Crimée. Laurent Fabius a un souci avec la démocratie [tribune libre]

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« En droit international, on ne peut pas faire un référendum pour modifier des frontières. Imaginez un département de France qui demande son indépendance ! Et si cela se généralisait à d’autres Etats… Après, tout dépend de la question qui va être posée. S’il s’agit d’aller vers davantage de décentralisation, d’accord. Mais si, en revanche, c’est une manière de changer les frontières, cela pose problème ».
Ces propos émanent du ministre des Affaires étrangères de la France, membre éminent du Parti socialiste, Laurent Fabius.
Ce dernier s’est exprimé ainsi afin de condamner la loi votée par le parlement régional de Crimée d’être rattaché à la Russie, suite aux récents bouleversements en Ukraine. Un référendum sera proposé par ailleurs aux résidents de la péninsule,  le 16 mars prochain, les électeurs ayant le choix entre un rattachement à la Fédération de Russie ou une autonomie nettement renforcée.
Outrepassant les fonctions d’un ministre totalement étranger à la situation Ukrainienne et à l’histoire et à la vie des habitants de Crimée, les propos de Laurent Fabius s ne sont pas faits pour arranger les relations, déjà très tendues depuis l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, entre la Russie et la France.
De surcroit, ces propos étonnent venant d’un pays (la France) qui a reconnu l’indépendance du Kosovo en 2008 (indépendance à laquelle Laurent Fabius était favorable), un Kosovo, pourtant berceau historique de la Serbie, sorte de Seine-Saint-Denis français.
Ils étonnent d’autant plus que M. Fabius prend ouvertement position contre une décision émanant des représentants du peuple dans une région autonome d’Ukraine, qui devrait être validée mi-mars par le peuple lui-même.
La France, devenue alliée quasi-principale des Etats-Unis, serait-elle contaminée par le va-t-en-guerre américain ? En effet, depuis quelques années, des Printemps arabes qu’elle a soutenu, financé et armé (avec les conséquences actuelles en terme d’instabilité politique et de montée de l’islamisme dans ces pays) à la guerre en Libye ou en Syrie, en passant par le laisser-faire en Irak, pourtant allié traditionnel de la France ou le soutien aux bombardements contre la Serbie, là encore ami historique, la politique étrangère menée tend à valider systématiquement les positions des Américains, au grand détriment de l’Europe puissance et souveraine, Russie inclue.

Si M. Fabius se prononce ainsi contre le rattachement de la Crimée, pourtant russophone, à la Russie (rattachement décidée par un vote puis par un référendum à venir); il n’hésite pas dans le même temps à oeuvrer pour le rattachement de la Turquie en Europe, sans tenir compte un seul instant de la forte opposition populaire en Europe et du profond changement identitaire, démographique et civilisationnel qu’inclurait un tel rattachement.

« Faites ce que je dis, mais surtout pas ce que je fais », telle devrait-être désormais la devise de la France, représentée par M.Fabius à l »étranger. Le général De Gaulle, européen convaincu, fervent opposant à l’Otan et à la soumission aux intérêts de l’Oncle Sam et de cet ensemble sans identité appelé « Occident », doit se retourner dans sa tombe ….

Yohann Blinis.

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2 réponses à “Crimée. Laurent Fabius a un souci avec la démocratie [tribune libre]”

  1. roy dit :

    Peu faire mieux.

  2. Gruff dit :

    Le problème de Fabius, c’est qu’il a tout simplement la même conception de la démocratie que Balladur ce qui n’est pas peu dire !
    Tout comme François 1er en son temps, la discussion avec Monseigneur Fabius, celui-là même dont on évoque uniquement de nuit, sous le manteau et à voix basse le pédigré pour le moins discutable… se termine immanquablement en ordre à qui de droit, « Tel es mon bon plaisir ! ».
    Il n’y qu’à l’écouter parler pour s’en rendre compte sur le champ.
    En matière de diplomatie, nul ne doute hormis l’intéressé fort flatté des hommages qui lui sont quotidiennement présentés par des vassaux soucieux de préserver leurs intérêts… qu’il est aisé de trouvé plus conciliant notamment pour résoudre des crises diplomatiques internationales majeures.
    Quelqu’un pourrait-il informer sa Seigneurie des fâcheux évènements de 1789 et lui indiquer avec toutes les précautions d’usages, que cette situation déplorable pourrait, hélas, trois fois hélas, se reproduire ?!!

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