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19/09/2014 ‑08H00 Rennes (Breizh-info.com) ‑ Il aura fallu deux journées pour que le tribunal de Rennes examine mardi et mercredi le dossier des onze militants bretons accusés de l’incendie du portique écotaxe de Pontorson (Manche), en décembre 2013, et à de violences contre les forces de l’ordre.

Deux journées de débats qui ont laissé un goût de démesure aux spectateurs et militants présents dans la salle. Deux journées, alors qu’il y a quelques mois, la justice aurait souhaité ue comparution immédiate des prévenus, évitée de justesse par les avocats.

Tout d’abord, la haute surveillance policière autour du tribunal annonçait déjà la couleur, alors qu’une centaine de manifestants sont venus chaque jour apporter leur soutien aux onze Bonnets rouges. Un soutien qui sera d’ailleurs renouvelé vendredi, à l’occasion du verdict qui sera prononcé à 17h.

Durant tout le procès, le procureur s’est attelé à démontrer la violence et la dangerosité des Bonnets rouges jugés, description qui peinait à convaincre au regard de l’étude des différentes personnalités présentes. Intégrés socialement, représentants de nombreux corps de métier, souvent jeunes, les onze prévenus ressemblent effectivement plus à des militants sincères, idéalistes et jusqu’au boutistes, qu’à des apprentis terroristes. « Les Bonnets rouges ne s’interdisent pas la violence quand le territoire est en danger » témoignera à la barre Jean-Pierre Le Mat, un des responsables et porte-parole du collectif.

L’accusation a également tenté de séparer les parcours et les intentions onze prévenus, en mettant notamment en avant l’appartenance revendiquée d’un des prévenus à Adsav, la droite nationaliste bretonne, parti politique pourtant déclaré, autorisé et officiel en Bretagne.

A noter qu’au delà de l’amateurisme  des militants jugés (nombreuses informations collectées grâce aux écoutes téléphoniques, aux sms envoyés, aux réseaux sociaux),qui de fait, rend moins crédible la thèse d’une « association de malfaiteurs » rodés à la grande criminalité, de nombreuses zones d’ombre persistent autour du dossier. Ainsi, l’absence de Christian Troadec , officiellement pour des raisons de maladie tout comme celle de Thierry Merret, qui revendique pourtant l’appellation « Bonnets rouges » et le statut de leader  – il avait publiquement déclaré que les portiques écotaxe devaient tomber – mais également celle d’Eric Nodet, ont laissé l’assemblée perplexe. Quid en effet des actions mises en place par des « petits soldats » mais potentiellement téléguidées ou encouragées par ces responsables politiques, économiques ou associatifs de premier plan ? La question a d’ailleurs été largement soulevée par les avocats des prévenus.

Après ce procès, un marathon comparé aux nombreuses affaires de grande délinquance et de violences aux personnes touchant la Bretagne aujourd’hui, le procureur a requis trois ans de prison dont deux avers sursis pour les 4 militants qui avaient été maintenus en prison préventive en avril et mai dernier . Volonté du procureur de justifier cette mise en détention préventive ? Réponse à suivre vendredi à 17h.  Autres réquisitions : 1 an avec sursis et trois ans avec mise à l’épreuve pour l’un, un an de sursis pour les autres.

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2 Commentaires

  1. Le responsable (?) de la FNSEA 29, co-leader des Bonnets Rouges, organisateur des saccages et incendies à Morlaix avec le soutien de la Droite toute entière tout à sa compréhension de ces comportements, est-il son envoyé pour amorcer l’organisation le blocage du pays, projet de plus en plus évoqué, pour précipiter l’alternance?

    • Ce n’est pas d’aujourd’hui que les maraîchers léonards déversent à qui mieux mieux des centaines de tonnes de choux fleurs, et aspergent de gazole palettes et vieux pneus pour y mettre le feu, devant des bâtiments publics.
      Cette stratégie n’a jamais fait que défendre une pseudo émancipation, (« Crédit Patate », Sica Saint-Pol, Britanny-Ferries, Triskalia, etc…) qui nous mène aujourd’hui à la faillite (Doux, Gad, etc..).
      Beurre et lait subventionné, lisier, jachères, PAC, marchés aux mains des multinationales, dépendance au soja américain ou brésilien, qu’y a-t-il de bon dans tout ça ?
      Depuis des décennies, les leaders syndicaux léonards, comme les politiques locaux, ne sont jamais que les marionnettes d’un mondialisme à tout va (Institut de Locarn par ex.).
      Seraient-ils là, comme en Ukraine, les jouets d’un jeu de dupes opposant entre eux les citoyens d’une même nation pour des intérêts mondialistes ? C’est probable.
      Mais il en faudrait bien plus pour que nos concitoyens, agriculteurs, éleveurs, marins pêcheurs, routiers, artisans, ouvriers, fonctionnaires.. et chômeurs…, prennent enfin conscience de leur identité, de leur culture, et de leurs véritables intérêts.
      Car dans le Léon, ce sont aussi, maintenant, des travailleurs Roumains, Polonais, ou Bulgares qui ramassent les échalotes.
      Au détriment de nos jeunes et des « sans dents » locaux. Qu’en dit la FDSEA, que fait-elle aujourd’hui pour lutter contre cela, et embaucher prioritairement des travailleurs Bretons ?
      A ma connaissance, pas grand chose…
      Le Léonard est d’abord avant tout un grand radin, égoïste et égocentrique, ses concitoyens, il s’en fiche, sa conception de la nation bretonne se résume au montant de son compte en banque, et il ferait tout d’abord pour se remplir les fouilles, quitte à marcher sur les autres…

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