationnés, avec blindés légers et hélicoptère. L’une des manifestantes s’insurge : “quand les allemands sont venus, j’ai eu moins peur que ça” (p. 95). Plusieurs manifestants sont arrêtés et poursuivis en justice, pour l’exemple. Une opposante réagit : « on montre du doigt leur violence de résistance et on oublie la violence institutionnelle, organisée, c’est de l’hypocrisie » (p. 157). De mars à mai 1980, plusieurs manifestations regroupent de 50 000 à 150 000 personnes. Face à une telle mobilisation, le projet sera abandonné…

La bande dessinée engagée Plogoff décrit la résistance victorieuse d’un village breton. La scénariste quimpéroise Delphine Le Lay explique que Plogoff représente à ses yeux « le petit village d’irréductibles qui avait résisté à l’envahisseur et qui était sorti vainqueur ». Elle montre l’évolution du projet et de la résistance à travers les conversations des habitants de Plogoff. Elle décrit ainsi toutes les formes de rébellion : manifestations pacifiques, veillées nocturnes sur le site, rencontres avec la presse, meetings politiques, blocages des routes, lancers de pierre…

Le dessin d’Alexis Horellou montre la beauté du site qui aurait pu être saccagé. Ses couleurs monochromes grises mettent l’accent sur la gravité du sujet.

Cette longue bande dessinée (190 pages) montre que les Bretons, lorsqu’ils ne lâchent rien, sont victorieux.

Plogoff, Editions Delcourt, 14,95 euros.

- Sécession la première parution de Yann Vallerie, rédacteur en chef de Breizh-info -

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