Réunification bretonne. Et la démocratie dans tout ça ?

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25/06/2014 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – »Démocratie » est un mot que l’on met à toutes les sauces. Gourvenants, parlementaires, hommes politiques de tous poils, usent et abusent de ce terme.
Tout projet, toute décision, toute loi se doit d’être « démocratique ».
Pourtant, lorsque la presse régionale a publié la carte du découpage régional vu par François Hollande (mardi 3 juin), l’affaire correspondait t-elle aux critères de la « démocratie » ?

Car, comme l’indique l’article 2 de la Constitution, le « principe » de la République française est : « gouverner par le peuple et pour le peuple ». Or, pour une question de la plus haute importance puisqu’elle concerne le sentiment d’appartenance, et non un simple PIB, le président de la République propose une carte des régions pour le moins fantaisiste et sans demander l’avis des populations concernées. « ce n’est ni fait ni à refaire, sinon pour répondre à des accommodements politiques », affirme le démographe Hervé le Bras.

Donc Paris refuse la réunification de la Bretagne – ce qui aurait exigé, certes, de démanteler les inconsistants Pays de la Loire. Seule posiyion de repli pour Pierrick Massiot, président du conseil régionale de Bretagne : réclamer un « droit d’option » dans la prochaine loi qui mettra en musique la réforme territoriale.
Il permettrait à un département de changer de région. Pierrick Massiot réclame aussi qu’on offre la possibilité aux habitants de Loire-Atlantique d’exprimer par un vote leur souhait, ou non, de rejoindre la Bretagne.

EN tout cas, il reste plus que jamais persuadé qu’une Bretagne à cinq départements reste « un formidable outil de développement ». Il a fait les comptes : la Bretagne historique aurait un poids économique qui le placerait au 28ème rang des régions européennes sur 160.

Puisque « démocratie » (sic) il y a, le gouvernement, les élites nantaises, les milieux d’affaires et les jacobins se ligueront pour empêcher la réunification. Tout sera fait pour empêcher les habitants de Loire-Atlantique de choisir leur destin au moyen d’un référendum.

Il est extraordinaire de constater que des efforts considérables doivent être déployés par les Bretons pour que leur bon droit soit reconnu, alors que, pour organiser la division, un simple décret a suffi.

Le 2 juin 1960, Michel Debré, Premier ministre, signe un décret instituant la « circonscription d’action régionale », qui va remplacer l’empirique « région de programme ». « L’esprit de ce texte est clair : la région demeure une circonscription d’Etat, c’est-à-dire un échelon administratif sans vocation politique », écrit Michel Debré dans ses Mémoires.
C’est à un technocrate, Serge Antoine, homme chargé à l’époque de réaliser le découpage, que l’on doit la partition de la Bretagne – il est vrai que dans tous les découpages précédents, Nantes et Rennes étaient séparées.
Pour lui il s’agit d‘ »une région évidente. Sa situation de presqu’île la détachait dans tous les découpages administratifs. Quant au retour à la Bretagne « historique », la question n’est pas posée. Toutes les administrations détachaient la Loire-Atlantique des quatre autres départements bretons. On aurait pu se poser la question de son rattachement, s’il s’était agi de créer des régions politiques mais, encore une fois, il s’agissait simplement à l’époque d’un travail technique ».  (L’Express, 15 mars 2004).
Et lorsqu’en 1986, les régions sont devenues des collectivités territoriales, on a conservé le découpage « administratif » de 1960.

Curieusement, personne n’évoque cette réalité « administrative » et l’injustice qui en découle. Pourtant, ce qu’un décret a fait un autre pourrait le défaire.
Voilà ce que Thierry Mandon (PS), nouveau secrétaire d’Etat chargé de la réforme de l’Etat et de la simplification (sic) gagnerait à expliquer à MM. Hollande et Valls : faisons simple ! un simple décret suffira.

En attendant, Jean-Jacques Urvoas (PS), député de Quimper et surtout président de la commission des lois de l’Asemblée nationale, doit se préparer à une formidable guérilla parlementaire dès juillet.
Combien de députés bretons – sur les 26- sont prêts à le suivre ? Les sept de Loire-Atlantique n’oseront pas se fâcher avec leur patron Ayrault. Ils sont aux ordres.
Le député de Redon (PS), Jean-René Marsac, cherchera à pratiquer une espèce de prudente neutralité : « je pense que la Bretagne ne perdra aucunement son identité dans un espace plus vaste qui intègre la totalité de la zone d’influence de Nantes. On ne peut à la fois insister sur le rôle des métropoles et demander à Nantes de se couper, par exemple, de la Vendée et d’Angers. Est-ce toute la région Pays de la Loire qui doit fusionner avec la Bretagne ? Cela doit pouvoir se discuter. »

Bref, il ne se mouillera pas. Gwenegan Bui, député de Morlaix, et surtout suppléant de Marylise Lebranchu, apparaît mal placé pour adopter une position contraire à celle défendue par sa patronne. Richard Ferrand est un jacobin endiablé. Nathalie Appéré, député-maire de Rennes, ne veut surtout pas contrarier Johanna Rolland, maire de Nantes …
Jean-Jacques Urvoas peut compter sur le soutien ferme de Gwendal Rouillard, député de Lorient, de Jean-Pierre le Roch, député de Pontivy, de Philippe Noguès, député d’Hennebont qui souhaite à la fois supprimer les départements et « reconstituer la Bretagne historique en incluant la Loire-Atlantique. » Mais ce dernier, avec Ronan Dantec et Joël Labbé,  propose maintenant « à côté de cette nouvelle région administrative, fusionnant les deux régions actuelles Bretagne et Pays de la Loire, la création d’assemblées territoriales gérant, par délégation, une partie des compétences et des budgets. » Fusionner les deux régions pour créer des sous-régions : une usine à gaz  destinée à donner satisfaction au clan des Bretons et à celui des « Ligériens ».

Les deux députés écologistes, Paul Molac (Ploërmel) et François de Rugy (Nantes-Orvault) le soutiendront également. Ce dernier se montre particulièrement remonté : « si on nous avait dit qu’on nous sortirait une carte pareille…Même dans nos pires cauchemars, on n’y aurait pas pensé ! C’est un déni de réalité et un défi au bon sens. Nous allons faire notre travail de parlementaire pour rectifier le tir. On retrouve dans ce non choix tout ce qui pervertit la République : l’approche technocratique, les barons locaux et les calculs électoraux. »

Les trois divers gauche, Annie le Houérou (Guingamp), Jean-Luc Bleuven (Brest-Ouest) et Hervé Pellois (Vannes), oseront-ils faire preuve d’un certain esprit d’indépendance et faire bloc avec M. Urvoas ?

De quel côté tombera la douzaine d’autres députés socialistes ? Du côté d’Urvoas ou du côté d’Ayrault ? Les débats parlementaires – et surtout les votes nous le diront . Affaire à suivre.

En matière de démocratie, Philippe Grosvalet (PS), président du conseil général de Loire-Atlantique, en connaît un rayon.
Lorsque Pierrick Massiot (PS), président du conseil régional de Bretagne demande un référendum pour que les habitants de Loire-Atlantique se prononcent sur un rattachement à la Bretagne, M. Grosvalet répond tout net : « non, pas question ».
Il est vrai que le conseiller général de St-Nazaire a pour principe d’être catégorique : « le débat sur la Bretagne historique, à cinq départements, n a plus lieu d’être ».

On comprend que la partie ne sera pas facile pour Jean-Jacques Urvoas donc pour Jean-Yves le Drian …

Crédit photo  : DR
[cc] Breizh-info.com, 2014, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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15 Commentaires

  1. Attention aux mots utilisés, votre définition de démocratie est à géométrie variable. Qu’en est-il du droit des autres départements des Pays de la Loire de décider de rester en l’état ? Ou de préférer la fusion pure et simple ?
    Ah ba non, c’est vrai, c’est une région « inconsistante » donc ses citoyens n’ont pas le droit de vote.

    Vous critiquez bien comme il faut les élus PS contre la réunification mais il y en a autant au service des pro réunification. Personnellement je n’ai aucunement envie de voir mon avenir décidé par ces barons bretons qui ne souhaitent que conserver leurs place au sommet de l’état et bien payé en plus. Voyez, ces arguments fonctionnent aussi avec les élus bretons !

    La seule solution démocratique, c’est le référendum, il n’y a pas a tergiverser. Quelle que soit le « camp ». Car je ne voit pas en quoi le lobby des élus bretons est plus démocratique que celui des pdl.

    • Je partage tout à fait votre point de vue. Voilà des gens qui se réclament de la démocratie mais qui s’arrogent le droit de décider pour les Ligériens. Je ne vois pas en quoi la région des Pays de Loire serait inconsistante. Elle fonctionne plutôt bien et les départements qui la composent (j’entends par là les citoyens) n’ont aucune envie de la voir dépecer au nom d’une Bretagne historique fantasmée qui n’existe plus depuis des siècles. Que dire de la langue bretonne actuelle qui n’est qu’un artefact bricolée par des linguistes universitaires depuis les années 50. Ce qui n’empêche pas ses tenants de vouloir l’imposer en pays gallo, langue que partage d’autres départements de Bretagne mais aussi des Pays de Loire. Pas question d’être à la merci de hobereaux bretons comme on en trouve notamment parmi les bonnets rouges. Bref, ce sera l’union des deux régions ou rien. Les Ligériens peuvent aussi manifester pour leur région. Ce sera particulièrement vrai s’ils sentent leur région réellement menacée. Pour l’heure ce sont des militants de groupuscules qui manifestent…

      • « en quoi la région des Pays de Loire serait inconsistante » ?
        Je vous laisse consulter le « budget communication » de la région consistante, en mesurer les effets sur sa visibilité nationale et internationale et en tirer les conclusions.
        Des « Ligériens peuvent aussi manifester pour leur région ».
        Ah bon ? Je suis curieux de voir ça ! Vous nous organisez tout ça et on en reparle si vous voulez bien !!!

      • Vous n’avez que le budget communication à la bouche.
        La région se porte merveilleusement bien. Pour une structure inconsistante on a vu bien pire quand même.

        Quand à sa présence internationale, elle est plus vendéenne, angevine, bretonne, mayennaise ou sarthoise avant d’être ligérienne. Chaque département se fait connaître de lui-même. Il est vrai qu’il n’y a pas de label ou de produits estampillés « fabriqué en PDL ». Mais c’est pas comme si cette stratégie ne fonctionnait pas. Arrêtez les inepties sur la prétendue inefficacité de la région. Seule son budget com’ fait tâche.

        Concernant la manifestation, tout le monde constate bien le déchirement autour de cette question de la réunification. Et il faudrait être un érudi pour penser que celle-ci ne casserait pas la dynamique de Nantes et sa région, le tout pour faire plaisir à quelques égo bretons, quant la fusion pure et simple mettrai tout le monde d’accord.

        Plus de monde serait mécontent d’une réunification (en Bretagne et en PDL) que s’il s’agissait d’une fusion pure et simple ou du statut quo. C’est cela la démocratie, faire des compromis pour satisfaire le plus grand monde.
        Voyez comme votre définition est encore une fois à géométrie variable.

      • S’il n’y a pas de label « fabriqué en PDL », ça n’est pas faute d’avoir essayé. Contrairement à ce que vous semblez croire, c’est que cette stratégie n’a pas fonctionné !
        Avec ses budgets de communication colossaux, cette région artificielle a fini par convaincre une partie de sa population qu’elle avait une existence — mais ce public crédule cesserait vite d’y croire si l’on changeait de message. En somme, qu’on leur dise « Vous êtes bretons » et les gens qui avalaient le « Vous êtes ligérien » changeront d’identité sans problème.
        La région des Pays de la Loire s’est montrée inefficace aussi dans le domaine de l’enseignement supérieur. Elle a désespérément tenté d’unifier une université (L’Unam) pendant des années sans parvenir à quoi que ce soit. Elle n’a fait que perdre du temps et de la crédibilité.

      • « Que dire de la langue bretonne actuelle qui n’est qu’un artefact bricolée par des linguistes universitaires depuis les années 50. »

        Est-ce une affirmation raciste ou diffamatoire, ou les deux?
        Ce serait bon d’avoir l’honnêteté de le préciser!

        « Bref, ce sera l’union des deux régions ou rien ».
        Là difficile d’y voir un esprit démocratique, mais plus certainement un relent de colonialisme!
        Donc après l’Algérie française, ce sera la Bretagne pays de Loirienne….!
        Comme disait Jules Ferry… »le devoir d’éduquer et de civiliser les peuples inférieurs! »

      • Parce qu’imposer, par exemple, Naoned sur les panneaux à l’entrée de Nantes, ville où on n’a jamais parlé breton ce n’est pas du colonialisme culturel ? En termes de langue régional, les Pays de Loire sont plutôt homogène. Bien plus que la Bretagne en tous cas.

        Et le Breton enseigné aujourd’hui est bien une création des années 50 et 60 faite dans le but de faciliter sa survie et sa diffusion. Faites semblant de croire qu’il en est autrement si vous voulez.

        Je ne crois pas que vous ayez des leçons de démocratie à donner à qui que ce soit. Vous êtes prêts à piétiner les autres départements des Pays de Loire au nom de votre Bretagne fantasmée. C’est la pureté de la race bretonne qui vous inquiète ?

        Au final, vous n’obtiendrez rien. Mais au fond, c’est peut être ce que vous souhaitez. Vos partisans continueront ainsi à se poser en martyrs du colonialisme étatique. Moi, pour ma part, je verrai bien un référendum dans les Pays de Loire et particulièrement en Loire Atlantique sur la question. Nous saurions alors si tant de gens que cela souhaitent la dislocation des pays de Loire et le rattachement à votre Bretagne historique.

        PS : la comparaison avec l’Algérie française est plutôt malvenue. Il me semble que l’histoire du mouvement indépendantiste breton et de ses compromissions devrait vous inciter à plus de modération…

      • @VERNIER : je n’aurais pas mieux dis.

        Je suis pour la langue bretonne cela dit, bricolée ou pas, car il s’agit d’une langue parlée, et pas artificielle de toute pièce et en cela, elle est importante culturellement parlant. Seulement, l’imposer dans des zones (pour faire large) où celle-ci n’a jamais été parlée est un non-sens.

        Concernant la pureté de la race bretonne, je pense qu’il s’agit d’un point de vue minoritaire dans le sens que vous lui donnez, cependant, il est clair qu’il y a une sorte de snobisme déplacé vis-à-vis des autres départements des PDL et même du reste de la France pour beaucoup.

        Fort heureusement, tous les bretons ne sont certainement pas à mettre dans le même panier et j’en ai rencontré beaucoup qui ne font parti de ce genre d’énergumènes qui ont si peur d’être diluées.

  2. Il n’y aura pas de référendum sur la réunification de la Bretagne puisque l’on sait très bien que la majorité de la population est pour et que ca emmerde les Républicains. C’était exactement pareil avec le mariage gay. Vous pouvez avoir 500.000 Bretons dans les rues, l’état ne fera rien.
    Il y a d’autres méthodes pour faire plier la République, le lobbying comme font les juifs ou la force comme font les Corses et les populations immigrées des banlieues.

  3. @Toudidou44 et @VERNIER

    Ce qui est fatiguant dans le contre-argument comme le votre « les Bretons parlent de démocratie mais ne veulent pas entendre la voix des autres départements PdL », c’est qu’il n’existe que dans une réalité théorique, éthérée.
    Cela fait 50 ans que des associations bretonnes et des citoyens se battent demandant un référendum pour la réunification. Accompagnés d’acteurs économiques et d’élus. Qu’ils soient minoritaires en Bretagne, peut-être bien, si ça peut vous faire plaisir. Mais en comparaison des citoyens du 85, 49, 72 et 53, ils sont une majorité écrasante.
    Qui se bat pour les PdL ou le GO? Seulement des élus et certains du milieu économique.
    Que les citoyens tels que vous se réunissent, montent des associations, collent des affiches, développent des sites web, organisent des manifestations… Là, vous pourrez parler de combat démocratique. Là, votre discours aurait un minimum de légitimité.
    La démocratie parfaite n’existe pas, nulle part, et encore moins en France. C’est un combat permanent. Les avancées démocratiques partent toujours du combat d’une minorité dont le discours finit par être légitimé par les urnes.
    Si la fameuse majorité silencieuse est de votre côté, reconnaissez que les militants bretons prennent le risque de perdre un référendum.

    La démocratie, le droit de vote ne vit pas parce qu’il est inscrit dans des textes, mais parce que des gens se sont battus et se battent encore.
    Vous êtes dans le camp légitimé par le système en place, vous êtes dans le confort. C’est facile de critiquer. Maintenant, bougez-vous. Mais alors bon courage! Parce que j’ai des doutes quant aux nombres de citoyens prêts à vous suivre.

    @VERNIER plus particulièrement
    Quant au breton « langue artificielle »… Toutes les langues ont été structurées par des linguistes à un moment ou à un autre. C’est valable pour l’hébreu, le chinois, le finnois etc. Et le français. Ou alors, admettez que l’on se débarrasse de l’Académie française.
    Il se trouve qu’aujourd’hui, les nouveaux locuteurs de bretons sont majoritairement à Rennes et Nantes. Et aucun d’entre eux ne militent pour imposer son enseignement à tous. Mais simplement à ce que cette langue puisse être enseignée dans un modèle privilégiée comparé aux langues étrangères (ouvrir une école diwan relève du même modèle que pour une école anglaise ou coranique) et à assurer sa survie.
    En ce qui concerne la « pureté de la race bretonne », si c’était le cas, les Bretons occidentaux celtes ne chercheraient pas à s’unir avec les Bretons gallo.
    Vous cherchez des arguments tordus pour cacher vos réels sentiments, peut-être bien à vous mentir à vous même: vous êtes intolérant.

    • Je suis bien d’accord avec vous, surtout votre passage sur le breton « langue artificielle ».

      Concernant votre début de réponse, s’il n’y a pas de manifestation c’est qu’il n’y a aucune légitimité à défendre une région artificielle face à l’argument historique de la Loire-Atlantique et non car personne (ou une très faible quantité) n’est opposé à B5. C’est même votre principal angle d’attaque si je puis dire.

      Mais au moins le référendum, et je suis pour, mettrai tout le monde d’accord sur l’issue. Vous parlez du risque que vous prenez si l’opinion n’était pas favorable, j’ai envie de dire « lol ». La Bretagne à tout à gagner et rien à perdre. Au pire c’est le statut quo, ou la fusion. Au mieux, la Bretagne récupère la LA purement et simplement. Tu parles d’un risque. Quand les PDL ont tout à perdre… Vous êtes dans la position de confort, pas les PDL.

      Quant au gain pour le 44 d’une réunification, permettez moi d’ajouter qu’il est vraiment très discutable.
      « Qui se bat pour les PdL ou le GO? Seulement des élus et certains du milieu économique. » : et bien concernant le milieu économique, cela représente énormément de monde.

      Un peu plus haut, quelqu’un a écris que l’université des PDL a tenté d’exister, et que ce fût un échec. Mettez vous à l’ordre du jour, l’ensemble des université sont en train de fusionner entre PDL/BZH.
      La réalité des liens économiques et éducatif entre les deux régions est évidente.

      Juste que les bretons sont beaucoup trop identitaires et régionaliste/indépendantistes, pour ceux qui manifestent, en tout cas, pour accepter cela. Le pire ce qui me fait sortir de mes gonds, c’est d’avoir des comportements à l’opposé de ce qu’ils prônent. Quel mépris vis-à-vis des autres.

      La Vendée, personne ne nie que les vendéens sont vendéens, même s’ils sont dans la région Pays de La Loire. Pourtant il s’agit d’une formation très récente au regards de l’Histoire. Je ne vois pas en quoi une fusion diluerait (en plus, merci pour le terme que beaucoup utilisent, on croirait voir un snobisme/racisme malsain au regard des autres départements) la si riche culture bretonne.

      • @Toudidou44
        Je passe sur nos points d’accord ;)

        « Qui se bat pour les PdL ou le GO? Seulement des élus et certains du milieu économique. » : et bien concernant le milieu économique, cela représente énormément de monde.

        Mais on peut en trouver autant (plus?) côté B5, donc…

        « La réalité des liens économiques et éducatif entre les deux régions est évidente. »
        Et rien de ce qui ne marche n’aura de raison d’être détruit. Ou alors pas plus qu’avec une fusion, pour certains fonctionnaires essentiellement.
        Vous dressez un tableau très, très noir.

        Vous me faites penser à l’ONPL. Avez-vous lu son communiqué?
        « Il (l’ONPL) connaîtrait le sort de la région dont il porte le nom et disparaitrait inévitablement. C’en serait fini du Boléro de Ravel, des symphonies de Berlioz ou de Mahler et même de l’Apprenti-Sorcier (celui de Paul Dukas) ! Plus jamais ne résonneraient à Nantes, à Angers, à Laval, au Mans, à La Roche-sur-Yon, ces chefs d’œuvres qui enchantent des dizaines de milliers de ligériens. »
        Vous êtes tout de même d’accord que ce type de texte tient du délire? Son auteur est de la plus grande malhonnêteté.
        Une B5 et c’est la fin du Boléro? Pourquoi tant d’emphase?

        « Je ne vois pas en quoi une fusion diluerait (en plus, merci pour le terme que beaucoup utilisent, on croirait voir un snobisme/racisme malsain au regard des autres départements) la si riche culture bretonne. »
        On a déjà échangé là-dessus. La culture bretonne est en danger de mort. Vous êtes très optimiste. Je pense que vous ne connaissez la culture bretonne qu’artificiellement. Ce n’est pas parce que Nolwenn Leroy a fait un n°1 que tout va bien (j’aurais même tendance à penser que c’est un symptôme).

        Il y a un long passif entre la Bretagne et l’Etat central.
        A la suite des imbroglios d’Auxiette, niez-vous que tout est fait pour éviter une B5? C’est tout de même à cause de ça (et non pas un refus de fusion par les Bretons comme les medias régionaux le présentent habilement… il y a 3 semaines, le Courrier de l’ouest imprimait un titre clivant: »Ces Bretons qui ne veulent pas de nous »… j’étais en Anjou pour le lire, comme quoi je ne considère par les terres à l’ouest de l’estuaire comme indignes des mes sabots) qu’il y a cette stupidité de PC+Centre+Limousin.
        En refusant le B5, vous vous placez du côté de l’amateurisme.
        Votre camp est celui de Fillon, Ayrault, Auxiette, Guichard, Hollande etc. Désolé de vous le dire!

        Si vous êtes satisfait avec ça, grand bien vous fasse, mais comprenez qu’il n’y a pas que de vulgaires ressentiment identitaire dans le rejet du projet de fusion.
        Si vous tenez tant en estime que ça les PdL-44, accordez-leur de ne pas être des pions avec lesquels on joue sur une table d’énarque.

        Croyez moi ou pas, mais je ne suis pas pro-B5 simplement parce que je me sens breton. Surtout, certainement, je ne le nierais pas. Mais aussi parce que je suis persuadé que le redécoupage « Bretagne réunie » avec 85 en PC, 53-49-72 avec le Centre est nettement plus efficace.
        Et c’est aussi parce que je suis un républicain démocrate que je suis un girondin et exècre tout ce que le jacobinisme a produit. Je suis pour une France fédérale, peu importe que les régions soient « très particulières » en regard de Paris ou non.
        Je rêve d’une Bretagne avec une Assemblée et un vrai budget. Tout comme je rêve d’une région Val de Loire avec une Assemblée et un vrai budget. Idem pour le Poitou, l’Aquitaine, l’Alsace etc.
        Mais il faut bien commencer par quelque chose, alors je commence par la Bretagne.
        La Bretagne unie est une chance pour le reste des PdL. Et pour toute la France.
        Le mouvement breton est bien plus complexe qu’il n’y parait. Ce n’est pas qu’une histoire de chapeau rond. SVP, ne le caricaturez pas comme un rejet des voisins limitrophes. Vous vous tromperiez lourdement et, je me permets de le dire, tomberiez dans le panneau jacobin.

        Le Maine-Anjou l’a prouvé depuis le Haut Moyen-Âge. La Vendée depuis la Révolution (et remarquablement ces dernières décennies). Ils s’en sortiront très bien sans Nantes. Certainement mieux d’ailleurs. C’est ça, respecter ses voisins. Les pro-B5 le font mieux que les pro-fusions.

      • @Ann : et bien voilà un commentaire en bonne et due forme si je puis dire ! :)

        Je rejoins votre point de vue selon lequel la presse dramatise les choses, quitte à faire preuve de mauvaise foi. On est bien d’accord là dessus ! (décidément, on tombe d’accord sur bien des choses !)

        Concernant le redécoupage, il est vrai que vos arguments tiennent la route et je n’en ai aucun à y opposer. J’aime bien aussi me faire l’avocat du diable pour pousser mes interlocuteurs dans leurs derniers retranchements et je vois que vous avez un argumentaire bien bâti.

        Le seul point sur lequel je suis sceptique, c’est que dans l’histoire, les 5 départements vont changer de région. Et je suis sûr que cela causera du tort avant d’obtenir des bénéfices notable. Mais l’Histoire ne se fait pas en 3 ans. C’est peut-être un mal pour un bien. La question reste aussi de savoir si l’on (la population des PDL) est prêt à subir ce mal pour renaître plus fort.

        J’ose espérer que les citoyens français y trouveront leur compte et que les populations auront leur mot à dire.

  4. @Toudidou44
    Désolé pour la réponse tardive. J’en profite pour m’excuser pour les fautes en tout genre. Peut-être serais-je meilleur en français si j’avais appris le breton à l’école? En tout cas, c’est ce que disent les scientifiques. Je serais peut-être aussi meilleur en maths!

    Je partage encore votre point de vue. Une Bretagne réunie n’est pas la panacée.
    Mais comme je le disais, il faut bien commencer par quelque chose. A l’heure actuelle, le combat breton présente l’avantage de sortir des vieux schémas d’un système politique moribond. C’est déjà pas mal.
    Pour ce qui suit, effectivement, seul l’avenir nous le dira. Mais si on est empêché par la crainte, on a déjà perdu.

    Maintenant, c’est aussi aux populations des PdL de se prendre en main, comme, en bien ou en mal peu importe à la limite, mais au moins, certains Bretons cherchent à le faire.

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