Éric Chevalier : l’enfant terrible du Pays de Retz !

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29/12/2013 – 14H00 Nantes (Breizh-info.com) – Les vins du  pays de Retz n’ont jamais eu bonne réputation : muscadets affligés d’acidités tranchantes, rouges à la verdeur brutale, ce terroir des marges du pays nantais a sombré  dans une longue relégation. A l’exception notable du Moulin de la Touche à Bourgneuf en Retz, remarqué pour ses très beaux vins de cépage, les vignes du pourtour du lac de Grand-Lieu souffrent d’un profond discrédit. Certes, le travail d’une petite élite de vignerons (Frères Choblet au domaine du Haut Bourg, Serge Bâtard pour les Hautes Noëlles) a permis de sauvegarder l’identité du muscadet des côtes de Grand-Lieu face à l’omnipotent Sèvres et Maine. Malgré tout, le vignoble peine à se réveiller.
Fort heureusement, une véritable figure vigneronne émerge de la routine installée par une certaine viticulture productiviste sous le patronage complaisant de l’AOC. En terre de mission, Éric Chevalier réhabilite la vérité du  terroir,  noyée le plus souvent dans une production insipide vouée à la course effrénée au rendement. Curieusement, le parcours ne plaide pas pour l’appel de la terre ! Il grenouille dans le milieu très à part du négoce des vins aux Grands Chais de France (Il y a meilleure école !). En 2006, le commercial  remet tout en cause pour « la Butte », magnifique parcelle menaçant de tomber en quenouille avec le départ en retraite de son père.
Les vignes de ce petit éperon de roches métamorphiques « rebouillues »*  infusent une minéralité trempée aux muscadets éponymes. Les débuts ont été difficiles, mais l’attachement viscéral aux terres familiales a servi d’aiguillon pour sa nouvelle vocation vigneronne.
D’ailleurs, à  l’évocation du Clos de la Butte une fierté toute légitime transpire de son discours, elle lui donne une confiance inébranlable dans le potentiel de ses vins. Doté d’une personnalité de fer, pourvu d’une gouaille toute terrienne, Éric Chevalier  incarne avec une réelle stature, le modèle du vigneron-artisan, trop rare dans les contrées du pays de Retz.
En dégustation, le muscadet du  Clos de la Butte, déploie son caractère racé avec une flamboyance toute minérale: élancé, limpide, d’une netteté cristalline, l’aromatique renvoie à la pierre chauffée sur ce fond de citron vert très récurrent dans l’ensemble de sa gamme.

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Sous le bienveillant mécénat de Michèle Vétélé, sommelière au restaurant Anne de Bretagne, Éric a repris une  parcelle de  Fié gris (sauvignon rose), antique cépage quasiment disparu avec la crise du Phylloxera. Ce plant oublié reçoit une vinification très sobre qui recherche un style sans concession, visant à exprimer la personnalité singulière du cépage par le prisme du terroir. En vérité, il demande beaucoup d’attention à la dégustation, moins flatteur que ses homologues tourangeaux, ce Fié à la fibre océanique se délie subtilement, tout en nuances, ce qui le réserve sans nulle doute aux palais avertis. C’est un vin terriblement attachant au bouquet mémorable qui entremêle l’épice (gingembre) au floral. Un nez unique, propre au cépage, gage d’une personnalité sincère et inimitable. Le Fié gris d’Éric Chevalier s’affirme sans conteste comme l’un des vins les plus insolites de la région.

Raphno.

*- Jargon géologique d’Éric

Domaine de L’Aujardière 44310 Saint-Philbert-de-Grand-Lieu
Mail : [email protected]
Tel : 06.27.43.81.91

Photos : DR
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