Comment choisir un bon film dans une production cinématographique surabondante ? Laurent Dandrieu apporte la solution avec son dernier livre, « 6000 films à voir ou à fuir ».

Certes, on peut regretter un déséquilibre entre films anciens et récents. Ainsi, certains films muets considérés comme des chefs d’œuvre sont absents (Le cuirassé Potemkine d’Eisenstein, Napoléon de Gance…). A l’inverse, la plupart des films sortis depuis 15 ans sont disséqués, même ceux voués à tomber aux oubliettes.

Mais ce dictionnaire comprend, pour l’essentiel, les chroniques rédigées par Laurent Dandrieu depuis 1998. Critique cinématographique à Valeurs actuelles depuis quinze ans, il analyse les films de la semaine, s’intéressant autant à l’aspect artistique qu’à l’aspect idéologique. A lire ses critiques, on se doute qu’il éprouve un certain plaisir à pourfendre ceux qui véhiculent des idées progressistes ou soixante-huitardes.

 En effet, tout l’intérêt de ce dictionnaire provient des prises de positions courageuses de Dandrieu. Dans l’introduction, il déclare « avoir fourni une sorte d’antidote au moralisme sous-jacent d’une partie de la critique cinématographique qui, jugeant les films sur leurs intentions, soumet souvent ses jugements aux impératifs catégoriques de la nouvelle morale en vigueur : c’est ainsi qu’on aura entendu, lors d’une projection de presse, un confrère cataloguer un film comme réactionnaire au motif que le héros, au bout du compte, y jugeait la fidélité à sa femme plus importante que l’assouvissement de ses pulsions sexuelles… ».

Laurent Dandrieu ne tombe jamais dans ces travers. Un film idéologiquement contestable peut être un véritable chef d’œuvre. Dans son étude de Que la fête commence, film de Tavernier, il commence par dénoncer les idées mises en avant : « le pire, c’est effectivement cette passion de tout rapetisser, qui n’épargne personne, ni le pouvoir (pendant les orgies, le peuple est affreusement exploité), ni ses opposants (la conspiration de Pontcallec est ici réduite à une farce), ni évidemment l’Eglise (ramassis d’hypocrites, d’arrivistes et de libertins) ». Mais il admet que « malgré tous ces défauts…, le film se regarde avec grand plaisir, grâce aux dialogues pétillants…, à des acteurs tous plus savoureux les uns que les autres, et à une mise en scène d’un allant que Tavernier ne saura pas toujours retrouver ».

Laurent Dandrieu participe également à certaines émissions de Radio Courtoisie ou de TVLibertés.

Dictionnaire passionné du cinéma, éditions de L’Homme Nouveau, 1408 pages, 34,90 euros.

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