petain_loire_atlantique

02/07/2014 – 07H00 Nantes (Breizh-info.com) – Avant la manifestation pour la réunification du 28 juin à Nantes, qui a réuni plus de 12 000 manifestants,  plusieurs parlementaires et personnalités se sont prononcés en faveur d’une Bretagne à cinq départements et contre une fusion Bretagne/Pays de la Loire. Ouest France a procédé à un tour d’horizon des arguments utilisés par ces derniers.

Il en est un qui revient régulièrement et qui sent bon le Mouvement breton : « abolir le dernier décret de Vichy » (Alan Stivell) « corriger une décision illégale d’un gouvernement illégal » (Yann Queffelec).
Evidemment, on a le droit d’être musicien ou écrivain et d’être fâché avec l’histoire : ce qui est le cas pour ces deux personnages dont l’horizon se limite au maréchal Pétain.

Si tous les découpages régionaux sans exception, ont séparé Nantes et Rennes, la délimitation territoriale change d’un débat à l’autre. Le premier est l »oeuvre d’un ministre du commerce nommée Etienne Clementel. Il crée les groupements économiques régionaux (5 avril 1919). Le groupement économique régional de Nantes comprend les dix chambres de commerce de Laval, Le Mans, Angers, Cholet, Saumur, Tours, Lorient, La Roche sur Yon, avec Nantes pour centre.

Le groupement économique régional de Rennes comprend les sept chambres de commerce de Brest, Morlaix, Quimper, Saint-Brieuc, Fougères, Rennes, Saint-Malo, avec Rennes pour centre.
Dans la foulée, « les comités consultatifs d’action économique, institués dans chaque région de corps d’armée, deviennent les comités économiques constitués par les groupement des chambres de commerce. » « Ils continuent à fonctionner sous la présidence du préfet du chef-lieu de la région ».

En 1926, Raymond Poincaré, président du Conseil, crée les syndicats « interdépartementaux ». Le décret du 28 septembre 1938 donne naissance à 19 « régions économiques ». « La 5ème région économique (centre administratif Nantes) est formée par les chambres de commerce de : Laval, Le Mans, Nantes, Saint-Nazaire, Angers, Cholet, Saumur, Tours, la Roche-sur-Yon ». « La sixième région économique, centre administratif Rennes, est formée par les chambres de commerce de : Brest, Morlaix, Quimper, Lorient, Saint-Brieuc, Fougères, Rennes, Saint-Malo. » Il y eut ensuite le découpage de 1938, celui de 1941 qui crée le « préfet régional », celui de 1944 qui insistitue le commissaire régional de la République, celui de 1954 qui met en place « les comités d’expansion économique », celui de 1956 qui dessine 22 régions, est destinée à favorisé la planification, enfin celui de 1960 qui institue la « circonscription d’action régionale » voulue par Michel Debré.
A chaque fois, la Bretagne est coupée en deux.

Où en est-on aujourd’hui ? Quel est le support juridique du découpage régional actuel ? la réponse est dans le décret n°60-516 du 2 juin 1960 portant harmonisation des circonscriptions administratives.
C’est ce que nous rappelle Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, dans l’exposé des motifs du projet de loi relatif à la délimitation des régions qui vient d’être déposé au Sénat. « Le périmêtre actuel des régions est issu de la définition, à partir des départements, des circonscriptions d’action régionale par le décret 60-516 du 2 juin 1960 portant harmonisation des circonscriptions administratives.
Ce découpage initial a été maintenu, par renvois successifs à ce périmètre original, par l’article 1er de la loi N°72-619 du 5 juillet 1972 portant création et organisation des régions, qui inscrit leur périmètre sans la loi , par l’article 59 de la loi n°82-213 du 2 mars 1982, relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions, qui en fait des collectivités territoriales. »

Donc prière de laisser le maréchal Pétain là où il se trouve, c’est-à-dire à l’île d’Yeu. Le découpage de Pétain n’est qu’un découpage parmi d’autres et n’a aucune valeur juridique aujourd’hui.

Bernard Morvan

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10 Commentaires

  1. L’insistance d’une partie du mouvement breton sur le « décret de Pétain » a évidemment pour but un objectif de communication : Pétain, c’est mal, donc son découpage territorial, c’est mal aussi.
    Mais cette démarche de propagande simpliste paraît plus dangereuse qu’utile. D’une part, elle est trop facile à démonter, comme vous le faites, de sorte que ses tenants apparaissent au mieux comme des ignorants, au pire comme des menteurs. D’autre part, elle légitime implicitement un discours du genre « propagande contre propagande » : tu racontes n’importe quoi, je raconte n’importe quoi, les Pays de la Loire sont une manifestation du génie humain, etc., et à ce jeu-là, ceux qui ont les plus gros budgets de com’ sont les mieux placés.
    L’une des forces de l’identité bretonne est sa composante historique. Mais si l’on manipule l’histoire à volonté, cette force disparaît.

  2. Et quand bien même, si lui et son État Français à Vichy l’avait fait, qu’est-ce que ça aurait changé ? Cette séparation aurait-elle été plus acceptable si elle avait émané de Léon Blum ou de Charles De Gaulle ? L’argument « Pétain » des rattachistes est débilissime…On peut se demander si c’est le rattachement en soi qui les intéresse ou la volonté de rayer toute chose originaire de la seconde guerre mondiale.

  3. March 30, 2009
    Nominoë, François II, Anne de Bretagne
    Filed under: breizh 2004 — admin @ 3:47 am
    AnnedeBretagne.jpg

    Qui a intérêt à véhiculer le mensonge concernant la séparation de la Loire Atlantique de la Bretagne ?
    Cette assertion, coutumière des fidèles du Parti Socialiste, de l’UDB et de leurs comparses est historiquement fausse.

    Disons-le pour la énième fois, le Maréchal Pétain n’est pas responsable de l’exil de Nantes hors de la Bretagne !

    Il est temps de rétablir la vérité historique en ce qui concerne Pétain et la Bretagne.

    Le Maréchal Pétain et l’Amiral Darlan se sont contentés de signer la nomination de préfets (30 juin 1941) dans ces régions « groupements économiques régionaux » dites « CLEMENTEL » existant depuis 1919. En effet ce désastreux décret de juin 1941 n’a rien de “révolutionnaire”. Tout simplement parce qu’il était le résultat administratif de la volonté jacobine du gouvernement français et des décisions précédentes qui imposaient la partition. .

    Ce n’est pas dans le pétainisme ou le gaullisme qu’il faut rechercher les sources de cette séparation, mais dans le jacobinisme le plus violent, chargé de la volonté technocratique de séparer Nantes et Rennes.

    Dès l’apparition de la première « région » ces deux villes se retrouvent dans des circonscriptions différentes ; l’affaire démarre pendant la guerre 1914-1918. A la vérité, l’idée était dans l’air depuis une trentaine d’années, à tel point qu’une dizaine de propositions de lois régionalistes avaient été déposées sur le bureau de la Chambre des députés. Etienne Clémentel, ministre du Commerce, fut à l’origine de cette « région économique ». La question du ravitaillement figurait évidemment au premier plan des préoccupations du Gouvernement. M. Clémentel exposa son projet dans une circulaire du 25 août 1914 ; ce projet sera mis a exécution par un décret du 5 avril 1919.

    Clémentel.jpg

    Etienne Clementel
    1864 – 1936

    Il est considéré comme l’un des pères de la technocratie et de l’intervention de l’État dans l’économie en France

    « Partant du constat selon lequel de grandes agglomérations peuvent jouer un rôle important d’impulsion économique régional, Clémentel regroupe géographiquement, avec leur accord les 149 chambres de commerce. » (F. Luchaire, Y. Luchaire in Le droit de la décentralisation,PUF 1989). Les dix-sept « regroupements économiques régionaux » constituent la première expérience officielle de régionalisation sous la IIIème République ; leur nombre sera ultérieurement porté à vingt. La région « n°4 » – celle de Rennes – regroupe les départements d’Ille-et-Vilaine, des Côtes-du-Nord et du Finistère. La région « n°5 » – celle de Nantes – recouvre les départements du Morbihan, de Loire-Inférieure, de Vendée, du Maine-et-Loire, d’Indre-et-Loire, de la Mayenne et de la Sarthe. Selon Abel Durand, « Nantes [qui] fut choisie pour siège de Vème région s’est formée spontanément sur la double base du ‘front de mer’ et du réseau fluvial qui débouche dans l’estuaire » (Nantes dans la France de l’Ouest, Plon 1941). Tous les moyens sont bons pour justifier ce découpage régional biscornu ; M. Durand avance ainsi un argument qui pourra surprendre le lecteur de 2011 : « Le Maine-et-Loire, l’Indre-et-Loire, la Sarthe et la Mayenne font partie de l’hinterland immédiat de la Basse-Loire. Le critérium de la délimitation du territoire de la Vème Région est l’étendue de la zone de pénétration du charbon anglais d’importation débarqué par les ports de Nantes et de Saint-Nazaire » (op.cit.).

    Evidemment ce charcutage de la Bretagne ne convient pas aux militants régionalistes. Leur leader, le fameux marquis Régis de L’Estourbeillon, fait du « morcellement en deux régions distinctes » le thème de ses protestations. Le 23 février1926, dans un rapport présenté à la Journée des régions économiques organisée par la Fédération régionaliste française, il s’insurge « une fois de plus avec la dernière énergie contre l’invraisemblable et ridicule découpage de la Bretagne en deux régions économiques représentant une Bretagne du Sud et une Bretagne du Nord. Ce découpage artificiel qui n’est justifié par aucune raison sérieuse et contre lequel n’ont cessé de s’élever des associations bretonnes militantes comme l’Union régionaliste bretonne, le Comité de défense des intérêts bretons et bien d’autres ». Bref, pour le marquis, le découpage « constitue un véritable défi au bon sens et demeure en opposition formelle avec toutes les réalités, tant économiques que de tous ordres de la région bretonne. »

    La responsabilité de ce découpage contre nature revient donc à Etienne Clementel, qui amputa délibérément le Duché de Bretagne de son département de Loire Inférieure devenue depuis Loire Atlantique.

    Et c’est à la demande des Chambres de Commerce pour des raisons économiques, et avec l’appui du maire et du conseil municipal de Nantes, qu’un décret-loi du 14 juin 1938 confirma cette amputation sous la Présidence du radical-socialiste, signataire des Accords de Munich, Edouard Daladier.

    Le gouvernement de Vichy entérina le découpage Clémentel, le gouvernement de De Gaulle à la Libération de 1945 confirmant une «déchirure» que les programmes d’action régionaux de 1955, les CODER (comités de développement économique) de 1964, puis les EPR (établissements publics régionaux) de 1972 et enfin les lois de décentralisation de Gaston Defferre sous Mitterrand en 1982 ne tentèrent jamais de réparer.

    C’est donc aux héritiers de tous ces gouvernements socialistes ou apparentés que les tenants de l’intégralité de la Bretagne et les fédéralistes doivent aujourd’hui demander des comptes. Il faut désormais les contraindre à un RÉFÉRENDUM pour effacer ces scandaleuses absurdités qui, tant en Bretagne qu’en Normandie, doivent faire se retourner dans leurs tombes les Nominoë, François II, Anne de Bretagne, qui au nom de la réalité charnelle de la Bretagne s’élevèrent toute leur vie contre l’oppression française et ses dépeçages administratifs.

    Claude GUILLEMAIN

  4. @claudeguillemain22730
    Vous en êtes encore aux méchants socialos? Et ben… Parce que la droite est mieux?
    La France est un fruit pourri depuis François Ier environ. Son centralisme outrancier et sa volonté d’écraser ses voisins sont destructeur, d’abord pour ses provinces mais aussi pour ses voisins. Le seul moyen de sauver ce pays, c’est le fédéralisme. La gauche… La droite… Franchement, s’y intéresser, c’est perdre son temps.
    Votre démonstration ne fait que prouver que peu importe la couleur, l’Etat français est une pieuvre.
    Guichard, il était socialiste peut-être?

  5. Et alors, Pétain ou pas, la Loire Atlantique fait bien, historiquement et culturellement, partie de la Bretagne. Tout le reste est magouilles politiciennes.

  6. Même si il y a eu une séparation des chambres économiques logique entre 2 pôles Rennes et Nantes en 1919 ,
    C est quand même sous Philippe Pétain que la Loire Inférieure a été détaché en 1941 de la Bretagne historique pendant l’occupation allemande.
    C’est aussi à ce moment que les Français ont eu des restrictions sur la détention des armes à feu : tous les citoyens ont du rendre même leur fusil de chasse à la Mairie .et ceci avec la bénédiction de l’occupant allemand ,évidemment intéressé au premier chef par la dite mesure !
    Ce décret n’a jamais été depuis aboli
    Maintenant si on veut rayer d’un trait de plume 500 ans d’histoire cela tombe bien on fête Anne de Bretagne !!!! Autant lui enlever son château à Nantes !!!par la même occasion !!!

  7. ah bon ? alors pourquoi , en Justice, la Bretagne est-elle dans son intégralité ?https://fr.wikipedia.org/wiki/Cour_d'appel_de_Rennes

    Tribunaux du ressort
    – 9 tribunaux de grande instance 13 tribunaux d’instance 11 conseils de prud’hommes 9 tribunaux de commerce
    Côtes-d’Armor
    Saint-Brieuc
    Dinan
    Guingamp
    Saint-Brieuc
    Saint-Brieuc
    Dinan
    Saint-Brieuc

    Finistère
    Brest
    Quimper
    Brest
    Morlaix
    Quimper
    Morlaix
    Brest
    Quimper
    Brest
    Quimper

    Ille-et-Vilaine
    Rennes
    Saint-Malo1
    Fougères-Vitré2
    Redon
    Rennes
    Saint-Malo
    Rennes
    Saint-Malo
    Rennes
    Saint-Malo1

    Loire-Atlantique
    Nantes
    Saint-Nazaire
    Nantes
    Saint-Nazaire
    Nantes
    Saint-Nazaire
    Nantes
    Saint-Nazaire

    Morbihan
    Lorient
    Vannes
    Lorient
    Vannes
    Lorient
    Vannes
    Lorient
    Vannes

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