Quand le chemin de fer s’y arrête en 1879, le site de La Baule n’est encore qu’un lieu-dit au milieu de dunes plantées de pins. Mais la mode des bains de mer se développe. C’est alors que de luxueuses villas sont édifiées. Des années 1880 aux années 1950, les architectes vont donner libre cours à leur imagination. Sous les pins, ces villas rivalisent de fantaisie pour mieux nous séduire.

Puis, des années 1950 à 1980, survient sur le front de mer le « bétonnage ». Aujourd’hui encore, les propriétaires, notamment lors des héritages, continuent de subir l’importante pression financière des promoteurs. Si face à l’océan, il ne reste pratiquement plus rien des villas anciennes, l’émerveillement renaît dès lors que, en passant derrière le front de mer, on se perd dans les ruelles. 

Le magnifique ouvrage d’Eric Lescaudron,  illustré de ses propres photos, se divise en trois parties. D’abord les villas dans le quartier Benoît, ensuite le centre, puis le quartier Lajarrige. Il s’achève par un chapitre entier consacré aux épis de faîtage, macarons, frises et carrelages.

On découvre que ces différentes villas présentent un point commun : la fantaisie de la Belle Epoque. Pour profiter de la vue et du soleil, outre le grand nombre de fenêtres, les terrasses, vérandas, pergolas ou loggias se multiplient. Différents matériaux sont juxtaposés : du bois, de la pierre, de la brique, du verre…  

A la lecture de cet ouvrage, on apprend qu’une totale liberté a été laissée aux propriétaires et aux architectes. C’est pourquoi on découvre une multitude de styles d’influence médiévale (Symbole, 1881), normande, basque (Maïtena, 1925), provençale et bretonne, avec Kenavo (1925). De telles inspirations identitaires font aujourd’hui le charme de La Baule, et le front de mer déraciné sa désolation.

Les villas de La Baule, un autre regard, Geste éditions, 224 pages, 39,90 euros.

Commande possible sur le site internetgesteditions.com

Photo : DR
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