Mandela, un personnage mondial dont le nom est largement présent en Bretagne

09/12/2013 – 08H00 Rennes (Breizh-info.com) –  Nelson Mandela restera dans l’histoire comme un exemple hors du commun de personnage « global ». Il n’est pas le premier dans ce cas, bien sûr. Avant lui, Kennedy, Lénine, Gandhi ou Bolivar avaient également suscité un engouement international. Mais Kennedy présidait le pays le plus puissant du monde, Lénine avait incarné un mouvement révolutionnaire qui a secoué le monde, Gandhi avait soulevé un pays de plusieurs centaines de millions d’habitants et diffusé une nouvelle philosophie de l’action politique, Bolivar avait enflammé presque tout un sous-continent.

Mandela, lui, a dirigé un bouleversement politique, la fin du régime d’apartheid, dans un pays qui ne tenait pas une place majeure sur la carte du monde (l’Afrique du Sud comptait environ 37 millions d’habitants en 1990). Son action n’a pas eu, et pour cause, les déclinaisons internationales qu’ont pu avoir le communisme ou la décolonisation. Sa notoriété mondiale est essentiellement un phénomène d’image ; elle est ainsi comparable plutôt à celle d’un Diego Maradona ou d’un Michael Jackson, voire à celle d’un Pierre Cardin.

Elle n’en est pas moins considérable. La toponymie bretonne témoignera longtemps de cet engouement du début du 21e siècle. Il existe des rues ou des places Nelson Mandela à Bouaye, Lorient, Plescop, Plouzané, Quimperlé, Saint-Brieuc et Saint-Jean-de-Boiseau, Il y a aussi un collège Nelson Mandela à Plabennec, un parking Mandela à Ploufragan , un espace Mandela à Lanester. Bernard Poignant vient d’annoncer son intention de donner le nom de Mandela à une rue de Quimper et Jacques Auxiette, président de la région des Pays de la Loire, voudrait en faire autant pour un nouveau lycée de Nantes.

Quantité de Bretons qui n’ont jamais eu et n’auront jamais le moindre rapport avec l’Afrique du Sud (et dont beaucoup n’auront qu’une vague idée de ce qu’a été l’apartheid) connaîtront ainsi le nom de Nelson Mandela. Que signifie cette propension de la Bretagne à adopter des héros exotiques, voire à les substituer à ses héros indigènes (l’espace Mandela de Lanester s’appelait autrefois stade Albert et Louis Le Bail, tandis que le nouveau lycée de Nantes regroupera les lycées Vial et Leloup-Bouhier : les noms de trois Nantais jadis illustres disparaîtraient ainsi d’un coup) ? Différentes explications sont possibles, mais il est difficile d’y voir un signe de vitalité et d’optimisme.

Crédit photo : [cc] World Economic Forum
[cc] Breizh-info.com, 2013, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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