D’accord, ce vendredi, les gamins en jupette du lycée Clemenceau à Nantes étaient plutôt du genre fluet. Mais qu’importe, il faut un début à tout. Ou plutôt un recommencement. Car le port de la jupe par les hommes n’est pas une nouveauté. Il n’y a rien de plus macho que la jupe !

Nous Bretons, bien entendu, nous pensons immédiatement au kilt écossais, vêtement traditionnel des hommes des Highlands depuis au moins le 16ème siècle. Un costume identitaire s’il en est, puisqu’il affiche une appartenance non seulement à un peuple mais à l’un ou l’autre de ses clans. Pas un vêtement de gonzesse en tout cas, avec le sporran poilu qui s’agite fièrement par-devant, le poignard dépassant de la chaussette juste au-dessous, et le mystère de ce qui est porté – ou pas – par-dessous (« What do I wear under my kilt? The future of Scotland! »).

Quand aux Highlands Games les athlètes se défient au Tug of war ou au Caber toss, quand à Murrayfield les costauds tatoués de la Tartan Army entonnent Flower of Scotland, quand au Royal Edinburgh Military Tattoo le pas lourd des Pipes & Drums balance en rythme les tartans, eh ! bien, je vous le dis tout net, ce n’est pas la théorie du genre qui me vient à l’esprit.

Statue de Léonidas à Sparte
Statue de Léonidas à Sparte

Les Écossais ne sont pas seuls. Les 400 plis de la fustanelle blanche portée par les evzones grecs symbolisent quatre siècles de lutte contre l’occupation turque. Deux millénaires plus tôt, les hoplites de Léonidas, lourdement cuirassés au-dessus de la ceinture, ne portaient au-dessous qu’une légère exomide. Les légions romaines, conquérantes d’un vaste empire, étaient vêtues d’une courte tunique de laine. Les Templiers, corps d’élite des croisades et de la Reconquista, arboraient une robe blanche.

Ces héros d’autrefois ne doutaient assurément pas de leur identité sexuelle. Et quand des lycéens font front face à ceux qui prétendent leur interdire de porter la jupe, à une époque où quasiment toutes les filles portent des jeans, que font-ils, sinon montrer qu’ils ont des couilles ?

Erwan Floc’h

Crédit photo  :  La charge des Gordon Highlanders à la bataille de Dargai, par Stanley Berkeley, 1897, domaine public, bibliothèque de Brown University ; statue de Léonidas à Sparte, [cc] photo Praxinoa via Flickr
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

4 Commentaires

  1. La façon dont le kilt se répand en Bretagne est lamentable. Ce n’est pas notre tradition et ça participe à la confusion des genres. Chez nous, les jupes sont l’apanage des femmes. Point. Avant de se mettre au kilt laissant voir vos mollets ridiculement fins et importer une mode étrangère, vous feriez bien de vous réapproprier le costume breton, autrement plus viril, et que les femmes redécouvrent la robe ! Et nos prêtres la soutane, aussi, accessoirement !

  2. Fallait oser la comparaison…
    D’un côté la jupe culturelle portée par des combattants virils jusqu’au bout de l’épée, de l’autre des jupes féminines portées par des esprits féminisés jusqu’au bout de leur Iphone.

  3. Pas certain que les lycéens de Clemenceau aient été inspirés par les Spartiates, les Croisés ou les Highlanders, mais plus certainement par les idéologies à la mode.

    Si l’habit ne fait pas le moine, la jupe ne fait pas – ou plus – le guerrier…

    Ce qu’on peut bien entendu déplorer !

  4. A l époque ils n avaient pas de couilles comme maintenant ils n en ont pas des couilles
    bref meme adam n etait pas doté de couilles a l epoque mais de glandes nécessaires a la reproduction de son espece humaine sans cela vous ne serez pas nés lol

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